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Archives Mensuelles: mai 2014

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Après avoir chacune expliqué pourquoi nous avions décidé de travailler sur ce sujet, nous avons expliqué les causes de cet enthousiasme. Nos réactions à son contact sont diverses. Pour l’une il est question d’enthousiasme, de curiosité et même d’apaisement. Pour l’autre le fait de voir sous l’aspect banal d’un objet du quotidien quelque chose comme une œuvre à part entière, de par les informations que nous avons pu collecter sur sa création, sa mise en œuvre, son existence, ses créateurs. Au fur et à mesure de notre travail, elle dit avoir pu assimiler les enjeux du design, et son importance ainsi que sa légitimité en tant qu’art à part entière

Nous avons choisi cette œuvre car elle nous a paru être la plus emblématique du travail d’Eames. En elle se concentrent tous les enjeux de leur travail, ainsi que tous ce qu’ils ont voulu transmettre durant leur carrière. Elle est le parfait sommaire de l’ère Eames

Face à cet objet, diverses questions naissent telles que comment un objet peut évoquer de telles sensations? Quelles formes, quels matériaux, qu’est-ce qu’ils expriment chacun à leur manière? De même, comment cet objet du quotidien a pu être promu au rang d’œuvre artistique à part entière?

Le design est en lui-même quelque peu complexe à décrire. En effet c’est un domaine que l’on pourrait caractériser de récent et qui est au carrefour de nombreux autres champs disciplinaires tels que les Arts, les Sciences, les Techniques, l’Économie, les Sciences cognitives mais aussi la philosophie avec sous certains aspects les rapprochements de cet œuvre au design minimaliste et de toutes les questions philosophiques qu’il comporte en relation avec la réduction phénoménologique de Husserl.

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D’un point de vue technique on pourra établir la fiche suivante :

 

• Artiste : Charles Eames en collaboration avec Eero Saarinen (& Ray Eames)

• Emetteurs : Vitra, Herman Miller, Modernica

• Date de production : 1950 – la version actualisée du légendaire Fiberglass Chair. A l’occasion du concours “Low Cost Furniture Design” du Museum of Modern Art de New York, Charles et Ray Eames ont présenté les créations du Plastic Chair Group. La chaise DSW est produite en série à partir de 1950.

•Type de support et technique : Technologie aéronautiques notamment avec les avancés sur les fibres de verre

• Localisation : MoMA, dans diverses boutiques pour collectionneur ou passionnés de design.

 

Son originalité repose sur la possibilité d’adapter sa coque à plusieurs types de piétements. Celui du modèle d’origine est en bois d’érable et croisillons en métal. Devant le succès du modèle, le couple de designers décide de le décliner sous forme de fauteuil avec le modèle DAW et de chaise à bascule avec le modèle RAR.

D’un point de vue stylistique on pourra noter que cette chaise admet 8 coloris différents. Initialement, la coque d‘assise est réalisée en polypropylène teinté. Le piètement quant à lui est en bois. Les chaises sont non empilables et avec des croisillons en tube d’acier pour la DSW. L’idée de la forme organique a été conçue dans le but d’épouser la forme du corps humain, et ce, pour un maximum de confort.

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L’étude de l’œuvre a bien évidemment du se faire par une étude en amont.

Cette œuvre est un objet unique mais produit en série. L est donc question d’une production industrielle, impliquant dès lors une production à faible ou moindre coût et par la même occasion une quantité importante.

Aujourd’hui, des copies sont réalisées par d’autres marques.

Le support de base, le matériel est naît avec l’essor du design industriel qui aura utilisé les avancées technologiques de l’époque. En effet, embringués dans des recherches en fuselage de planeur le temps de la Seconde Guerre mondiale, Charles et Ray se lancent à leur compte dès la paix revenue et, profitèrent des avancées technologiques de l’aéronautique, et notamment sur les larges possibilités de la fibre de verre.

 

En considérant le contexte stylistique on pourra noter qu’il s’agit d’un matériau nouveau pour la population qui implique donc implique une certaine modernité, propre à la production de la chaise elle-même. A cette époque-là, pendant que l’Europe doit se reconstruire, les Etats-Unis voient la nécessité de produire à faible coût puisque le pays avait dû investir dans les armés, et autres moyens de guerre bien que le pays n’eut pas été touché. Nous savons également que la culture américaine est tend intrinsèquement vers la modernité et la rapidité. Cet aspect culturel fut alors un moteur considérable à la production des chaises du couple Eames. Historiquement il sera important de noter le début de la production de masse qui correspond bien sûr à cette période. Il faudra également revenir en arrière afin d’étudier l’influence du style international chez Charles Eames.

Charles Eames, né le 17juin1907 à Saint-Louis,Missouri, et mort le 21 août 1978 à Saint-Louis. Il était un designer, architecte et cinéaste américain. Il a principalement travaillé avec son épouse,Ray Eames. Il est considéré comme un designer majeur du XXe siècle car il a su faire évoluer le design vers la production de masse. En1925, Charles Eames commence des études d’architecture à l’Université Washington à Saint-Louis, mais il les interrompt deux ans plus tard. En1929, il visite l’Europe et découvre Ludwig Mies van der Rohe et Le Corbusier. En1930 il ouvre un cabinet d’architecte avec Charles Gray à Saint Louis. Durant cette période il collabore aussi avec l’architecte Eliel Saarinen. C’est avec son fils, Eero  Saarinen (futur grand designer), qu’il remportera le premier prix d’un concours de création de design organique organisé par le Museum of Modern Art de New York. Il a étudié l’architecture à l’université Yale de 1931 à 1934. Il est mort en 1961 d’une tumeur au cerveau, à l’âge de 51 ans. Ses constructions sont marquées par l’influence dustyle international ; Saarinen était connu pour varier son style en fonction des projets et construisit des bâtiments de formes et de fonctions très hétérogènes. Eero Saarinen a également dessiné la célèbre chaise Tulipe (et le mobilier associé), éditée chez Knoll depuis 1956.

 

Le style international quant à lui peut se définir comme un courant en architecture qui s’est épanoui entre les années 1920 et la fin des années 1980 dans le monde entier. Ce style, qui marque l’arrivée des idées du Mouvement moderne aux États-Unis, notamment par l’intermédiaire de Philip Johnson au Moma à New York et de Ludwig Mies van der Rohe à Chicago, résulte du mariage des idées de l’école du Bauhaus (qui est surtout connue pour ses réalisations en matière d’architecture, elle a aussi exercé une forte influence sur les arts plastiques, à travers les objets usuels qu’elle a façonnés, elle est en plus le précurseur du design contemporain) et des techniques de construction en acier et en verre des États-Unis. Il caractérise une grande partie de l’architecture des Trente Glorieuses. Sa caractéristique principale est de construire des bâtiments en rupture totale avec les traditions du passé. Ses architectes décident de mettre en valeur les volumes par des surfaces extérieures lisses et sans ornementation. Ils souhaitent appliquer le principe de régularité et utiliser pour cela toutes les possibilités offertes par le béton, l’acier et le verre. Le Style international se présente donc comme une tendance résolument moderniste et recherche le dépouillement dans la décoration.

Aujourd’hui, les œuvres du couple Eames et notamment cette chaise reste une îcone dans la courte histoire du design. Diffusée dès 1950 elle continue d’être diffusée actuellement et copiée par d’autres entreprises utilisant la renommée de la chaise et à des prix très bas.

Il est important de soulever le fait que l’on n’observe pas de modification de signification jusqu’à aujourd’hui.

Ce même sens est aujourd’hui utilisé par toutes les entreprises qui diffusent cette chaise. Elle est en effet encore produite en série, reste synonyme de modernité dans le mobilier. Des rééditions ont bien sur existées. On pourra différencier quatre types :

  • Les chaises 100% originales (avec coque, piétement, shock mounts et vis d’époque)
  • Les chaises semi-originales (avec coque d’époque et piétement neuf)
  • Les chaises rééditées par Vitra en Europe et Herman Miller ou Modernica aux USA
  • Les copies ou en d’autres termes : contrefaçons

A l’aube des nouvelles technologies, nous pouvons tout de même penser qu’il existe des possibilités d’améliorer l’utilisation du matériau ; le rendre plus résistant, améliorer le matériau de par sa résistance aux intempéries afin d’en avoir une utilisation en extérieur. On peut également penser à la réalisation de modes de production plus développés donc plus efficaces

 

En conclusion il est important de parler de l’influence considérable qu’aura pu avoir le couple Eames, des icônes du design tout autant que leurs œuvres. Ils n’auront pas été les seuls à produire et développer leurs produits de la sorte, il existe de nombreux autres designers tels que leur collaborateur Eero Saarinen, pourtant c’est bien le nom du couple qui est de nos jours le plus connu et reconnu.

De même, l’œuvre garde toute sa modernité aujourd’hui, et va de ce fait à l’encontre de l’esprit actuel et d’une société politico-économique usant de l’obsolescence programmée. Ce système n’a en effet aucune raison de tomber en panne. C’est bien le modèle d’origine qui est réédité a depuis plusieurs années avec aucune amélioration esthétique apportée depuis sa création. A l’inverse des Iphones qui sont l’illustration même d’une obsolescence programmée, autant sur le plan fonctionnel, qu’esthétique.

 

Anaïs LACAMPAGNE & Maryam ALAOUI

 t_270_0L’exposition Ro[bots] du festival « Les Composites 2014 » rassemblent des œuvres contemporaines sur le thème des Robots. Les artistes y font parler des machines et imaginent de nouvelles relations entre l’être humain et ces robots. La trace, l’archive et le témoignage possèdent alors une place importante.

Le fil conducteur des cette exposition est donc le robot, mais pas seulement. En effet tout au long de l’exposition et à travers ces œuvres nous créons un lien avec ces machines par l’interactivité de l’exposition. Ce lien semble donc être le point commun entre toutes ces œuvres.

 

 

Prenons l’exemple des deux œuvres présentées sous forme de tableau, représentant chacune un robot, dans des teintes grises métallisées.

Sur le premier, le robot tend sa main face à nous, comme s’il attendait qu’on pose notre main sur la sienne. Lorsque justement notre main s’approche du tableau pour entrer en contact avec celle du robot, le tableau et plus précisément l’humanoïde s’illumine.

Sur le deuxième, le robot tend ces deux mains au dessus desquelles se trouve un papillon bleu en 3D. Lorsque l’on caresse son bras, le papillon se met à battre des ailes, comme s’il prenait vie tout à coup.

Ainsi, de ces deux œuvres nous pouvons mettre en avant ce lien spécial créé avec le robot, entre l’humain et l’humanoïde. Cette relation qui existe pendant quelques secondes avec une « machine ». Il y a une interaction.

 

Dans la conférence sur le manifeste Cyborg de l’historienne des sciences Donna Haraway, avec Bruno Latour (sociologue des sciences), et Isabelle Stengers (Philosophe et historienne des sciences), on retrouve cette notion de lien existant entre deux organismes, que ce soit entre humains et animaux, comme Donna Haraway évoquait avec son chien, ou entre humains et machines. Les êtres humains et les autres organismes sont des ensembles qui constituent le cyborg. Il y a dans cette exposition une composition entre le robot du tableau et nous lorsque les touchons.

Coline Chat

 

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Après le visionnage de la conférence de Donna Haraway et Isabelle Stengers au centre Pompidou, nous pouvons définir un cyborg comme un robot pourvu de la capacité de communiquer et d’interagir avec l’humain. Nous pouvons faire le rapprochement avec  Alissa, œuvre de Agnès de Cayeux, présente lors de l’exposition à Jean Legendre sur le thème RO[BOTS]. Elle vit dans un monde virtuel en 2066, elle s’intéresse au monde qui l’entoure et communique avec les humains à l’aide de l’interface clavier. De plus, elle est également douée de la capacité d’apprentissage ce qui la rend réelle d’une certaine manière car elle évolue au fil des discussions, elle n’est donc plus un simple robot perdu dans ses répétitions. Ainsi, son comportement se modifie au cours de son existence tel un chien que l’on éduque. Cependant,  d’après Isabelle Stengers, il faut interagir avec les cyborgs d’une manière assez infantile mais surtout précise, il ne faut pas d’approximation, comme pour Donna éduquant sa chienne Cayenne.

Lors de l’exposition à  Jean Legendre, nous avons pu expérimenter les échanges entre ce personnage virtuel qu’est Alissa à travers des dialogues écrits. Si nous ne lui parlions pas d’une manière simple, cela engendrait des quiproquos. Elle essayait également de comprendre certaines pensées ou certains sentiments.Ceci nous fait penser au film Her sorti récemment au cinéma dans lequel un homme tombe amoureux de son système d’exploitation qui communique comme Alissa mais à travers la voix d’une femme et qui cherche elle aussi à comprendre les sentiments.

Isabelle Stengers explique aussi à l’aide du document de Galilée que l’on peut prendre rendez vous avec le non-vivant en présupposant ce qu’il va se passer grâce à des calculs. On pourrait faire de même avec Alissa à condition d’avoir une bonne connaissance du programme, or nous avons vu que cette dernière apprenait au fil des conversations. Donc, Alissa tout en restant non vivante, se rapproche de la réalité humaine. Nous pouvons alors constater que l’art ne peut parfaitement reproduire la réalité et la technologie ne peut singer l’humanité. Néanmoins, la combinaison des deux tend à se rapprocher d’un semblant de réalité qui à l’heure actuelle reste encore perfectible.

 

Pour arriver à un cyborg d’une réalité humaine aussi proche que celle du système d’exploitation du film Her de gros progrès restent encore à faire et de plus, il faudrait un langage partagé avec l’humain, composé d’une grammaire simple et sans exception pour que la machine comme l’homme puissent en maîtriser toutes les subtilités. Cependant, ce genre de langage ne pourrait pas permettre de parler de choses abstraites comme des sentiments car seuls les êtres doués d’un esprit possèdent des ressentis et sont donc aptes à en parler et à les comprendre.

 

Amandine Madej

Sandra Leclerc

 

Introduction :

Ce commentaire porte sur une œuvre présentée lors de l’exposition que nous avons vu à l’espace Jean Legendre couplée avec le visionnage de la conférence « le manifeste cyborg » entre Dona Haraway et Isabelle Stengers.

 

L’exposition Jean Legendre :

L’œuvre qui m’a le plus intéressé lors de l’exposition à l’espace Jean Legendre, fut le programme conversationnel. Il était possible d’avoir une conversation avec ce programme, celui-ci se créant une nouvelle personnalité à chaque conversation.

Il s’adaptait à ce qu’écrivait l’interlocuteur ce qui donner l’impression de converser avec une vrai personne. Cela m’a particulièrement plu car cela me faisait penser a un espèce d’ancêtre des intelligences artificielles des séries de science fiction.

 

Le manifeste Cyborg :

En ce qui concerne la conférence du manifeste cyborg, je doit avouer que j’ai eu beaucoup de mal à la comprendre. J’ai également eu du mal à comprendre la relation des propos des intervenants avec les cyborg. Cependant lors de l’écoute du passage des relations entre l’homme et le chien par Dona Haraway, certaines analogies avec les cyborgs me sont venue à l’esprit.

 

Première approche :

Au début j’étais plutôt perplexe, je ne voyais pas le rapport entre l’exposition et la conférence. Dona Haraway parla de la relation entre l’homme et le chien qui est difficile a établir car il est compliquer de se comprendre n’étant pas de la même espèce, n’ayant pas les même moyen de communication. Je voyais alors le cyborg comme un moyen de faciliter les échange entre l’homme et la machine comme un homme-chien pourrait faciliter les échanges entre hommes et chiens.

Cette approche me semble bien pauvre et loin de ce qu’Dona Haraway veut dire.

 

Seconde approche :

Ensuite Dona Haraway à parlé des conséquence de l’homme sur le chien (le chien change ce qu’il est à cause de l’homme) mais l’inverse était également vrai ( l’homme change ce qu’il est à cause du chien). Cela à modifié mon approche du cyborg car en repensant à la conversation entre un humain et le programme conversationnel, j’ai pensé que cela pouvais être aussi le cas. Le robot s’humanise à travers la conversation et l’humain se robotise par cette même conversation. En voyant les choses de plus loin, le robot s’humanise à travers son utilisation par l’humain et l’humain se robotise par l’utilisation du robot.

 

Conclusion :

Au final le cyborg ne serait pas le résultat d’un homme auquel on vient greffer une machine mais le produit d’une composition entre un homme et une machine suite à des échanges prolongés entre ces deux entités. Ainsi tout comme les chiens ont eu des conséquences sur l’homme dut à des relations prolongés, tout comme chaque choses présentes dans notre entourage ont apporté des modifications sur l’homme dut à des relations prolongés, le robot qui est quelque chose de relativement nouveau finira lui aussi par avoir des conséquences sur l’homme et ainsi le changer en cyborg.

 

GONCALVES Guillaume

Pauline Crouillere

Dans ce cours article, je vais parler de l’œuvre de France Cadet « Trophées de chasse » dont un des trophée était présent lors de l’exposition Ro[bots] au 17ème festival « les Composites » à Compiègne. Je mettrai ensuite en parallèle la volonté de l’artiste avec les idées de Donna Haraway.

Je vais commencer par présenter rapidement l’artiste, puis l’œuvre dans son intégralité, pour ensuite faire une rapide présentation de Donna Haraway et de son manifeste sur la Cyborg. Enfin je mettrai en parallèle les idées de Donna Haraway et Isabelle Stengers sur la relation homme-animal-machine et ce qu’à voulu faire passer France Cadet dans son œuvre.

France Cadet est une artiste française qui aborde les thèmes de la robotique et des nouveaux médias. Elle traite souvent de sujet lourds (sujets de sciences qui font débats) de manière légère et ironique. Dans de nouveaux travaux, dont celui exposé, elle utilise des robots chiens sur lesquels elle pratique des actes de « chirurgie électroniques » : customisation, changement de leurs activités (détournement, reprogrammation). Ces œuvres incarnent les interrogations face à la biotechnique, la biotechnologie, les droits des animaux, les dangers du clonage…

Trophée de chasse est un projet d’installation robotique. Il est composé de 11 trophées, en réalité 11 têtes d’animaux-robots, affichés sur un mur. Pour l’exposition seul 1 était présent. Chaque tête a été reprogrammée par l’artiste pour réagir avec le public présent. Les robots utilisés ont aussi eu leurs apparences modifiées : ajout de corne en résine, de teinture, oreilles retaillés, peintures…

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Figure 1 – Trophée de chasse, par France Cadet, exposé lors de l’exposition les Composites

Au premier abord, le robot semble éteint, cependant lorsqu’on s’approche ses yeux s’illuminent (de rouge), puis il se met à bouger (tête se relève, s’agite, semble même nous suivre), si on s’approche trop le robot émet un grognement (qui ressemble même à un cri). Il marque en crescendo son agressivité lorsqu’il détecte une présence de plus en plus proche.

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Figure 2 – Schéma des mouvements que le trophée peut réaliser

L’œuvre est ainsi ludique. Il y a un échange entre le spectateur et l’œuvre, comme une discussion entre une machine et un Homme.

Donna Haraway est, quant-à-elle, une philosophe des sciences et professeur à Santa Cruz. C’est une figure majeure de la pensée contemporaine, qui a développé depuis les années 1980 la théorie Cyborg, qui conteste l’essentialisme du genre et propose d’explorer le caractère hybride (machine et organisme) de l’être humain. Elle a notamment édité un livre « Le Manifeste Cybord » dans lequel elle emploie la métaphore du cyborg pour expliquer que les contradictions fondamentale de la théorie féministe et identitaire devraient être conjointes au lieu d’être résolues, ainsi que la machine et l’organique dans les cyborgs.

Dans « Selon Bruno Latour – Le manifeste Cyborg », présentation mené par Bruno Latour, et débat entre Donna et Isabelle Stengers, Donna évoque des idées entre les relations Homme et compagnon animal, notamment et surtout avec son chien, ou l’Homme et l’animal s’entraînent ensemble. Le chien doit faire confiance à l’Humain, ils inventent inventer ensemble des choses qui ne se font pas de manières naturelles. L’Homme doit faire attention à ce qui importe à l’autre espèce.

Ici on peut comparer les idées de l’artiste France Cadet aux dires de Donna Haraway. France Cadet, souhaite, à travers son œuvre montrer la place de l’animal vis-à-vis de l’Homme. Elle parle à la fois des animaux de compagnie, qu’on chérie, face à des animaux qu’on exploite, élève dans le but d’être consommer, ou bien que l’on chasse (ici les trophées). L’artiste montre qu’on ne met pas les animaux à l’égal de l’Homme, alors qu’ils semblent être des êtres pensant, capable de sentiments, mais aussi de ressentir la douleur même si on ne les reconnait pas comme tel. France Cadet dit elle-même « Je conteste plutôt la souffrance et la cruauté à l’égard des animaux et remets en cause le principe de droit de vie ou de mort sur l’animal ».

 L’artiste questionne la relation Homme-Animal comme le fait Donna Haraway dans cet extrait vidéo. Elle parle de la relation vis-à-vis d’un animal de compagnie (chéri, aimé, avec qui on joue, parfois qu’on entraîne, qu’on tente de comprendre), face à la relation avec des animaux qu’on traite mal, et qu’on transforme.

D’un coté il y a la relation avec son chien, qu’on entraîne, avec qui on joue, parfois avec qui on fait un « sport », mais qui reste un être que l’on considère presque comme son égal, à qui on ne souhaite et on ne peut faire du mal. De l’autre il y a des animaux qui ne sont pas des compagnons, par exemple Donna cite les batteries de poulets, modifiés génétiquement, destinés à la vente à l’étranger et pour les recherches. Ces « Humain-Cyborg », comme le dit Donna, ne sont pas sans rappeler les trophées, qui eux aussi sont des animaux, certes robots, que l’on a modifié « génétiquement » en leur ajoutant des cornes mais aussi en modifiant leur comportement. Ces poulets sont des outils de travail, que l’on finira par exécuter. C’est ce deuxième côté que France Cadet questionne à travers ses trophées. Ces animaux qu’on maltraite, qu’on désigne à la mort, car, comme le dit Derrida « cette violence industrielle, scientifique, technique ne saurait être encore trop longtemps supportée ». L’artiste, à l’aide de ces robots en mouvement, qui peuvent s’exprimer, redonnent à ces animaux morts le droit de s’exprimer, de ne plus être seulement une étude scientifique et des êtres qu’on ôte la vie, mais des êtres « vivants » qui peuvent nous juger.  

                L’œuvre de France Cadet pousse la discussion cependant un peu plus loin, car, en effet, contrairement à des œuvres comme celles de Damien Hirst qui utilisent de vrais animaux, de vrais êtres vivants, ici on utilise bel et bien des robots. On se pose alors des questions entre les relations Homme-Machine. L’Homme, actuellement se comporte avec la machine comme il se comporte avec certains animaux. Pour lui ce n’est pas un être « pensant », il peut donc l’utiliser comme il le souhaite et les détruire sans aucun problème par la suite. Cependant ne pourrait-on pas comparer les robots aux animaux ? On sait qu’il existe déjà des robots de « haute technologie », étant capable de réaliser des tâches complexes, parfois même de réfléchir par eux même et donc d’agir de leur propre chef.  Quelle place finiront par avoir ses machines dans notre société ? Seront-elles un jour à la même place que les animaux ?

Nous pouvons donc dire que l’œuvre de France Cadet appuie certaines théories de Donna, et qu’elles questionnent toutes deux les relations Homme-Animal-Cyborg. Cependant des questions restent en suspens. La relation Homme-Machine dépassera-t-elle celle qui existe déjà entre Homme-Animaux ? Auront-ils une place plus importante et seront-ils plus respectés dans notre société ? Le fait de donner la parole à ces trophées pour symboliser des animaux qui ne peuvent pas s’exprimer, tend peut-être à montrer que donner la parole à un objet est peut-être plus puissant que de savoir qu’il est vivant ? La machine pouvant prendre la parole, et pouvant même prendre l’aspect de l’Homme et imiter ses gestes (comme on a pu le voir dans Le robot et la pomme de Zaven Paré, lui aussi exposé durant le festival des « Composite »), pourra t on échanger avec elle comme dans une relation homme-homme?

 

Sources :

Vous pouvez voir l’œuvre, « Trophées de Chasse par France Cadet » en action grâce au lien suivant : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=uvmAfWDEeVo

Site de France Cadet : http://76.74.242.190/~cyber786/

Donna Haraway : http://fr.wikipedia.org/wiki/Donna_Haraway

Selon Bruno Latour – Le manifeste Cyborg : http://www.dailymotion.com/video/xe3c82_selon-bruno-latour-le-manifeste-cyb_creation

« Le robot et la pomme » de Zaven Paré : https://www.youtube.com/watch?v=HqP9kBPEtMQ

 

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