Voyage dans un monde parallèle : Les mécaniques poétiques d’EZ3kiel

Contexte et présentation générale

Les mécaniques d'EZ3kiel

Dans le cadre de l’UV AR03 que je suis actuellement ce semestre avec l’école d’ingénieur de l’UTC (Université de Technologie de Compiègne), j’ai eu l’occasion de visiter (participer), à l’exposition « Les mécaniques poétiques ». Cette exposition s’est déroulée à l’Espace Jean Legendre, dont la fonction première est en réalité une salle des spectacles, mais qui accueille régulièrement des expositions.

L’exposition : « Les mécaniques poétiques d’EZ3kiel » illustre de manière interactive l’univers pour le moins singulier de ces artistes. En particulier, c’est Yann Nguema aujourd’hui chargé de l’aspect visuel et interactif des œuvres au sein du groupe EZ3kiel qui est à l’origine du projet.

Plus spécifiquement, cette exposition est une porte ouverte sur leur album « Naphtaline », sorti en 2007. L’exposition est donc une extension logique, de l’album puisqu’il s’agit d’un projet multimédia basé là aussi sur l’interactivité avec le public : au travers d’un DVD-ROM le spectateur voyage selon ses envies et au gré des tableaux sonores et visuels créés par le groupe. On retrouve aussi le groupe EZ3kiel lors des représentations du Naphtaline Orchestra, qui est en réalité une réappropriation de l’album, mais cette fois-ci réarrangé pour un orchestre classique.

 L’exposition est divisée en 10 modules ; chacun correspond à un tableau de l’album « Naphtaline ». Une des caractéristiques principales et qui apparaît en premier lieu au spectateur lorsqu’il pénètre dans l’univers déconcertant est l’alliance entre deux mondes qui sont en général considérés comme éloignés voir incompatibles ou encore contradictoires : l’art et la technique. Cependant, l’exploit de l’exposition a été de parvenir à réunir les deux pour un résultat pour le moins réussi. L’alliance surprenante de l’art et de la technique est en réalité une signature et comme une marque de fabrique du groupe EZ3kiel. L’exposition montre aussi la rencontre entre 2 époques : le passé (au travers les objets utilisés) et le futur par les technologies de pointe utilisées.

Cette rencontre créé un mélange explosif et très déstabilisant au premier abord. On peut considérer l’exposition comme une invitation au voyage. Le premier objet exposé est assez intimidant, puis on ose s’approcher, et… toucher. L’entrée dans ce monde est assez brutale, mais on est vite emporté par la magie. Tout est fait pour que la technique ne se voie pas et soit entièrement au service de l’art et de l’esthétisme.

Pour chaque objet, un écriteau est posé auprès et explique la manière dont on doit se servir de l’objet en question. Pour l’exposé qui suit, j’ai choisi de décrire de façon linéaire chacun des objets qui composent l’exposition car cela correspond à la manière dont je l’ai vécu. J’ai pu essayer les interactivités les unes après les autres. La description de l’objet et les sensations que celui a pu me susciter seront donc regroupées dans un même paragraphe.

 Machine à coudre musicale

Le 1er objet auquel on est confronté est «  Le Cyclophare » : une machine à coudre revisitée et transformée en véritable table de mixage que l’on doit actionner en appuyant sur la pédale.  On peut alors créer des notes et des rythmes différents. Le son sort comme par magie de l’objet insolite. La magie opère car on ne comprend pas immédiatement comment fonctionne l’objet.

Le Cyclophare

Statue sensible et sonore

Puis on fait face au 2ème objet : « La Madonne Theremin ». Il s’agit d’une statue, blanche montée sur un piédestal. L’intimidation vient cette fois-ci du fait que pour faire fonctionner le mécanisme, il faut s’approcher d’elle. Approcher ses mains et aller presque jusqu’à la toucher pour produire des sons. Cet objet est particulièrement déstabilisant car d’ordinaire, il n’est pas permis de s’approcher ici, on est justement convié à le faire.

La Madonne Theremin

Verrophone à air

Viens ensuite un objet qui fait penser à un laboratoire de chimiste : « L’orgue à flacons ». Il s’agit d’une table sur laquelle sont disposées des fioles de tailles et de formes différentes. Pour produire des évènements sonores et visuels, il suffit de déboucher les fioles, une par une ou simultanément. Là encore, on est surpris par l’objet car c’est pour le moins inhabituel : Un orgue de chimiste… (Qui représente par lui-même la confrontation entre l’art ; ici la musique et les sciences : la chimie).

L'orgue à flacons

A ce stade de la visite, on commence à s’habituer et à prendre gout à cette atmosphère étrange. On entre réellement dans l’univers d’EZ3kiel, et on apprécie de plus en plus l’exposition. On est emporté par la magie et chaque objet est comme un jeu, une énigme que l’on doit percer pour comprendre.

Inclinomètre musical

Le quatrième objet : « Les balles perdues » a été pour moi un mystère, je n’ai pas réussi à comprendre comment m’en servir. Il fallait en réalité prendre l’objet dans ses mains pour faire bouger virtuellement une bille dans un espace circulaire, qui apparaissait sur un écran. Mais je n’ai pas osé le faire ; étant encore assez intimidée par cette exposition.

Les balles perdues

Machine à tisser musicale

Ensuite, j’ai pu essayer « Les cordes sensibles ».  Cette nouvelle machine m’a bien plu. Il faut à l’aide de 3 curseurs, créer des notes de musique. Le son qui en sortait m’a beaucoup fait penser à celui d’une harpe. Le nom de l’objet : « Les cordes sensibles » correspond d’ailleurs bien à cette idée. On doit pour cela à la fois faire glisser le curseur et le faire tourner. Selon la manière, la vitesse à laquelle on bouge les curseurs et la position sur le tableau de bord de ceux-ci, les notes sont différentes. En effet, cela influe non seulement sur la note en elle-même, mais aussi sur l’écartement des cordes et donc sur le rythme de la musique qui en ressort. On peut alors aisément passer du temps devant ce nouvel instrument de musique et y prendre gout.

Les cordes sensibles

Machine à courants d’air

Puis, j’ai testé « Les vents d’Autan ». Cet objet est à mon sens particulièrement réussi. L’interactivité est assez réaliste, on doit en touchant un écran, créer des bulles qui perturbent le trajet de montgolfières. Il est ressort une musique douce et un effet visuel assez réussis. Je pense que la simplicité d’utilisation est aussi un atout de l’objet comparé aux autres. Il suffit en effet d’effleurer l’écran.

Les vents d'Autant

Hologramme triphasé

Ensuite, « Le théâtre de Naphtaline ». Il s’agit cette fois-ci d’un effet uniquement visuel. On se place devant une sorte de miroir qui en réalité détecte notre présence et les mouvements de nos mains. Puis il ne reste plus qu’à regarder défiler le spectacle qui se déroule sous nos yeux. Plusieurs tableaux successifs se font suite. On a l’impression de rentrer dedans et de les visiter par l’intérieur. On voyage parmi les portraits et les personnages.

Bicyclette d’exploration

Le l’objet suivant est je pense, le plus ludique dans le sens ou c’est celui pour lequel on est amené à réellement faire fonctionner l’obje et à devenir acteur de l’expositiont. L’interactivité « Les jardins d’Exebecce » et en réalité un vélo qui en pédalant, permet au travers d’une projection murale, de voyager dans un jardin. On peut aussi bien pédaler en avant qu’en arrière et freiner pour faire apparaître des objets virtuels à l’écran. Un monde magique s’ouvre.

Les jardins d’Exebecce

Chambre stéréoscopique

Un objet assez remarquable est « Le Stelescope ». Il s’agit d’un ancien objet, détourné de son utilisation première. En regardant dedans et en faisant pivoter la machine, on peut observer des différents décors selon un point de vue qui change. On a ainsi une vue 3D du lieu.

Le Stelescope

Automate musical à touche

Enfin, le voyage se termine par une touche musicale avec « Le piano quart de corps ». Comme un vrai piano, on peut reproduire les sons que l’on joue en appuyant sur les touches du piano. En revanche, j’ai été assez déçu par ce dernier objet car je n’y ai pas trouvé d’intérêt. Un automate joue de manière numérique la même chose que ce que jouerai un vrai piano lui-même. La différence est la qualité du son. Beaucoup plus médiocre qu’avec un vrai piano et avec un décalage important. J’aurais trouvé plus intéressant si le piano avait comme les autres objets de l’exposition, été détourné de son utilité première.

Le piano quart de corps

Conclusion et impressions générales

Au sortir de l’exposition, j’ai réellement eu l’impression de revienir sur Terre. Après avoir, comme Alice au Pays des merveilles passé un temps dans un autre monde, plus magique. Finalement, cette exposition m’a vraiment intéressée car il y a une part importante de musique et étant moi-même musicienne, j’ai apprécié cette nouvelle approche de la musique.

L’exposition est il me semble à considérer non pas en séparant les objets, mais elle est d’autant plus intéressante si l’on prend du recul et qu’on la considère dans son ensemble. L’ambiance qui s’en dégage est particulière. La pièce n’est que peu éclairée. Et ce jeu de lumière et de pénombre fait que l’on est attiré vers les objets, là encore, on est invité à voyager parmi l’univers du groupe EZ3kiel. C’est aussi cette ambiance feutrée qui créé un sentiment presque de protection, on se sent comme en dehors du temps, dans un autre monde. Je pense que l’ordre et la manière dont sont disposés les objets n’est pas négligeable et a son importance, au delà des limites techniques. Par exemple, on remarque qu’il y a une transition des objet plus musicaux vers les objets visuels puis un retour au sonore avec le piano en dernier lieu. Les objets nous paraissent plus simples et plus intuitifs d’utilisation à la fin qu’au début de l’exposition. Ce phénomène peut peut-être s’expliquer par le fait qu’en plus d’être plus commun (un vélo, un piano…),  le spectateur a certainement moins d’appréhensions et  a dépassé le premier effet de surprise qu’il avait au départ en commençant l’exposition. Il s’est approprier le lieu, l’atmosphère, les objets et se sent plus à l’aise dans cet environnement.

On remarque également que l’exposition est agrémentée par des tableaux peints, représentatifs eux aussi de l’univers de l’exposition et qui contribuent en partie à créer l’atmosphère particulière qui se dégage de l’exposition. Pour conclure, je dirais que cette exposition interactive provoque chez le spectateur une sorte d’émerveillement assez naïf qui me semble bien résumer les sentiments et l’univers. Ce genre d’exposition est originale et présente un intérêt particulier car les visiteurs ne sont pas seulement spectateurs mais aussi et avant tout acteurs de l’exposition.

Sources

Pour cet article, je me suis en partie documentée sur le site d’EZ3kiel, qui explique la création du groupe, mais également le projet lié à l’exposition : http://www.ez3kiel.com/

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