Le Ballet Mécanique de Fernand Léger

Présentation générale :

Le Ballet mécanique est un projet commun de George Antheil, un compositeur américain vivant à Paris, et des cinéastes et artistes Dudley Murphy et Fernand Léger. Cette œuvre  a été réalisée entre 1923 et 1925. Il s’agit d’un film en noir et blanc muet de 10 min.

A l’origine, le film s’appelait Charlot présente le ballet mécanique, Charlot étant le patronyme d’André Charlot, producteur du film qui devait ajouter la partition de George Antheil. Cependant, il n’y eu quasiment pas de coordination entre les différents créateurs de l’œuvre et finalement la partition ne correspondit pas au film. Les deux parties de l’œuvre n’ont été réunies que dans les années 1990. Actuellement, le film et la partition sont considérés comme étant deux œuvres distinctes. Ici, seul le film muet est étudié.

J’ai choisi cette œuvre parce qu’elle a été réalisée par Fernand Léger. Ayant déjà fait un exposé sur ce peintre cubiste, je trouvais intéressant de découvrir son travail en tant que  cinématographe que je ne connaissais pas.

Description :

http://www.ubu.com/film/leger.html

Une jeune femme sur une balançoire, des formes géométriques, une machine à écrire, une fête foraine, une veille femme montant les escaliers, le sourire d’une jeune femme maquillée, des batteries de cuisines agitées de mouvements divers, une louche frappant les moules, les pieds d’un mannequin autour d’une pendule… Autant d’images sans lien composent cette œuvre.

Dans le Ballet Mécanique, Fernand Léger se focalise sur les objets. Si dans un film les personnages permettent de raconter une histoire, ici Fernand Léger ne s’intéresse qu’aux objets et cherche à égaler l’homme à l’objet.

Dans cette œuvre, l’objet est utilisé pour permettre au spectateur d’imaginer ce qu’il veut. En effet, les images sont tellement indépendantes les unes des autres et sans réel lien que le spectateur peut en faire l’interprétation qu’il souhaite. Tout est fait pour que le spectateur trouve des métaphores à partir des différentes images qui constituent ce film.

Le montage des images est « syncopé », séquentiel et discontinu. Fernand Léger cultive l’esthétique du fragment. Tout n’est que détail.

Léger décrit son travail ainsi : « J’ai pris des objets très usuels que j’ai transposés à l’écran en leur donnant une mobilité et un rythme très voulus et très calculés. Contraster les objets, des passages lents et rapides, des repos, des intensités, tout le film est construit là-dessus »

Après avoir regardé cette œuvre en intégralité, ma première impression à été de me dire qu’il s’agissait d’un film sans scénario. Aucune histoire ne ressort, il ne s’agit en réalité que d’un enchainement d’images sans lien.

Fernand Léger semble vouloir nous faire part de sa fascination pour le mouvement et la rythmique au travers d’enchainement d’images plus ou moins rapide et en utilisant divers jeux de zooms pour les mettre en valeur.

Liens vers d’autres œuvres :

De part la présence de nombreuses images indépendantes les unes des autres le spectateur peut laisser libre court à son imagination et trouver de nombreuses correspondances.

Le gros plan sur le sourire d’une femme me fait penser par exemple au chat dans Alice au pays des merveilles.

Le tableau de Picasso Nature morte peut aussi présenter des similitudes avec ce film. On y retrouve par exemple des plans superposés et des formes géométriques simplifiées.

La particularité de ce film est qu’en raison de cette multitude de séquences, chacun peut avoir des interprétations très variées.

Les correspondances à d’autres œuvres conduisent à des conflits générationnels. En effet, pour ma part, le chapeau que l’on retrouve dans une des premières images me ferait plutôt penser à un personnage de manga, Luffy, dans One Piece alors que d’autres personnes le rapprocheraient plutôt du chanteur Maurice Chevalier.En règle générale, de nombreuses images se rapportent à l’ère industrielle et peuvent amener le spectateur à une correspondance avec Les Temps Modernes de Charlie Chaplin.

Il est presque impossible de trouver une similitude avec un scénario étant donné que le Ballet mécanique est lui-même décrit comme une œuvre sans scénario.

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