Exposition Strangers in the light de Catherine Balet

Présentation

L’exposition Strangers in the light est une exposition présentée à l’espace Jean Legendre de Compiègne du 5 mars 2013 au 30 mai 2013. Réalisée par Catherine Balet, peintre de formation et diplômé des Beaux Arts, elle nous présente une série de photographie mettant en scène des situations de la vie quotidienne et la place de plus en plus importante qu’y prend les nouvelles technologies. A travers ces différentes photographies, Catherine Balet s’inscrit dans une sorte de nouveau clair – obscur revisité au gout du numérique et adapté à notre époque. Cette exposition s’est également traduite au travers d’un livre éponyme et publié chez l’éditeur Steidl en 2012.

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Analyse critique

Comme déjà dits, l’ensemble des photographies met en scène des protagonistes dans des situations de leur vie quotidienne. La première particularité va résider dans le fait que toutes ces photos sont généralement très sombres et leur seule source lumineuse provient de la lumière générée par les différents écrans des appareils dits de « nouvelles technologies » : Ecran de téléphone portable, d’ordinateur ou encore flash d’un appareil photo. L’autre particularité vient du fait que les personnes présentent sur ces photos ne se regardent jamais entre elles. Au contraire même puisqu’elles ont toutes les yeux rivés sur leurs appareils. Il y a donc au travers de cette exposition une critique assez vive sur notre monde moderne qui s’est transformé très rapidement ces dernières années. Un monde de l’hypermédia, de l’hyper communication où tout doit être partagé le plus vite possible sur internet et les réseaux sociaux. Cependant paradoxalement alors que ces nouvelles technologies permettent  d’échanger et de communiquer avec des personnes du monde entier, elles ont entrainées une perte des relations sociales directes. Chaque individu se retrouve isolé face à son écran et communique à travers lui. Les personnes préfèrent discuter sur internet avec d’autres personnes, qu’elles n’ont en plus peut être jamais rencontrées réellement plutôt que de parler avec ses proches qui sont juste à côté d’elle. L’autre élément qui m’a interpellé sur ces photos elle le fait qu’on a le sentiment que finalement les individus ne profitent même plus de l’instant présent. L’important est désormais de l’immortaliser et de le partager virtuellement et non plus de le vivre réellement.

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Cette exposition m’a donc particulièrement intéressé car elle traite d’un problème concret de notre société et pose la question d’un monde qui se veut toujours plus connecté virtuellement et plus éloigné réellement. J’ai notamment apprécié l’esthétique des clichés avec ce jeu entre lumière et obscurité qui vient illustrer le propos de la photographe. Un  monde réel qui finalement apparait sombre et une lumière synonyme « d’espoir » et de « vie », pour les personnes photographiés.

Lien avec d’autres œuvres

Ce travail de Catherine Balet s’inspire de nombreuses autres œuvres de la peinture classique telle que La nativité de Georges de la Tour, La mort de Marat de Jacques-Louis David ou encore Olympia d’Edouard Manet (voir d’ailleurs un article à ce sujet un peu plus loin sur ce site). A chaque fois elle reprend donc ces grands tableaux et les « transposent » à notre époque. Ainsi les bougies sont remplacées par la lumière des nouveaux appareils technologique, une feuille de papier devient un ordinateur ou un collier le casque d’un baladeur numérique.

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Pour finir difficile également de ne pas voir dans le titre de l’exposition un clin d’œil à une œuvre cette fois musicale, à savoir la chanson Strangers in the night composée par Bert Kaempfert et écrite par Charles Singleton et Eddie Snyder qui fut popularisé par l’interprétation de Franck Sinatra en 1966. Cette chanson qui parle de la rencontre de deux inconnues dans la nuit qui vont finir par tomber amoureux et qui vient comme s’opposer à ce que montre Catherine Balet à savoir des personnes qui se connaissent mais qui ne se parlent plus. A l’inverse, les étrangers ne sont plus dans l’ombre, ils sont désormais dans la lumière, celle des réseaux sociaux véhiculés au travers de ces nouvelles technologies. La rencontre n’a plus lieux dans l’obscurité du réel mais dans la lumière du virtuel.

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