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Archives Mensuelles: mars 2013

L’exposition imaginée en 2012 par Yann Nguema nous propose de découvrir une dizaine d’œuvres qui reposent sur un principe original : un vieil objet auquel on enlève sa fonction (machine à coudre, cage à oiseaux, vélo…) et transformé à l’aide de la technologie (écran tactile, capteurs, imagerie 3D…) en une œuvre d’art.

Un télégraphe, une machine à tisser, un vieux baromètre appartiennent au passé. Leur temps semblait révolu et pourtant, une fois devenus des hybrides à la technologie presque futuriste on parvient à créer une certaine fascination.
L’association d’ingénieurs et d’un artiste a ainsi permis la création d’un art interactif, qui atteint le visiteur aussi bien par les images que par les sons et le toucher.

Pourtant peu sensible à l’art et d’avantage fasciné par les techniques j’ai été touché par cette exposition pour diverses raisons :

– Les œuvres ne deviennent artistiques qu’avec la présence du visiteur. En effet, si personne ne s’approche de la cage tactile et musicale, rien ne se produit.

– Les technologies ajoutées à chaque objet ont évidemment éveillé ma curiosité d’étudiant ingénieur.

– Ce jeu entre passé et futur m’a beaucoup séduit, j’ai perçu la magie qu’essayait de créer Yann Nguema.

– Souvent dérangé par les tableaux qui ne présentent aucune « logique », les tableaux présents derrière les œuvres m’ont en quelque sorte apaisé par leurs motifs répétés. La présence d’écailles, de perles, de plumes, de dentelle, de pétales ont donné une dimension d’ordre, de répétition et de géométrie que j’apprécie.

 

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Exposé à l’Espace Jean Legendre de Compiègne en mars 2013, Les Jardins d’Exebecce, Bicyclette d’Exploration est une œuvre créée courant 2012 par Yann Nguema du groupe de musique français Ez3kiel. Elle est constituée d’une ancienne bicyclette un peu rouillée et d’un écran positionné face à celle-ci.

Jardins d'Exebecce

Le principe est assez simple ; l’utilisateur, qui est aussi le spectateur, doit pédaler sur la bicyclette afin d’avancer dans un monde imaginaire appelé Exebecce (qui est aussi le titre d’un morceau du groupe), il découvre alors des mélanges visuels et sonores qui l’emmènent véritablement dans un autre monde.

J’ai choisi cette œuvre car l’idée est simplissime et pourtant bien trouvée et le résultat est saisissant. L’œuvre emmène étonnamment dans un autre monde, et l’immersion dans ce monde est surprenante, sans pour autant oublier que l’on est sur une bicyclette, ce qui ajoute un intérêt particulier à l’œuvre. En effet, comme on a vraiment l’impression de rouler, on actionne la sonnette et les freins, ce qui a pour effet de modifier l’univers virtuel dans lequel on croit se trouver, ce qui est vraiment intéressant. On peut aussi pédaler à l’envers pour faire marche arrière, ce qui contraste un peu plus avec l’objet non détourné.

Sitôt assis sur la selle, on comprend le principe et l’intérêt d’un tel système, qu’il faut pédaler pour découvrir, écouter pour être immédiatement envoûté, même si personnellement j’ai eu peur de casser cette vieille bicyclette rouillée en m’asseyant dessus ! Les freins sont aussi un peu durs mais forcer en vaut vraiment la peine. Je me suis retrouvé ailleurs, en-dehors de cette exposition et au-delà du monde réel, c’est un voyage dans l’espace mais aussi dans l’imaginaire et les sensations, une expérience bouleversante et pourtant si volatile, une fois les pieds reposés sur Terre…!

Je me suis demandé si Les Jardins d’Exebecce étaient véritablement un monde imaginé par l’artiste ou si c’est le spectateur-voyageur qui créait celui-ci au fur et à mesure, le construisant par ces actions (pédaler, freiner, sonner). Cette perspective serait intéressante du fait que le rôle du spectateur se mêlerait aussi à celui-ci de l’artiste, créateur d’un monde personnel influencé par la vue de l’artiste. Cela confirmerait pour moi le statut d’œuvre d’art Des Jardins d’Exebecce, Bicyclette d’Exploration, dont l’interprétation serait subjective puisque le visiteur seul pourrait savoir ce qu’il a voulu ou pu imaginer, créer par le biais de celle-ci.

Je pense que cette œuvre ce rapproche de la question d’une recherche de l’ailleurs, d’univers parallèles ou même d’utopie, l’univers dans lequel on est transporté étant sans doute celui que l’on voudrait voir, puisque c’est véritablement nous qui l’avons créé au cours de cette expérience sensorielle, presque comme une promenade.

Cette bicyclette m’a fait penser au tableau romantique du peintre allemand Caspar David Friedrich Le Voyageur contemplant une mer de nuage, peint entre 1818 et 1820 et qui, comme l’œuvre de Yann Nguema, nous transporte dans un autre monde, le contraste se faisant pour moi sur le fait que le tableau de Friedrich nous vide la tête alors que Les Jardins d’Exebecce nous la remplissent…

Le Voyageur contemplant une mer de nuages

Il m’a aussi rappelé le Paysage après l’ondée (1825-1829) de l’Hollandais Barend Cornelis Koekkoek, qui est aussi un tableau romantique, car, en-dehors de la représentation des bergers dans la partie basse du tableau, on peut aller se perdre dans la contemplation du paysage verdoyant à l’arrière-plan aussi bien que dans le ciel nuageux qui entoure celui-ci.

Paysage après l'ondée

Du côté d’une œuvre musical, bien des morceaux de musique (classique ou moderne) me font éprouver des sensations similaires, mais je crois que Codex (2011), du groupe anglais Radiohead sur leur album The King of Limbs est celui qui me rapproche le plus de ces jardins.

Les Mécaniques Poétiques :

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L’exposition « Les mécaniques poétiques » a été créée par Yann Nguema en collaboration avec l’Atelier Arts-Science. Le projet a aussi bénéficié du soutien du CEA-Grenoble et de l’Hexagone Scène nationale de Meylan, d’Erasme (Centre Multimédia du conseil général du Rhône), de Médias-cité et du DICREAM.

Les installations de l’exposition, environ une douzaine d’objets, découlent de l’alliance entre la musique du groupe EZ3KIEL dont Yann Nguema fait parti (ancien bassiste), et de la technologie de pointe qui donne corps aux tableaux virtuels présent dans le DVDrom « Naphtaline » de EZ3KIEL (2007). Le groupe a toujours mis en lien sa musique et son identité visuelle et cette exposition qui a déjà été présentée dans plusieurs villes (Rennes,…), en est une preuve.

Du 5 au 20 Mars 2013, l’espace Jean Legendre a accueilli « Les mécaniques poétiques » et dans le cadre de l’UV AR03, j’ai pus découvrir cette exposition.

D’entrée, une ambiance particulière se dégage du lieu de l’exposition dû à une ambiance tamisée mais surtout aux sons musicaux qui s’échappent des différentes œuvres présentées. En effet, chacune est une interface entre le visiteur et la musique qui se crée. Le visiteur touche, bouge, soulève, pince ou regarde pour créer une série de son unique ou de décors étranges sur des écrans, parfois tactiles, confondu avec les objets anciens comme une bicyclette, une machine à tisser ou des flacons d’apothicaire. De plus, du fait de tout ces sons et images, l’imaginaire du visiteur est interpellé, il peut jouer avec les installations et les faire vivre. L’imagination et l’interactivité sont des particularités de l’exposition qui permettent de créer un univers parallèle autour des œuvres où le visiteur serait le créateur des mélodies, images et autres.

Cette exposition ne se fait pas dans un sens mais de la manière que l’on veut car les œuvres n’ont pas d’ordre chronologique, seulement un thème commun :

-Le jardin d’Exebecce : Le visiteur peut monter sur une bicyclette et pédaler pour avancer dans les jardins imaginaires d’Exebecce. En sonnant, le paysage change et on peut ainsi découvrir les différents jardins.

-Le théâtre de naphtaline : En se plaçant en face du théâtre virtuel, et lorsque l’on bouge les mains, le décors de celui-ci, change, s’avance ou recule.

-Les cordes sensibles : Un réseau de cordes sonores se crée, se détruit ou pivote lorsque le visiteur fait bouger les trois mobiles qui sont sur la machine à tisser.

-Les balles perdues : Le baromètre se penche et ainsi crée une musique grâce au plateau virtuel composé de balles et obstacles sonores qui réagisssent en fonction du baromètre.

-L’orgue à flacons : Chaque flacon correspond à un son. En soulevant les bouchons on peut créer sa propre mélodie.

-Les vents d’autan : Pour utiliser cette installation, il faut toucher l’écran tactile et ainsi créer des vents imaginaires qui dès qu’ils touchent la montgolfière peuvent créer différents sons.

-Le stéléoscope : Ce télescope de l’ancien temps nous montre le théâtre de Naphtaline sous tous les angles et sous différents décors (la neige par exemple).

-Le piano de quart de corps : Un automate musical virtuel joue les notes demandées par le visiteur lorsque celui-ci appuie sur les touches.

-La cage Fa Ré Do : En touchant les barreaux situé près de fibre sonore la cage à oiseaux produit des sons et lumière avec lequel le visiteur peut jouer.

-Le cycloharpe : C’est une machine à coudre qui a été rénové en boite à musique numérique. La pédale ou les boutons sur le cadre donnent naissance à une mélodie.

-La madone de thérémin : Cette statue de madone produit des sons étranges lorsque l’on s’approche d’elle. Cette installation est inspirée de l’utilisation d’un thérémin.

-Un film sur cette exposition : Ce film permet de voir et savoir comment le projet s’est mis en place, quel est le but, quelles ont été les difficultés,… Il permet de comprendre mieux tout ce qui entoure l’exposition et tout ce qui l’a fait vivre.

J’ai pu noter dans ce film que la communication entre le monde artistique représenté par Yann Nguema et le monde technologique avec les ingénieurs a été difficile au début. Ce genre d’exposition mêlant la musique, les images virtuelles et la technologie n’est pas encore très courant. En effet, dans la mémoire collective la technologie n’est pas associée à l’art, il y a donc peu de lien.

Les cordes sensibles

Toutes ces installations sont créées à partir d’objets qui reflète un temps révolu, mais toujours en association avec une technologie des plus récente et innovante. Ce sont des hybrides, entre la mélancolie de ce temps passé et la fascination (de Yann Nguema) du traitement du son et de l’image de notre temps. Ce contraste est cependant très bien assemblé dans cette exposition.

Tout ce qui permet à la technologie de vivre est caché à l’intérieur des objets et seules les parties permettant la communication avec l’utilisateur comme les écrans tactiles ou des capteurs et celles montrant le résultat final sont visibles. Ceci a demandé un travail d’adaptation de la technologie aux formes et à l’espace disponible.

Cette exposition est donc un lien entre le monde artistique et le monde technologique où la technologie est au service de l’art pour faire vivre les créations. Cependant la technologie prend aussi une place très importante et devient même au final l’une des principales composantes de ces installations car elle permet de créer le résultat voulu.

Le visiteur est aussi très impliqué car c’est à lui de faire ce dont il a envie pour faire bouger les installations et ainsi il joue avec elles. Lui seul permet aux œuvres de vivre selon son bon vouloir ce qui laisse une liberté de choix : Veut-on voir/entendre/toucher/ressentir cette œuvre ? S’impliquer et créer ?

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Cette œuvre a été créé par l’artiste Roy Lichtenstein en 1963. Cette oeuvre, donnant l’illusion d’une bande dessinée au premier abord, porte les dimensions 142×142 cm. Elle fut réalisée à l’aide d’un etechnique mise en place par l’artiste : une peinture acrylique qui se dilue à la térébenthine (nommé Magna). Il continue cependant à utiliser l’huile pour reproduire les trames de points (maillage de points permettant de reproduire les similis en linéature). créé par l’artiste Roy Lichtenstein en 1963. Cette œuvre, donnant l’illusion d’une bande dessinée au premier abord, porte les dimensions 142 x 142 cm. Elle fut réalisée à l’aide d’une technique mise en place par l’artiste : une peinture acrylique qui se dilue à la térébenthine nommée Magna. Il continue cependant à utiliser l’huile pour reproduire les trames de points (maillage de points permettant de reproduire les similis mesurée en linéature).

En 1960 Roy fit la rencontre d’un peintre abstrait, Allan Kaprow, lui-même enseignant dans l’université. Cette rencontre va marquer la vie de l’artiste qui va être alors beaucoup influencé par cet homme. Cet environnement va contribuer à raviver l’intérêt qu’il avait dans l’image « pop ». En 1961, Lichtenstein commence ses premières peintures Pop-Art en utilisant des images de dessins animés et des techniques dérivées de l’imprimerie commerciale. Cette phase se poursuivra jusqu’en 1965 où il aura recours à des images de publicité suggérant des scènes de consommation et familiales. C’est au cours de cette période que l’artiste créa la plupart de ces œuvres (dont Varoom) qui le rendirent célèbre.

Pour une meilleure approche de l’œuvre, il est nécessaire de s’initier quelque peu au mouvement artistique auquel l’œuvre se réfère. Le Pop art est l’un des mouvements artistiques principaux du 20ème siècle. Il prit son essor dans les années 50 aux États Unis. Caractérisé par des thèmes et des techniques tirés de la culture de masse populaire, tels que la publicité, les bandes dessinées et les objets culturels mondains. Le Pop art est largement interprété comme une réaction aux idées dominantes de l’expressionnisme abstrait. Andy Warhol et Roy Lichtenstein sont les principaux artistes de ce mouvement.

Je connaissais déjà certaines réalisations de Roy et du Pop-Art mais je suis tombée sur cette œuvre par hasard sur UbuWeb. Elle a tout de suite attiré mon regard avec cette grande onomatopée centré sur la peinture. On reçoit comme un coup de poing dans l’œil L’utilisation de couleurs vives crée un réel impact sur les observateurs. De plus regarde cette œuvre on a du mal à qualifier si c’est une peinture ou un dessin. Elle se rapproche d’une bande dessinée, et diffère totalement des peintures plus « traditionnelle ». Ça lui confère un côté plutôt troublant qui a attisé ma curiosité.

Sur cette peinture on voit que les lignes droites s’allongeant à chaque extrémité de la peinture semblent être soudaine et inattendues. Au centre, les lignes sont brisées et déchiquetées créant l’explosif. Le mot Varoom avec ces lettres instables et son caractère onomatopéique produisent l’action. Le point d’exclamation et les fragments  minuscules volants terminent quant à elles l’action. Tous les ingrédients sont présents pour donner l’illusion d’une explosion. En effet l’onomatopée suggère à elle seule l’action d’une explosion. Une explosion c’est avant tout une manifestation brusque, subite et éphémère qui n’a pas réellement de sens. L’œuvre donne donc l’aspect d’être réaliste et concrète alors qu’elle cache avant tout une peinture purement abstraite Le pop-Art est un avant un mélange de surréalisme et d’impressionnisme abstrait. Derrière ces œuvres aux apparences réalistes et concrètes se cache un autre message plus difficile à déchiffrer.

On peut d’ailleurs faire un rapprochement de cette œuvre avec une autre très similaire, du même artiste, réalisée en 1962 :

« Blaam »Image

Cette œuvre est avant tout inspirée d’une bande dessinée de la série All-American Men of War. On retrouve ici l’usage avec plaisanterie d’une onomatopée sans contexte narratif. L’onomatopée illustre également une violente explosion sur la composition toute entière. 

D’une certaine manière Roy détournent des images liées à l’ère moderne et ancrée dans le quotidien des américains pour en faire des icônes de la civilisation contemporaine. Il s’agit d’une certaine manière de faire ressortir l’esthétique cachée ou oublié de la société. Roy s’inspire directement de l’esthétique des bandes dessinées, un grand moyen de diffusion américaine de l’époque. L’humour est très présent dans ces œuvres, comme « Whaam » réalisée en 1963 , similaire aux deux œuvres précédentes :

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« Whaam »

 Ce tableau réalisé à l’aide de Magna est aussi une parodie de bande dessinée. L’artiste joue avec humour : un tableau tire sur un autre. Lichtensein à la capacité de créer une œuvre à partir d’un dessin existant.

Le Pop-art ne doit pas nécessairement vu comme une critique de la société de cnsommation. En effetles artistes s’imprègnent simplement de ces codes et de ces supports et prend de la distance avec humour de cette consommation de masse.Andy Warhol disait d’ailleurs « L’art c’est déjà de la publicité. La Joconde aurait pu servir de support à une marque de chocolat , à Coca-Cola ou à toute autre chose ». Tous les artistes ont chacun leur propre façon d’envisager une vision de la société de consommation et une manière de la critiquer comme par exemple le Dadaïsme.

De nombreux critiques ont aussi longtemps contesté le fait de définir le Pop-Art comme un mouvement artistique. En effet les nouveaux procédés , dérivant de l’utilisation de bande dessinée ou de l’imaginerie publicitaire, remettent en cause les démarches artistiques. C’est ainsi que vient se heurter une question : Peut-on réellement considérer le Pop-Art comme de l’Art?

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Les mécaniques poétiques, Yann Nguema, graphiste et musicien au sein du groupe EZ3kiel.

L’exposition nous fait découvrir, à travers 12 installations numériques sonores et visuelles, l’univers de « Naphtaline » et nous invite à y entrer et à participer activement à son évolution. Le visiteur n’est pas seulement spectateur, il doit interagir avec les installations afin de créer lui-même les effets sonores et lumineux. L’artiste allie, ou confronte, un patrimoine ancien et des technologies modernes en jouant sur les anachronismes et les détournements. On peut par exemple trouver une machine à coudre transformée en boîte à musique numérique, baptisée « Le Cycloharpe », ou encore une tablette numérique nous invitant à jouer avec une toile de cordes sonores, créant ainsi une véritable « machine à tisser musicale ». On pourrait presque se croire dans une seconde version du Nautilus de Jules Verne ; l’environnement est assez sombre (pour faire ressortir les jeux de lumière) et plutôt bleuté, on retrouve même un baromètre modifié en un genre de joystick pour flipper virtuel parsemé d’obstacles sonores , ou bien des cartes interactives nous faisant jouer avec des courants de vents pour générer des sons et les meubles, majoritairement en bois, sont associés à une technologie bien trop avancée pour l’époque qu’ils évoquent. Une classe d’enfants était présente lorsque j’ai fait ma visite et les installations très appréciées étaient, bien sûr, celles utilisant le plus de technologies innovantes et rappelant les jeux vidéos. Mais j’ai eu l’impression que celle qui attirait le plus était une installation appelée « L’Orgue à flacons ». Le concept peut paraître simple même si, comme le montre un petit making-of à l’entrée, la réalisation fut assez technique. Il s’agit en fait d’une table sur laquelle sont posés des pots en verre qui, une fois ouverts, s’illuminent et produisent chacun un son différent. Tout cela paraît très réel, on a pense vraiment que les sons sortent des flacons. De plus, en jouant, on entendrait presque des mélodies, que l’on croit créer nous-mêmes. C’est peut-être pour cela que les enfants s’y précipitaient même si, comme leur précisait sagement leur accompagnatrice, ils ne risquaient pas « de réussir à faire du rap avec » [sic]. « La Cage » est aussi une installation que j’ai beaucoup appréciée ; ses barreaux deviennent musicaux et sont associés à des fibres optiques, ce qui la détourne en une nouvelle forme de harpe. Aussi, on ne voit pas forcément que ce n’est pas une simple cage à oiseaux (qui pourrait du reste presque toujours servir). ImageImage

On comprend d’ailleurs clairement l’alliance technologie et art annoncée par le titre. Le créateur a par exemple utilisé un Thérémine, instrument qui paraît d’ordinaire plus scientifique que musical, et l’a placé dans une statue qui devient, de ce fait, l’instrument. Il essaye peut-être aussi de nous montrer cette technologie et ces mécaniques, que l’on ne voit pas d’habitude et qui, a l’état brut ne nous paraissent pas souvent très esthétiques, comme c’est le cas sur son piano, qui ne diffère d’un piano classique que par son écran, placé de façon à être visible du musicien et qui imagine et affiche le mécanisme intérieur de l’instrument lorsqu’une touche est jouée.

L’artiste nous incite donc à l’expérimentation, la création même, à partir de son œuvre. Même s’il peut nous sembler qu’avec toute cette technologie le résultat pourrait être prévu d’avance, M. Nguema à l’air de faire confiance à nos instincts et à un certain hasard, ce qui pourrait peut-être rappeler quelques travaux de John Cage.

Léa Reverdy

Source : http://www.ez3kiel.com/exposition/

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