Yves Klein : Sa vie, ses oeuvres, le nouveau réalisme …

Yves Klein est un artiste peintre du 20ème siècle connu pour ces nombreux monochromes et son pigment bleu IKB. Il a consacré une bonne partie de sa vie au judo et a beaucoup voyagé.

  • Sa vie

Il est né en 1928 à Nice, fils de parents peintres. En 1947, il rejoint un club de judo à Nice, et y rencontrent deux de ses futurs meilleurs amis : Claude Pascal et Arman Fernadez. Pour ces trois hommes, le judo aspire d’une certaine manière à l’aventure, au voyage de la spiritualité procurée par le judo lui-même. C’est en 1949, à Londres,  qu’il commence à réaliser ses premiers monochromes sur du papier et du carton en utilisant le pastel et la gouache. En 1951, il séjourne à Madrid pour  étudier l’espagnol et devient moniteur de judo.

En 1952, il part pour Tokyo afin de pratiquer le judo à l’institut Kodokan qui est le plus prestigieux centre de judo du Japon. Il obtient le 4ème dan de judo et accède ainsi au meilleur niveau européen. Durant son escale à Tokyo, il prépara son livre intitulé « Les fondements du judo » qu’il fera publier en 1954, dès son retour en France à Paris. Malgré cela, la publication de son livre ne lui permis pas de diriger la Fédération Française du Judo. Il décida alors de retourner à Madrid pour se concentrer sur ses monochrome et y faire publier ses  premiers recueils de monochromes grâce à Fernando Franco, une connaissance de son père. En 1955, Klein propose un monochrome orange intitulé Expression de l’univers de la couleur mine orange au Salon des Réalités Nouvelles qui est réservé aux artistes abstraits

 

Cependant, ce dernier est refusé par le jury pour les raisons suivantes :  « Vous comprenez, ce n’est pas vraiment suffisant tout de même ; alors si Yves acceptait au moins d’ajouter une petite ligne, ou un point, ou même simplement une tache d’une autre couleur, nous pourrions l’accrocher, mais une seule couleur unie, non, non, vraiment ce n’est pas assez, c’est impossible ». Klein persévère, et expose la même année des monochromes de différentes couleurs au Club des Solitaires. Pour lui, à travers ses monochromes,  il cherche à individualiser la couleur, car il en est venu à penser qu’il y a un monde vivant de chaque couleur et qu’il souhaite exprimer ces mondes.

C’est en 1957 que démarre l’époque bleue, où Yves Klein a mis au point son fameux pigment bleu, le IKB (International Klein Bleu), il peint également beaucoup de monochromes bleus, réalise aussi des scultures-éponges bleues… selon lui, le bleu est une couleur dénuée d’idée. Durant cette époque, Klein expose énormément : à Milan, à Paris, à Londres…En 1960, il expose ses Anthropométries de l’Epoque Bleue à la Galerie Internationale des Contemporains.Pour finir avec ces quelques éléments de la biographie de notre peintre, ce dernier s’est marié et décéda la même année (le 6 juin) en laissant sa femme Rotraut Uecker enceinte.

  • Ses Oeuvres

Selon Klein, la beauté existe déjà, à l’état invisible. De ce fait, il ne se considère jamais comme l’auteur d’une oeuvre. L’oeuvre d’art n’est qu’une trace de la communication de l’artiste avec le monde. Selon lui, l’artiste est un personnage public.

  1. bleuXLLes monochromes : il change seulement le format et il cherche à ne rien n’introduire dans la peinture quelque chose qui lui est extérieur pour éviter qu’une interprétation d’une forme par exemple soit possible. Il estime que la couleur, à la différence d’une ligne par exemple, est capable de créer une 4ème voire même une 5ème dimension. Au sein de cet exposé, nous avons choisi de nous réduire aux monochromes de l’époque bleue, mais notez bien qu’avant de se concentrer sur le bleu, il a créé des monochromes en feuille d’or et de toutes les couleurs ou presque. Le bleu est choisi par Klein car c’est la plus abstraite des couleurs et elle joue le rôle de l’air ou du vide qui est la source de la force de l’esprit et de l’imagination. Il explique ainsi :  «Le bleu n’a pas de dimension, il est hors dimension». Il rappelle seulement la mer et le ciel, et n’amène aucune association d’idées concrètes d’une manière psychologique. Entre 1955 et 1962, il réalise 194 monochromes qui ne varient que par le support, le format ou les textures utilisés. Puis il en réalise 15 spécifiques puisque leurs dimensions sont symboliques (2m x 1,50m) pour être à peine plus hauts que les spectateurs et d’une largeur inférieur à l’envergure d’un bras. Il y a donc ici un lien intime entre la peinture et le corps, la chair qui sera repris lors des anthropométries notamment. Les monochromes des années 1950 montrent sa sensibilité à l’état pur des choses.
  2. anthropometrieL’anthropométrie : C’est un terme inventé par Pierre Restany, Klein appelait cela «la technique des pinceaux vivants». Ce sont des performances réalisées en public la plupart du temps avec des modèles donc les corps sont enduis de peinture. Il ne touche jamais ses modèles pour travailler réellement avec eux et non pas les faire travailler pour lui. L’artiste se met donc en retrait et met en avant un artiste libéré de toute technologie et commercialité. Il propose un retour à la figure dans un espace pictural où l’illusion de la troisième dimension disparaît au profit d’une peinture première. Les anthropométrie permettent de révéler le beau à partir d’une captation du monde. Mais la mise en scène est tout aussi importante que le résultat final puisque Yves Klein voulait faire advenir dans un moment, par la surprise et la provocation, une sensibilité nouvelle et inconnue du spectateur. Ainsi une musique accompagne la création de ces oeuvres : La Symphonie Monoton (20 minutes d’un son continu et ininterrompu puis 20 minutes de silence). Il souhaite que les mains n’apparaissent jamais afin de ne pas donner une connotation humaniste. Il pense en effet que c’est la masse de chair qui est essentielle, donc le tronc et les cuisses. «C’est là où se trouve l’univers réel caché par l’univers de la perception».
  3. 83184312_pL’exposition du vide : Il vide entièrement une galerie parisienne et peint tous les murs et les rideaux en blanc. A l’extérieur, les fenêtres et les volets sont peint en bleu Klein. L’intérieur est illuminé par des lumières bleutées donnant l’impression que le bleu de l’extérieur contamine peu à peu les pièces. Yves Klein choisit de ne rien exposer de visible. Le public va répondre présent en masse mais cette exposition ne va pas faire l’unanimité au sein des personnes du métier. En effet, certains artistes pensent que Yves Klein se moque des spectateurs à qui il n’offre finalement rien à voir. Cependant, cette exposition inspirera de nombreux artistes. En réponse à cette exposition du vide, Arman mettra en place, quelques années plus tard, l’exposition du plein. Puis, plus récemment, le concept sera repris par une galerie Parisienne qui offrit la possibilité à de jeunes artistes d’exposer eux aussi du vide.
  4. Fr-Klein-2GLes peintures de feu : Elles sont réalisées au centre d’essai de Gaz de France et faites à partir de la combustion de cartons suédois résistants par des flammes de plusieurs mètres de haut. Certaines zones du tableau étaient humidifiées pour créer des formes. Il expliquait ainsi que «La réalité invisible devient visible». Il décide d’utiliser les éléments de la nature pour manifester une sorte de force créatrice, avec une alliance entre l’élément naturel et le corps. Il est fasciné par le caractère très contradictoire du feu qui représente à la fois la vie et la mort, mais aussi le passé et le futur.
  5. leap-into-the-void-yves-kleinLe saut dans le vide : Il est important de savoir que Klein était persuadé de pouvoir voler. Il expliquait à sa femme que les moines bouddhistes étaient capables de léviter et qu’il en ferait autant. Il va donc réaliser plusieurs essais en octobre 1960 à Fontenay aux Roses. Les photographes Harry Shunk et John Kender seront choisis pour immortaliser cet instant. Klein s’approprie ainsi un élément qui l’a toujours fasciné : le vide ! Cependant, ce cliché est aujourd’hui très controversé. En effet, des étudiants en art ont réalisé un agrandissement de cette photographie et les techniques actuelles permettent de montrer qu’une ligne existe prouvant ainsi l’exsitance d’un raccord et donc d’un montage. A cette version s’oppose celle de Pierre Restany qui explique qu’il devait assister à la scène. Malheureusement il est arrivé en retard et, s’il n’a pas pu voir le fameux saut, il a cependant vu l’état pitoyable dans lequel était Yves Klein : jambe cassée, figure arrachée. Selon lui, il ne fait aucun doute que Klein a bel et bien sauté !

L’activité de l’artiste est donc gouvernée par une sorte de cosmologie assez proche des fondements du judo. C’est cette conception du monde qu’il va apporter à un mouvement appelé le Nouveau Réalisme. Il apporte sa contribution à l’évolution de l’art contemporain. 

  • Le Nouveau Réalisme

Le nouveau réalisme est un mouvement fondé en 1960 par Yves Klein et le critique d’art Pierre Restany lors d’une exposition collective d’un groupe d’artistes français et suisses à la galerie Apollinaire à Milan. C’est un mouvement contemporain au Pop Art Américain et prend position en faveur du retour à la réalité. Effectivement, son principe consiste à prendre des objets de la société or en faire des reliques et des symboles de la consommation. Il y a donc rupture avec l’abstraction de l’époque car les artistes utilisent des éléments issus de la vie quotidienne. Au cours de ce mouvement, nous pouvions constater qu’il y avait une certaine disparition du matériau noble : les nouveaux réalistes n’utilisaient plus le bronze mais des matériaux tels que la tôle, le ciment et des matériaux industriels. De plus, dans ce mouvement, ce qui faisait la valeur d’un artiste n’était plus son habileté manuelle.

Exemple d’une œuvre : Chopin’s Waterloo réalisée en 1962 par Arman Fernandez.

piano

Lors de l’exposition Musical Rage en Suisse en 1962, Arman détruit devant le public ce piano à queue. Selon lui la structure des objets détermine leur esthétique. En cassant, découpant où brûlant les objets, il leur donne une seconde vie. Cette œuvre fait partie de la série « colère ».

 Pour finir, nous voyons bien que Yves Klein était un artiste qui ne s’imposait aucune limite, sautant dans le vide, proposant son IKB pour colorer la mer et la bombe atomique, en enduisant des femmes avec sa peinture, exposant le vide et en vendant de l’immatériel ! Néanmoins, il fit toujours preuve de rigueur et de perfectionnisme dans son travail. Bien que critiqué, il a gardé sa ligne directrice jusqu’au dernier instant de sa vie.

 

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