Zao Wou-Ki—Sa vie et ses oeuvres

Zao Wou-Ki est l’un des plus illustres représentants de l’abstraction lyrique. A travers son œuvre, il réussit la synthèse entre les moyens techniques de son héritage extrême oriental, et l’ambition plastique et poétique de l’abstraction lyrique occidentale. Il est devenu un symbole culturel parce que son art allie un sentiment de l’espace et une puissance du geste que l’on tient pour caractéristiques de l’art chinois, à la peinture à l’huile.

Zao Wou-Ki est né le 1er février 1920 à Pékin. Sa famille est une très ancienne famille dont l’origine remonte au XIe siècle. Ses parents sont passionnés de littérature et peinture. Dans ce milieu familial, Zao Wou-Ki dessine et peint dès l’âge de dix ans. Apres une exposition personnelle à Shanghaï en 1947, Zao Wou-Ki part en France et il s’installe à Montparnasse et suit les cours de Othon Friesz. L’œuvre de Paul Klee vue à Berne en 1951 fait alors prendre à Zao Wou-Ki un tournant radical vers l’abstraction.

A partir du milieu des années 1950, Il travaille souvent de grands formats, parfois sous la forme de diptyques ou triptyques où formes et couleurs explosent. Les couleurs gagnent en éclat, les gestes en puissance, les tensions sont accentuées par l’affrontement entre des couleurs très intenses. La bidimensionnalité de l’abstraction est emportée dans un espace vaste et mouvant, océanique ou céleste. Les encres sont animées du même souffle. Sa rencontre avec Henri Michaux le pousse à renouer avec la technique de l’encre de Chine, développant des thèmes abstraits influencés par les rythmes de la peinture chinoise traditionnelle. L’encre lui permet de réinterpréter l’abstraction selon la conception chinoise du geste et de l’espace, comme auparavant l’huile, technique occidentale, l’avait déterminé à s’écarter de son éducation première. Dans les deux cas, les notions de rencontre et de passage sont centrales.

 

 

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« Femme dans la forêt », 1949, Huile sur toile, 100 x 81 cm

L’une de ses premières toiles en France, Femme dans la Forêt, est faite de tracés délicats cohabitant avec des halos de lumière. On peut trouver beaucoup de l’influences de l’art chinois traditionnel sur ce tableau. Les conceptions esthétiques chinoises, par exemple, la notion du vide et les formes vaporeuses, sont incarnées dans cette oeuvre. De plus, son cheminement peut permettre d’acquérir une certaine compréhension de peinture abstraite.

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« Vent », décembre, 1954, Huile sur toile, 195 x 96,5 cm

Vent, est la première véritable oeuvre abstraite de Zao Wou-Ki. Il essaye de représenter un objet abstrait, le vent, qui n’a pas de forme réelle ou précise. En fait, pour exprimer le sujet du tableau, il a fait quelques abstractions des comportement de certaines objets dans le vent. Le tableau évoque, par exemple, le bruissement des feuilles ou lu moutonnement de la surface de l’eau au passage de la brise. D’ailleurs, on peut aussi remarquer l’influence de rouleaux chinois sur le format et les couleurs de cette oeuvre.

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« 25.05.60 », mai 1960, Huile sur toile, 195 x 114 cm

Après le début de sa exploration sur peinture abstrait, le peintre cherche une représentation de l’abstraction d’une manière plus approfondie. Il n’existe plus de sujet précis, en revanche, il veut exprimer des émotions et de l’état psychologique complexe. Il aussi se perfectionne sur la technique. Il parlait de sa technique comme d’un « tumulte des couleurs et l’enchevêtrement des traces fortement appuyées comme barbouillées. »

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« Diptyque (10.03.83) », mars 1983, Huile sur toile, 200 x 325 cm

Zao Wou-Ki cherche aussi la représentation de l’essence de la nature. Il écrivait dans sa autobiographie : « Je recherchait la légèreté de l’espace, la fusion des couleurs, les masses qui s’affrontent comme mes angoisses et mes peurs. Le silence du blanc, la sérénité du bleu, le désespoir du violet et de l’orange… » Il cherche à voir l’espace, à représenter et reproduire ses étirements et ses contorsions.

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« Hommage à mon ami Jean-Paul Riopelle », Juin 2003, Huile sur toile, 195 x 420 cm.

En 2003, le peintre dédie son triptyque à son ami Jean-Paul Riopelle suite au décès de son ami. L’amitié entre les deux artistes s’étale sur de nombreuses années. Symbole de celle-ci, Riopelle offre un érable à Wou-Ki qui est planté sur le terrain de sa maison de campagne. La lumière tombant sur cet arbre inspire l’œuvre. L’artiste explore la technique chinoise de la peinture au pinceau pour créer des formes vaporeuses et fuyantes. Les couleurs sont vives sans être criardes. Ce travail formel est accompagné d’une exploration de l’abstraction. Les pleins répondent aux vides, créant des impressions de paysage, de lacs, d’arbres. Après avoir laissé vagabonder notre regard dans la toile, on se surprend à distinguer un motif, esquissé finement au pinceau. En regardant les gestes du pinceau, on peut éprouver l’évolution des émotions de l’artiste, on peut entendre que l’artiste nous raconte ses histoires émouvantes à propos de son ami. Les couleurs vives indiquent les moments heureux partagés avec son ami, à la fois, les couleurs foncées expriment la tristesse de l’artiste. Ce tableau est une abstraction d’un objet physique (l’érable), en même temps, une abstraction et une représentation des émotions.

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