Pulp Fiction

Pulp Fiction est un film réalisé par Quentin Tarantino et sorti en 1994. Il est à la fois un succès critique et commercial. Il remporte la palme d’or à Cannes en 1994 et est récompensé par l’Oscar du meilleur scénario l’année suivante. Si j’ai choisi de présenter Pulp Fiction, c’est qu’il s’agit de l’un de mes films préférés que j’ai découvert par hasard et auquel je ne m’attendais pas. C’est justement la caractéristique principale de Pulp Fiction : il est la où on ne l’attend pas.

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Pulp Fiction se caractérise par une structure narrative originale. L’intrigue principale est ainsi découpé en trois histoires qui sont présentées de façon non-chronologique. Chaque histoire semble détachée des autres et pourtant on finit par retrouver un lien entre elles. Les personnages ont un rôle plus ou moins importants selon l’histoire.

Ordre dans le film

1 – Le petit déjeuner (première partie)

2 – The Bonnie Situation (première partie)

3 – Vincent Vega and Marsellus Wallace’s Wife

4 – The Gold Watch

5 – The Bonnie Situation (deuxième partie)

6 – Le petit déjeuner (deuxième partie)

Ordre de l’intrigue

1 – Prélude de The Gold Watch (monologue du capitaine Koons)

2 – The Bonnie Situation

3 – Le petit déjeuner

4 – Vincent Vega and Marsellus Wallace’s Wife

5 – The Gold Watch

Ainsi résumé Pulp Fiction n’a que peu de sens et devient vite compliqué. Aussi je préfère vous laissez voir le film par vous même afin de mieux comprendre la suite de l’analyse.

La première raison qui a poussé Tarantino à utiliser ce découpage pour son film est qu’il voulait faire référence aux Pulp Magazins. Il s’agit de roman noir très populaire aux Etats Unis dans la première moitié du XXe siècle. Ces romans populaires et bon marché étaient imprimés sur du papier de mauvaise qualité et souvent assemblés dans le mauvais ordre. Ici Tarantino a voulu leur rendre hommage à la fois par le titre de son film et par le « mauvais » assemblage de son film dans lequel la fin de l’intrigue arrive avant la fin du film.

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Au delà de ce premier élément, Pulp Fiction va être un film qui est là où on ne l’attend pas. En effet si l’on regarde sa fiche on s’attend à trouver un film de série B. Les films de série B sont ceux qui possèdent un petit budget, des acteurs peu connus, des effets spéciaux ou des décors limités etc … Ils sont l’opposés du film de série A ou le « blockbuster ». Pulp Fiction semble s’inscrire dans cette lignée avec un budget de 8 millions de dollars et des acteurs inconnus ou totalement ringard pour l’époque (John Travolta par exemple). Et pourtant Tarantino va s’amuser à déconstruire tout les codes du film de série B au travers de Pulp Fiction.

Le premier d’entre eux est celui de l’intrigue et de l’action. Normalement primordial dans le film de série B afin d’accrocher le spectateur, ici Tarantino va le reléguer au second plan derrière ses personnages habituellement délaissés. On peut voir cela avec une intrigue qui n’est même pas présentée dans le bon ordre ou encore des scènes dépourvues d’action mais remplies de dialogues entre nos personnages. Le fait que Pulp Fiction ne soit pas la où il est attendu est annoncé des la scène d’introduction avec un long dialogue et même un monologue d’un des personnages dans lequel il nous dit  « t’arrives et personne t’attend ». L’action finale de la scène est carrément interrompue par le générique et ne sera pas prolongée après puisque l’on change totalement de scène.

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L’autre code que va renverser Tarantino c’est celui de l’atmosphère visuelle et sonore. Plutôt que de s’inscrire dans la mode de l’époque tel que le ferait le film de série B classique, Pulp Fiction utilise de vieux tubes disco et rock’n’roll comme bande son. De même avec l’apparence et le look des personnages totalement décalés.

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Enfin Tanrantino finit en renversant la conception manichéenne habituelle de la série B qui veut que les méchants ne fassent que des actes mauvais et les gentils des actes bons. Ici les personnages ne font quasiment que des actes répréhensibles. Ils tuent, volent, se droguent etc … Pourtant ils apparaissent comme bons aux spectateurs qui va s’attacher à eux car ils finissent tous par accomplir un acte qui apparaît comme juste.

Au final si on a un renversement des codes de la série B cela va être pour mieux lui rendre hommage et rendre hommage à un domaine plus vaste dans lequel elle s’insère à savoir la culture populaire, c’est à dire la culture du « tous les jours ». Tarantino va ainsi vouloir faire passer au travers de ce film un message : celui que la culture populaire n’est pas une sous culture par rapport à la culture classique. Elle est en réalité au même niveau et participe elle aussi à sa manière de la culture générale des personnes.

Pour démontrer cela, il va comme on l’a vu mettre en avant ses personnages. Mais au final ce qui va nous intéresser ce sont les dialogues. Des dialogues qui apparaissent comme banals puisqu’ils traitent de sujets de la vie quotidienne et de culture de la vie quotidienne. Par exemple quel est le nom d’un hamburger en Europe ? Mais au final ce qu’il faut voir derrière ces dialogues c’est la manière dont ils sont construits. Ainsi on se rend compte qu’en réalité les personnages de Pulp Fiction échangent leurs points de vues et remettent en question des concepts établis. C’est ce que l’on appelle de la philosophie. Sauf qu’ici elle ne concerne pas les sujets habituels de la culture classique mais des sujets de culture populaire. De cette façon Tarantino montre qu’avec cette culture populaire on peut tout de même s’exercer à l’art ultime de la culture classique. Preuve en est qu’elle n’a pas à être sous estimée.

Au delà de cela, Tarantino veut expliquer que la culture dépend du référentiel culturel dans lequel on se place. C’est à dire qu’une personne dont le référentiel est classique jugera qu’une personne n’ayant qu’une culture populaire est inculte ce qui n’est pourtant pas le cas si l’on se place dans un référentiel populaire. De même les références culturels ne sont pas les mêmes. Ainsi lorsque deux de nos personnages vont dans un restaurant où les serveurs sont des sosies des stars de cinéma des années 1950, l’un d’eux dit que ce lieux est « un vrai musée en moins poussiéreux ». Preuve que pour lui dans son référentiel culturel voila ce qu’est la culture. C’est à dire les stars qu’il voyait au cinéma quand il était enfant.

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Pour finir cette démonstration de l’importance de la culture populaire, Tarantino se sert de l’un des personnages principaux. Celui ci utilise une citation de la Bible (seule référence classique du film) avant d’exécuter un ennemi.

« La marche des vertueux est semée d’obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin surgir l’œuvre du Malin. Béni soit-il l’homme de bonne volonté qui, au nom de la charité, se fait le berger des faibles qu’il guide dans la vallée d’ombre, de la mort et des larmes, car il est le gardien de son frère et la providence des enfants égarés. J’abattrai alors le bras d’une terrible colère, d’une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui pourchassent et réduisent à néant les brebis de Dieu. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l’éternel quand sur toi s’abattra la vengeance du Tout-Puissant ! » Ezechiel 25 verset 17.

Il la sort ainsi totalement de son contexte. Il explique d’ailleurs à la fin du film qu’il ne la comprenais pas. Preuve en est que si une référence culturel n’est pas comprise, elle ne sert à rien car elle peut être utilisée à tort. Ici cette référence classique était utilisée car cela « en jette » selon ce personnage. On montre ainsi qu’on valorise toujours la culture classique mais qu’au final sans maîtrise elle ne sert pas. Et pourtant notre personnage va réussi à comprendre cette référence classique à la fin du film grâce aux nombreux échanges qu’il a pu avoir avec les autres personnages et aux nombreux débats sur des sujets populaire. Il a ainsi pu franchir un palier, un cap grâce à la culture populaire. Démonstration final que cette culture n’a pas à être négligée devant la culture classique.

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Pour finir cet article de Pulp Fiction, nous pouvons signaler que Tarantino s’appuie sur de nombreuses références dans son film. Sa démarche est d’ailleurs qualifiée de Post-moderniste. C’est à dire qu’il utilise des œuvres déjà existantes qu’il réinterprète  avec sa vision. On peut notamment citer des références à Jean Luc Godart et son film Bande à part ou encore au film Psychose d’Hitchcock. Aujourd’hui c’est l’effet inverse qui se produit puisque Pulp Fiction est lui même devenu une vrai référence dépassant le monde du cinéma et étant réutilisé, parodié et revu dans de nombreuses œuvres.

1 commentaire
  1. A propos des intrigues : Pulp Fiction en compte 10 et contrairement à ce qui est dit dans l’article plus haut, elles sont primordiales, accumulant les forts enjeux dramatiques : la mort, l’argent, l’amour, bref les classiques de la narration. Rien à voir avec l’esprit des « séries B » et leurs enjeux parfois dérisoires.

    Etude complète ici, sans impressionnisme, mais avec les moyens de la narratologie classique :

    http://fr.storyanddrama.com/analyse-pulp-fiction-quentin-tarantino/

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