L’impact de la révolution technologique sur l’évolution de la musique

Il est indéniable que notre société a connu une révolution technologique au cours de ce dernier siècle. Ces avancées ont non seulement changé nos modes de consommation mais également notre rapport à la musique que ce soit au niveau de sa composition ou de son écoute. Nous avons tout d’abord connus la reproductibilité de la musique avec son enregistrement sur des supports comme le vinyle, puis sa portabilité grâce au passage à des supports plus petit et portable comme le CD et enfin la disponibilité massive grâce à l’invention du format MP3. Ces évolutions qui sont maintenant considérées comme banales à nos yeux ont eu des conséquences sur la manière de penser, de composer et d’écouter la musique. Nous nous intéresserons ici à trois évolutions majeures qui sont le format MP3, les changements induits par la démocratisation internet et enfin l’évolution de l’identité visuelle des groupes.

Tout d’abord, nous allons nous intéresser au Mp3, qui est un format qui a permis de stocker de la musique dans un format très petit et donc de transporter des fichiers musicaux en grande quantité. Cette première révolution n’est pas sans compromis puisque le format MP3 est dit « à pertes », c’est-à-dire que certaines bandes de fréquences ont été supprimées et que l’auditeur n’a donc pas la même sensation quand il écoute une musique sur CD ou sur son lecteur MP3. C’est un premier problème puisque le fichier est ainsi plus pauvre que le fichier enregistré originalement. Cependant, ce format permet d’écouter plus de diversité puisqu’il permet d’accéder en permanence à tout fichier via un système de streaming ou par téléchargement sur Internet. Ce paradoxe est intéressant puisque d’un côté, ce format de fichier a permis de promouvoir de la diversité et que de l’autre côté, il a réduit notre perception auditive en lissant en quelque sorte le fichier musical.

Le second acteur de ce changement de perception auditive a été la démocratisation d’Internet qui a permis de partager tous ces fichiers MP3. Cet outil de communication a fait subir de véritables bouleversements dans la promotion de la musique puisque les ventes de CD, qui étaient jusque-là le moyen principal de rémunération de l’artiste, n’ont cessé de décliner au cours des dernières années. Les consommateurs de musique se tournent aujourd’hui de plus en plus vers le téléchargement illégal, le streaming et l’achat de musique par Internet. Ces phénomènes sont intéressants puisqu’ils induisent là encore, de l’écoute de musiques plus diverses qu’auparavant grâce à sa plus grande accessibilité qu’auparavant. Quant on ne pouvait accéder à aucun fichier gratuitement il y a seulement  20 ans, on peut aujourd’hui avoir à disposition des milliers de titres et naviguer plus facilement entre les chansons, les albums, les artistes ou encore les styles de musiques.

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Figure 1 : Exemple d’augmentation de l’accessibilité mais de l’appauvrissement du message

Le téléchargement, contrairement à sa réputation négative permet aux internautes d’écouter plus de choses en les rendant plus accessible et en cassant la barrière du prix d’une œuvre. De plus, une étude canadienne sur le téléchargement illégal a démontré qu’à l’heure actuelle, 80% des achats de logiciels étaient motivé par des pirates. En partant du principe que les deux phénomènes sont comparables et qu’un consommateur sera plus enclin à acheter un CD ou à télécharger légalement un titre s’il l’a d’abord écouté, on peut alors voir Internet comme un moyen formidable de promotion d’une œuvre et de sa reconnaissance. Enfin, les chiffres de ventes de musiques montrent une tendance intéressante puisque les ventes de singles tendent à se réduire quand les ventes d’albums augmentent. Cela change radicalement la manière de composer puisque les artistes ont alors intérêt à créer des albums cohérents plutôt que de composer simplement un titre fort. La cohérence globale d’une œuvre musicale est alors plus jugée dans un ensemble que représente un album qu’en individualité. Aujourd’hui, les artistes ont donc intérêts à trouver des moyens alternatifs de rémunération, cela passe en priorité par la représentation scénique, objet de la troisième révolution présentée.

La dernière révolution à laquelle nous nous intéresserons est l’évolution des représentations scéniques au cours des dernières années. Tout d’abord, il faut bien voir que nos possibilités de composition de la musique ont considérablement évoluées puisque l’on est passé d’une composition sur des instruments purement acoustiques au début du siècle à une possibilité de composer de la musique totalement numériquement.  Cette possibilité s’est également traduite par une évolution sur les styles de musique, avec la création et le développement des musiques électroniques entre autre. En parallèle de cette évolution technologique, une nouvelle réflexion sur la mise en scène de la musique plus visuelle s’est développée. Cette évolution n’est pas sans rappeler celle du cinéma qui est devenus parlant au début du siècle et qui s’appuie aujourd’hui sur un choix de musique afin d’immerger totalement le spectateur dans le film.

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Figure 2 : la harpe élecronique de Jean Michel Jarre

Deux approches peuvent être dégagées dans l’appui de l’image à la musique au sein de concert. Tout d’abord les groupes dont l’identité visuelle conditionne la musique, c’est le cas par exemple du groupe Gorillaz (voir fig 3) qui est un groupe totalement virtuel créé par un chanteur et un graphiste. L’idée de ce premier groupe a été de créer une histoire totalement virtuelle dont les textes des chansons sont basés sur l’histoire de quatre personnages inventés. Cela se traduit en concert par des vrais musiciens qui jouent en ombre chinoise pendant que les personnages virtuels créés font une représentation de leur musique sur une toile blanche. La seconde approche est de venir expliciter la musique créée par des effets, des images qui viennent, à postériori, immerger le spectateur dans l’univers de l’artiste. C’est le cas aujourd’hui de nombreux groupes, notamment de musique électroniques qui viennent ainsi apporter un peu plus de dynamisme à leurs prestations scéniques.  C’est le cas par exemple du groupe C2C (voir fig 4) dont les quatre membres du groupe ont chacun un écran dont un programme vient jouer des animations basées sur la musique jouée. C’est d’autant plus intéressant dans une formation de quatre DJ’s puisque l’on cerne ainsi mieux quel membre du groupe apporte quoi au sein du morceau. Les exemples de ce type de concert sont aujourd’hui de plus en plus nombreux et vous pourrez voir de nombreuses illustrations sur les photos présentées ci-dessous avec des groupes comme Birdy Nam Nam, Shaka Ponk, Etienne de Crécy, Lyre le temps …

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Figure 3 : Gorilla

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Figure 4 : C2C

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Figure 5 : Lyre le temps

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Figure 6 : Etienne de Crécy

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Figure 7: Shaka Ponk

En conclusion, nous pouvons voir que la musique à connue une véritable métamorphose durant ce siècle mais il faut également voir qu’elle a su garder une majorité de sa diversité. En effet, le format MP3 n’est pas à l’heure actuelle le seul format disponible, des CD sont toujours disponibles et les vinyles connaissent une seconde vie puisque de plus en plus de musiciens ressortent leurs albums sur ce format. Nos instruments acoustiques n’ont pas disparus non plus, la musique classique continue à être joué et à être développée. La diversité continue donc à exister et à être préservée, la seule véritable question qui mérite une réelle interrogation est la question de la perte de qualité induite par le MP3, puisque l’on vend à l’heure actuelle des musiques biaisées, qui ne reflètent pas en totalité la création de l’artiste. Les capacités de stockage et les débits des réseaux étant exponentiellement plus important qu’auparavant, on peut donc se poser la question de la pertinence de conserver un format à perte alors que l’on pourrait parfaitement partager et stocker de la musique sans aucune perte sans difficulté.

Sources /  Liens :

http://rmd.cite-musique.fr/observatoire/document/Chiffres_Cl%C3%A9s_T3_2010.pdf

http://rmd.cite-musique.fr/observatoire/document/Mnum_S111.pdf

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF13321

http://proxy.siteo.com.s3.amazonaws.com/disqueenfrance.siteo.com/file/musiqueetnumerique15112011_1.pdf

Cliquer pour accéder à piratage-web.pdf

http://www.irma.asso.fr/Comportement-du-consommateur-et

http://www.lepole.asso.fr/fichiers/file/LEPOLE_ENQUETEFLASH_oct09.pdf

http://www.irma.asso.fr/Les-consommateurs-de-musique-1ers

http://blog.filipeferreira.com/2007/06/piracy-is-good-enfin-traduit-en-franais.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gramophone

http://nsrnicek.googlepages.com/SimondonGilbert.OnTheModeOfExistence.pdf

Cliquer pour accéder à Vaucelle_OnSimondon99.pdf

youtube 17 février 2009 –  Bernard Stiegler

Psychoacoustique et perception auditive – Marie-Claire Botte

Cours d’IC07 : techniques et technologies du musical de Monsieur Gérald Guillon

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