Poèmes

L’œuvre que j’ai choisi de décrire est Statistical Text (1965) de Max Bense.

C’est une œuvre écrite, rédigée en allemand et qui est composée de 6 mots seulement.

Ces derniers sont :

  • Es (troisième personne du singulier en allemand)
  • Ist (conjugaison du verbe être à la troisième personne du singulier)
  • Doch (plusieurs significations, si dans le sens de l’opposition, quand lorsqu’il est utilisé en adverbe et pourtant lorsqu’il est utilisé comme conjonction)
  • Wenn (quand)
  • Nicht (négation)
  • Aber (mais)

L’œuvre est ainsi la composition de ces six mots. L’auteur commence par les énumérer un à un et pour bien les différencier il les sépare par une virgule. Et puis, au terme de cette énumération, il termine par un point virgule. L’auteur réitère ensuite l’opération mais cette fois avec deux mots qu’il combine. Il répète l’opération 15 fois et termine encore cette partie par un point-virgule. Une fois la séparation marquée par cette ponctuation, l’artiste continue de combiner les mots mais cette fois avec 3 d’entre eux. Il poursuit l’opération 17 fois puis marque encore la séparation avec la suite du texte par un point-virgule. Ainsi l’auteur continue ses combinaisons avec 4,5 mots puis finalement avec 6 pour former la phrase « wenn es aber doch nicht ist », que nous traduirons par « si cependant ce n’est pas ». Pour clôturer son écrit, il ponctue sa phrase d’un point, qui sera le seul de l’œuvre.

A la lecture du texte on remarque que l’auteur a fait des fautes. Ces erreurs sont-elles simplement dues à la fatigue engendrée par l’écriture répétitive de ces mots ou bien est-ce un acte volontaire pour tester l’attention du lecteur ?

De plus cette répétition de mots où le sens de leur combinaison ne signifie rien en apparence, perd le lecteur et demande à celui-ci de faire un effort important pour que celui-ci arrive à lire le texte.

J’ai choisi cette œuvre car j’aime la langue allemande et cela m’a amusé de lire ces enchainements de mots sans grande signification et d’y trouver des erreurs. J’ai donc porté un intérêt particulier à trouver les fautes d’écriture de l’artiste.

 

Max Bense : Statistical Text

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Comme comparaison à cette œuvre j’ai choisi le poème d’Ergo Phizmiz, poem n°20. Son poème est basé sur le même principe que l’écrit de Max Bense. Les 24 premiers vers sont « And the lobster become sunken metal » écrit en rouge, noir et gris un à un.

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 Petit à petit il modifie les vers. D’abord en y modifiant une seule lettre, puis petit à petit en changeant des mots. Il termine son poème par le même vers qu’au début. Ainsi on peut lire les vers plus ou moins modifiés : « Sand the lobster became sunken metal » qui sera répété quatre fois. On note ensuite la modification d’un mot : « Sand the lobster bacame sunken kettle », le « s » du début redisparait le temps de deux vers puis réapparait pour former deux nouveaux vers différents.

 

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 Ensuite les vers subissent des modifications plus notables, ainsi on lit « Banned the mobster became drunken fettle » ou encore « Hand the mobster became drunken petal ».

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On arrive finalement à des vers ne ressemblant plus du tout à celui d’origine tels que : « Wend the bumper treaded starling throttle ».

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 En définitive, nous retrouvons après de nombreux vers, celui d’origine. On peut aussi remarquer que le poète n’a pas respecté une homogénéité du nombre de syllabes de ses vers, aussi on peut lire des vers de 10 syllabes comme des vers allant jusqu’à 12. Ce poème compte en tout 509 vers et leur lecture est extrêmement difficile, voire impossible car l’alternance des couleurs et la ressemblance des vers engendrent un fatigue importante.

J’ai donc choisi ces œuvres car à mon sens les deux auteurs ont le même but : perdre le lecteur dans sa lecture. . Et c’est réussi car il est très difficile de tenir une lecture concentrée de ces méli-mélo de mots sans ressentir de fatigue cérébrale…  On observe également que les deux poètes ont été influencés par le même mouvement, à savoir la poésie concrète qui est une forme de poésie qui ne fait appel ni à la syntaxe ni au rythme mais considère la poésie comme un objet sensible indépendamment du sens.

 

 

 

 

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