Dance de George MACIUNAS

Présentation de l’œuvre :

L’œuvre s’intitule Dance, elle a été créée par Albert FINE en 1963 et dure seize minutes. La version étudiée dans cet exposé est la compilation de George MACIUNAS pour Fluxfilm Anthology et qui dure deux minutes et cinquante-deux secondes.

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Portrait de Georges MACIUNAS

Fluxfilm Anthology est un documentaire regroupant 37 court-métrages de dix secondes à dix minutes de durée. Ces films mettent en scène avec un humour particulier (voir même parfois dérangeant) les nouvelles façons de voir l’art à New-York dans les années soixante.

Ces ouvres nous montrent à travers la poésie l’influence que peut avoir les sciences ou la « Zen » attitude dans notre vie. Ce projet avait pour projet de réconcilier l’Art avec la Vie.

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Description de l’œuvre :

Le court-métrage est en noir et blanc ainsi que muet, il met en scène un homme d’aspect jeune. Ce film est composé de quatre phases qui permettent de voir l’évolution du personnage.

Dans un premier temps nous pouvons voir le jeune homme torse-nu dos à un mur et très souriant, il donne l’impression d’être regardé ou de servir de modèle à des dessinateurs.

Nous pouvons ensuite voir ce même personnage essayer d’enfoncer une brique sur un tabouret à l’aide d’un marteau. Cette première action montre d’entrée la tournure que va prendre la suite du court-métrage: la folie.

Le personnage commence ensuite à avoir des sortes de tics au niveau de la bouche, puis il se met à danser de façon désarticulée jusqu’à tomber par terre et souffrir de sorte de convulsions.

La dernière scène représente l’homme en train de se battre contre son ombre tout en jetant de temps en temps des regards sur la caméra qui le film.

Analyse de l’œuvre :

La folie du personnage est une façon exagérée de nous montrer le comportement des Newyorkais face à la vie très active et stressante, représentative des années soixante à New-York. En effet cette atmosphère oppressante de tous les jours peut pousser n’importe qui à perdre la face.

La semi-nudité de l’acteur représente le fait qu’on le voit « à nu », comme il est à l’intérieur de lui-même. Ainsi il n’est plus possible pour lui de se cacher comme il peut le faire à son travail ou avec ses amis.

Nous allons maintenant analyser les scènes du court-métrage :

Le sourire en début de film peut être interprété comme un sourire de façade, il cache ses problèmes derrière un sourire trompeur.

La séquence avec la brique met en scène le type d’actions incohérentes et répétitives que chacun fait tous les jours. Seul un œil critique externe peut se rendre compte de l’aberration de ces actions quotidiennes voir rituelles.

Les tics qui apparaissent montrent que le stress et la folie commencent à prendre le dessus sur la personne. Cette folie prend complètement le dessus sur l’acteur lors de la dance, en effet il commence par danser très bizarrement puis perd entièrement le contrôle de sa personne : la folie est ici représentée à son paroxysme.

La toute dernière scène nous montre le combat de chacun contre la folie. En effet l’ombre peut être comparée à la folie, l’acteur cherche en la combattant à l’expulser de son corps. Les regards qu’il jette sur nous montrent que quelqu’un le surveille. Cela peut être une aide d’un spécialiste ou de la famille ou alors le regard vexant que peut avoir d’autre gens sur sa folie.

Ainsi nous assistons à la métamorphose d’un homme oppressé par sa vie quotidienne et qui sombre dans la folie. Cependant il cherche tout de même à s’en sortir en luttant contre cette folie qui le gangrène. Le réalisateur cherche à nous faire comprendre avec son court-métrage qu’en chacun de nous il y a une facette de folie et qu’il est important de temps à autre de prendre du recul et du repos pour la combattre.

Correspondance avec d’autres œuvres :

Il est possible de faire une analogie avec d’autres œuvres artistiques mettant en scène la folie. En effet la folie de l’Homme est un sujet récurrent dans la littérature, le cinéma ou encore la musique.

La première correspondance que nous pouvons mettre en avant est le film Shutter Island, réalisé par Martin SCORESSE en 2010. Ce film met en scène un homme qui a sombré dans la folie suite à la perte de sa femme. Tout comme dans l’œuvre étudiée, l’acteur principal se cache derrière une autre vie (dans Shutter Island il s’invente une vie de détective). Dans les deux œuvres les acteurs se battent contre la folie pour tenter d’en sortir.

La seconde correspondance est le livre La métamorphose de Franz Kafka où le personnage principal se transforme du jour au lendemain en un cafard géant (pouvant être ici mis en commun avec la folie). Le héros lutte pour se faire comprendre de sa famille et son travail et pour redevenir normal.

Seule la façon dont le personnage devient fou change, mais dans les deux œuvres le héros qui se cachait derrière une vie paisible mais rythmée par les habitudes, se retrouve dans un état si extrême qu’il devient très dur de s’en sortir. Chacun lutte à sa façon pour espérer de redevenir normal et de regagner sa vie d’avant.

Conclusion

New York dans les années soixante est une période clé dans l’évolution de l’art, et dans la façon de transmettre l’art.

En effet c’est une période où les artistes se livrent plus dans leurs œuvres. On voit apparaître de nouveau styles musicaux (comme avec Jimi Hendrix qui réinvente un nouveau genre), les tags naissent à cette période dans New York, …

La folie New-Yorkaise est un sujet très important dans l’art des années soixante. C’est un sujet qui existe depuis longtemps en littérature (la métamorphose est sortie en 1915) et continue d’être utilisée comme thème dans les œuvres plus récentes (Shutter Island).

Ces œuvres mettant en scène la folie montre qu’il est facile pour des gens menant des vies plus ou moins saines de tomber dans la folie. Le symbole le plus important que les auteurs cherchent à nous faire passer est celui de la lutte pour la liberté, la liberté mentale. En effet dans chacune des œuvres nous pouvons noter que les personnages principaux luttent pour comprendre ou guérir, et que souvent c’est avec l’aide de proches qu’il s’en sorte.

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