Mécaniques Poétiques d’Ez3kiel

Ez3kiel : « Les Mécaniques poétiques »

L’exposition de Yann Nguema du groupe Ez3kiel rassemble 11 sculptures interactives. Ces sculptures sont des recyclages d’objet anciens remis au gout du jour grâce à la technologie. Ce détournement va leur donner un aspect poétique dans lequel le spectateur devient acteur et interagit avec l’œuvre. Ces modules nous plongent dans un monde de rêve grâce à ses interactions sonores et visuelles.
Chaque œuvre est différente mais toutes nous font voyager à leur façon dans le monde d’Ez3kiel.

Œuvre 1 : Le piano à quatre temps
Ce petit piano est la première œuvre que j’ai « utilisée » en arrivant à l’exposition. En appuyant sur différentes notes, un mécanisme numérique se déclenche sur un écran devant vous et produit un son. Cela ne révolution pas le concept même du piano mais le fait d’associer un son à un mouvement mécanique, comme si le piano était nu et que l’on pouvait voir son fonctionnement intérieur, rend cette œuvre envoutante.
Œuvre 2 : Les jardins d’Exebecce
Cette œuvre est certainement la plus inattendue dans l’exposition du musicien. On monte sur un vieux vélo et lorsqu’on pédale, le paysage défile sur un écran devant nous. Ce paysage n’est pas le paysage classique que l’on pourrait imaginer. C’est un lieu tout droit sorti d’un rêve ou d’un film de science fiction. Des sortes de sphères nous guident dans cet espace. Lorsque l’on freine ou que l’on pédale en sens inverse, les sphères changent de direction. Lorsque l’on fait retentir la sonnette, on change d’univers et on en redécouvre un des 4 autres. On a l’impression de se promener sur différent monde, différente galaxie. Mais ce qui m’a le plus fasciné, c’est le fait que les mécanismes de détection soient pratiquement invisibles. En tant que bon ingénieur, j’ai cherché à comprendre comment cela pouvait fonctionner et ce n’est qu’en regardant de très près que j’ai pu découvrir les fils qui parcourraient le squelette de la bicyclette.
Œuvre 3 : Le stélescope
Ce télescope modifié nous fait entrer dans un autre monde. Un télescope classique nous permet d’observer les étoiles et donc d’une certaine manière de voyager. Mais ce télescope nous offre une vue à 360° d’une scène de théâtre. On peut découvrir l’espace dans ses moindres détails. J’ai trouvé cette œuvre moins enivrante que les autres. En effet, on se sent un peut « bloquer », on ne peut pas évoluer dans le monde que l’on découvre comme dans les autres sculptures.
Œuvre 4 : Les vents d’Autan
Cette œuvre, où l’on peut contrôler le trajet d’une montgolfière en créant des particules auxquelles elle va s’accrocher, est très proche des jeux pour tablette numériques actuels. Le fait que l’on interagisse avec un écran tactile augmente ce sentiment, mais cette œuvre traite ce « jeu » avec beaucoup plus de poésie qu’un simple divertissement. Le graphisme très rêveur et le volume de l’instrument qui lui donne une forme d’ancêtre des tablettes numériques sont les principaux attraits de cette sculpture.
Œuvre 5 : Les cordes sensibles
Cette machine à tisser musicale permet de créer différentes notes de musiques en tournant 3 mobiles. Ceux-ci vont ensuite créer numériquement des fils qui, suivant leur écartement, vont produire différentes notes de musiques. Cette sculpture m’a beaucoup fait penser à une table de mixage pour DJ. Tourner des manettes pour produire différents sons simples et répétitifs. L’organisation des fils va produire une confusion poétique. Mais si on se laisse prendre au jeu, on tentera de produire une mélodie ce qui est, si on ne possède pas une oreille musicale, extrêmement difficile.
Œuvre 6 : Le capteur de mains
Lorsqu’on se place face à cette œuvre, des capteurs reconnaissent les mouvements de vos mains et vous permettent ainsi d’interagir avec l’univers à votre disposition. Le système ressemble un peu à celui d’une WII à ceci près que cette fois ceux vos mains les manettes. On a l’impression de pouvoir gérer ce nouveau monde qui d’ailleurs présente des similitudes avec celui que nous montrait le stélescope.
Œuvre 7 : L’orgue à flacons
De nombreuses bouteilles de différentes tailles sont disposées sur une table. Chacune d’elle est refermée par un bouchon, soit noir soit blanc. Lorsqu’on retire un bouchon, un son s’échappe de la bouteille et il continuera à emmètre tant que la bouteille ne sera pas refermée. Ces sons peuvent être de n’importe qu’elle nature comme des bruits de pas ou une note. En enlevant plusieurs bouchons d’affilé, on peut créer une mélodie. J’ai passé de nombreuses musiques devant cette œuvre à tenter de composer mes propres musiques.
Œuvre 8 : Les balles perdues
Cette œuvre ressemble à une énorme boussole. Cet effet est accentué par le fait que lorsqu’on l’incline, des balles s’agitent sur un écran et produisent des sons en percutant les parois d’un cercle en métal. Cette œuvre ressemble beaucoup aux cordes sensibles et au cycloharpe. C’est néanmoins le seul instrument inclinomètre.
Œuvre 9 : La madone théremin
Cette sculpture est une représentation de la vierge qui fait environ 50cm. Elle fonctionne sur le même principe qu’un théremin. Lorsqu’on approche ces mains, un son très particulier est produit est il varie lorsqu’on se déplace autour du corps ou que l’on s’en rapproche. Le bruit produit est très particulier et rappelle les détecteurs de métaux qu’emploient les sécurités d’aéroport. Cela donne une impression étrange de « scanner » la madone et en même temps elle semble un peu inatteignable et pure.
Œuvre 10 : La cage
Cette grande cage à oiseaux d’environ 1 mètre de haut possède des barreaux tactiles. Ils vont réagir lorsqu’on va y poser les doigts et un son va être émis. Ce son est différent pour tous les barreaux. On a l’impression de jouer d’une harpe circulaire.
Œuvre 11 : Le cycloharpe
Le cycloharpe est une ancienne machine à coudre reconvertie.  On s’assoie face à cette machine à coudre et comme avec les balles perdues, on peut ajouter ou retirer des billes qui rebondissent. Grace à cet écran, on peut contrôler l’ajout ou le retrait des billes mais aussi changer d’univers et donc de son. La pédale de la machine à coudre va servir à gérer le rythme de rebondissement des billes. On a parfois l’impression d’être assis face à un piano à cause des pédales mais aussi face à une table de mixage lorsqu’on change totalement d’univers et de son. Cette œuvre résume très bien l’esprit de l’exposition : Conjuguer un instrument passé et un instrument futur pour atteindre une dimension intemporelle et mélancolique. Ce sentiment de flottement dans le temps se retrouve également dans la musique du groupe Ez3kiel.

Lors de notre visite à l’espace Jean Legendre, l’exposition était visitée par des groupes scolaires de classes de primaires. Je trouve cette initiative très intéressante car le fait que les œuvres soient interactives rend l’art ludique pour les enfants et les pousse à s’intéresser. Ils entrent peu à peu dans un autre monde que celui qu’ils côtoient habituellement, le monde de l’art.

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