Les mécaniques poétiques d’EZ3KIEL

Les mecaniques poetiques

Du 05/03/2013 au 20/03/2013, le théâtre Jean Legendre se change en un univers poétique ou Yann Nguema, compositeur et bassiste au sein du groupe EZ3KIEL ainsi que graphiste, nous fait découvrir 12 installations numériques, interactives, sonores et visuelles conçues à partir d’objets anciens détournés inspirés de l’album multimédia « Naphtaline » ainsi qu’un ensemble d’affiches créées pour le festival des Trans Musicales de 2007 à 2011. Cet univers digne des romans de Jules Verne c’est dans le cadre de l’Unité de Valeur AR03 : Art et Technologies contemporaines que je l’ai découvert, Yann Nguema met en place des machines à mi-chemin entre  un patrimoine ancien (une machine à coudre, des instruments scientifiques du XIXe siècle, une vieille bicyclette…), et une technologie innovante : écrans tactiles, fibre optique…

Ici on a une parfaite conjugaison entre le côté métallique est froid de notre technologie moderne et la chaleur, le vivant qu’apporte ces objets anciens.

Une des envies de l’artiste semble être de rendre cette exposition accessible à tous pour marquer la coupure avec l’art contemporain où en général on est face à un concept assez fort qui implique que l’œuvre n’est pas comprise comme le voudrait l’auteur, sans mode d’emploi, à se demander si l’œuvre a une utilité en soi ou non. Ici pas de question existentielle, seul compte notre ressenti, notre sensibilité.  Éventuellement on pourrait se demander, étant un musicien, est ce que Nguema ne nous présenterait pas une exquise des instruments de demain ?

Avec cette exposition interactive ou le visiteur est invité à jouer avec les machines, l’artiste en profite pour nous faire découvrir sa musique Trip Hop, électroacoustique qui se marie parfaitement avec l’ambiance générale de l’exposition : magique, merveilleux…musique me rappelant certains morceaux du groupe islandais Sigur Rós pour leur côté un peu classique-électro.

Sur fond de tableau en accord parfait avec le thème général, on découvre cet univers de 12 machines qui sont des mises en scène de morceaux de l’album « Naphtaline » du groupe EZ3KIEL:

Orgue à flacons

L’orgue à flacons ou verrophone à air en référence aux orgues à parfum : En soulevant les bouchons, le visiteur libère des sons. Lorsque  plusieurs flacons sont ouverts on distingue alors des mélodies. Ici le visiteur se change à son tour en artiste en ayant la possibilité de créer sa propre musique mais toujours sur la base de son emprunté au style du groupe Ez3kiel.

L’orgue à flacons au premier abord est vu comme un détournement « simple » d’une machine, cependant lorsque l’on soulève les bouchons, on est amené à se demander : « Qu’est ce qu’il y a derrière l’aspect général ? Qu’est ce qui génère cet effet ? » Derrière cette œuvre  se cache des technologies moderne tel qu’un détournement des RFID, une animation programmée dans MAX MSP5.

Puis l’exposition continue, on se retrouve nez à nez avec une madone d’aspect le plus banal, mais en passant à côté on ressent une drôle de sensation, comme si on n’était pas seul, comme si quelqu’un passé à côté et murmurait à l’oreille : C’est la madone theremin, emprunté d’un instrument de musique électronique inventé en 1919, lorsque vous vous approchez de la madone, un ensemble de capteur permet d’activer un effet sonore. La technologie utilisée ici s’appuie sur des capteurs capacitifs dédiés, d’interfaces électroniques et d’animations programmées dans MAX MSP5.

les-jardins-exebecce

Si on a envie de se dépenser un peu on peut embarquer dans un voyage dans les jardins d’Exebecce, à la force des jambes en pédalant sur un vieux vélo qui nous fait avancer dans ce monde interactif qu’il est possible de changer par un coup de sonnette. Ici la technologie nous permet encore une fois de nous évader.

Sans oublier la machine à coudre musicale, la cage de Fa Ré Do (cycloharpe), les cordes sensibles (machine à tisser musicale), le théâtre de Naphtaline (Hologramme triphasés), …

http://vimeo.com/53947685#

Ainsi on peut dire que l’objectif de cette exposition, qui est de nous faire rêver tout en nous ouvrant à un univers méconnu est réussi.

Pour ma part j’ai adoré cette exposition, je ne m’attendais pas du tout à ça quand j’ai vu le descriptif sur le site internet de l’espace Jean-Legendre, je pense qu’au final ce qui permet de vraiment bien aborder cette exposition c’est le fait d’y participer, sans participation cette exposition n’aurait pas de sens, pas d’intérêt, ça change de ce que l’on peut voir en général ou le visiteur n’est qu’un spectateur et non pas un acteur. De plus, l’artiste nous ouvre une porte sur la technologie en nous disant implicitement de ne pas nous cantonner à l’utilisation primaire des technologies, ne se pas cantonner à leur mode d’emploi mais au contraire détourner leur utilisation afin d’exprimer un ressenti, une opinion, un mouvement…

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