Bojangles of Harlem, Fred ASTAIRE

Présentation de l’artiste :

Fred Astaire (1899-1987) était un danseur, chorégraphe, musicien et acteur de Broadway qui est apparu dans 31 films musicaux. Parmi ses œuvres, il en a réalisé 10 avec Ginger Rogers, ce qui explique qu’ils sont souvent associés l’un à l’autre.

L’oeuvre

http://www.ubu.com/film/astaire_bojangles.html

« Bojangles of Harlem » est extrait du film intitulé Sur les ailes de la dance (nom original : Swing Time) dans lequel figure Fred Astaire. L’oeuvre a été réalisée en 1936 par l’américain George Stevens.

Alors que les caméras sont en plein processus de production, notamment avec l’apparition de la caméra à tube cathodique, le cinéma se développe et devient un divertissement. Les années 1930 sont caractérisées par un passage du film silencieux au film « parlant ».

Cette œuvre est attrayante de par son univers noir et blanc, le décor au premier abord simple, mais dont on prend conscience de l’utilité au fur et à mesure de l’oeuvre, l’agilité nécessaire qui paraît presque naturelle du danseur et la joie qu’il émet à se produire en spectacle : en effet, la concordance des pas du danseur avec la musique de fond enjouée, synonyme de bonne humeur est remarquable. La performance tellement réelle, qui semble alors nous être destinée, nous donne l’impression de nous trouver derrière la caméra. Sur un fond gris clair, trois silhouettes constituent les images de Fred Astaire : en reproduisant ses pas, elles font figures de danseurs de second plan, toutefois imaginaires. Bien qu’en parfaite harmonie au départ, Astaire danse par la suite contre ses trois silhouettes qui ont du mal à le suivre. Il s’en suit alors une chorégraphie sans silhouette, jusqu’à la fin, davantage centrée sur le personnage dans le décor, sur un rythme différent mais tout aussi enjoué.


La découverte de cette œuvre inspire la volonté de partage, de divertissement et celle d’émerveiller les auditeurs. On peut alors se demander : quels sont les moyens les plus accessibles et sensibles pour diffuser une œuvre ? Comment faire éprouver de l’intérêt aux spectateurs ? Un message est-il transmis ?

Cet extrait est effectivement une œuvre dans la mesure où il est diffusé, donc accessible, provoque une réaction chez le spectateur et est discutable.

Une question peut alors venir à l’esprit : avec les différents moyens de diffusion, peut-on envisager des limites à l’art ?

A study in Choreography for camera (1945) de Maya Deren pose également dans une monotonie noire et blanche la danse comme sujet principal, dans un décor plus varié que « Bojangles of Harlem », mais tout en silence afin de nous focaliser sur la prestation du danseur.

Les gestes techniques sont davantage présents dans l’oeuvre de 1945 et associés au jeu de la caméra, ils permettent, dans une œuvre comme dans l’autre, de raconter une histoire.

Cette oeuvre s’apparente à The Artist (2011) :

Dans ces oeuvres, les protagonistes sont tous deux danseurs de claquettes, dans les années 1930, qui sont assez connus sur scène. Sur un fond en noir et blanc posant un cadre un peu monotone, la musique assez enjouée semble y apporter de la couleur en plus de la joie transmise par les danseurs. La fonction du cinéma en tant que source de divertissement est abordée dans les œuvres, et caractérise donc bien cette période où le cinéma est en pleine expansion. On y retrouve également la transition du film silencieux au film « parlant ».

Cette œuvre constitue en grande partie un hommage de Fred Astaire à Bill « Bojangles » Robinson, danseur de claquettes dont il s’est fortement inspiré pour ses œuvres. De par sa prestation formidable et par son hommage à Bojangles qui s’illustre aussi par son maquillage marron et non noir, cette œuvre a répondu à ses promesses. Néanmoins, ce maquillage qui peut être considéré comme offensant, aurait pu être remplacé par une apparition même brève de Bill Robinson, qui était toujours en vie à l’époque.

Sa prestation sans les silhouettes, elle, est dédicacée à John W. Bubbles qui lui a appris quelques astuces concernant la danse de claquettes.

Son excellente prestation a d’ailleurs permis au chorégraphe (Hermes Pan) de se voir attribuer un Oscar de direction de danse à l’époque.

Le jeu des silhouettes est remarquable au vu des moyens des années 1930, ce qui caractérise assez bien l’oeuvre qui est en outre une des seules pour lesquelles Fred Astaire utilise des astuces photographiques.

Conclusion

Ainsi, l’art évolue avec les différents moyens technologiques qui apparaissent, ce qui influence la manière dont il est perçu . L’art n’est pas seulement affaire d’exposition d’une œuvre, mais aussi d’expression d’un sentiment, ici le respect témoigné par un hommage.

Le moyen de diffusion d’une œuvre a un impact sur la perception de celle-ci : comment choisir le meilleur parmi la multitude de moyens existant aujourd’hui ? L’art sans technologie peut-il susciter l’intérêt de tout spectateur ?

 

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