Compte-rendu AR03, Alyssa

Ce compte-rendu porte sur la mise en relation du visionnage de la conférence au centre Georges Pompidou à Paris, animé par Bruno Latour accueillant Dona Haraway ainsi qu’Isabelle Stengers avec l’exposition sur les robots présentée à l’espace Jean Legendre à Compiègne auquel nous avons assisté. Avant de débuter je souhaiterais exposer une petite remarque. A la suite du visionnage de la conférence, bien qu’intéressante mais aussi extrêmement riche en informations et connaissances, il ne m’a paru de voir un lien direct avec l’exposition. En effet, une partie non contestable de la conférence était notamment dédiée au langage et à la communication entre deux être humain (notamment Donna Haraway et sa chienne Cayenne), ou encore des expériences réalisée à l’aide de capteur posés sur les têtes de divers animaux comme le premier singe étant allé dans l’espace ou des rats lors d’expériences diverses en laboratoire. Ainsi ce lien de communication entre être vivants et surtout de langage et de compréhension entre deux êtres d’espèce différente ne m’a pas paru en lien direct avec la conférence.

C’est par l’intervention d’Isabelle Stengers que j’ai commencé à faire un lien. Une photographie montrant ce qui s’avère être des gribouillages réalisés par Galilée ainsi que les éléments présentés par la suite par Isabelle Stengers m’ont parus être en relation intéressante avec Alyssa, un programme conversationnel réalisé par l’artiste Agnès de Cayeux. Il est question avec ce brouillon de Galilée qui ne se veut pas être une théorie de la connaissance, mais des suppositions comme le précise Isabelle Stengers par la traduction de l’italien de « cela devrait ». Il est précisé que c’est la première fois qu’un humain au nom de la science prépare un rendez-vous avec un être non pensant, en tant qu’il ne pense pas, de par son comportement et témoigner de manière fiable d’une prédiction (et ce, contre tout discours méthodologique.) Cette prédiction m’a paru être en relation avec les conversations que les gens peuvent avoir avec Alyssa. En effet c’est un être non pensant, c’est un programme, qui selon les questions posées répond de façon cohérente et parfois pas. Alyssa vit en 2066, a lu divers roman dont «les Hétérotopies» de Foucault ou des « 65 rêves de Kafka »de Guattari. Pour autant, Alyssa étant un être non pensant, elle se base sur les questions ou remarques faites par l’émetteur pour en répondre quelque chose et dans l’instant. La réponse d’Alyssa est donc anticipée, programmée. Son autour précise par ailleurs qu’Alyssa est réelle et ce dernier aspect m’a semblé troublant.

Me sentant quelque peu démunie et cette conférence me semblant complexe à aborder je me suis donc permis de réaliser quelques recherches en amont. C’est ainsi que j’ai pu établir un lien plus concret avec l’exposition vu à l’Espace Jean Legendre et les propos de Dona Haraway avec son manifeste cyborg.

 

L’idée du cyborg est née des avancées technologiques établies durant la guerre froide. Dans une atmosphère de guerre des étoiles, marquée par une rhétorique anticommuniste féroce et l’anxiété quasi permanente de l’holocauste nucléaire. Cette atmosphère est alimentée par l’univers de la science-fiction (par des romans et des films) et travaille donc dans un contexte de contrôle militaire, et met en avant la métamorphose des robots et ordinateurs en cyborg.

L’idée du cyborg, union de la technique et de l’organique n’aurait pu être formulée sans la création d’une nouvelle façon de « décoder » le monde : la cybernétique.

La remise en contexte historique du cyborg n’est pas sans cause. Suite à l’usage de cette figure dans les récits de Science-Fiction,  elle est vite devenue synonyme de robot dans l’esprit du grand public. Ainsi, dans la notion de cyborg actuelle, il n’est plus question d’un simple échange entre l’homme et la machine mais plutôt d’une hybridation, de mélange entre humain et robot. C’est à travers cette image d’Alyssa, un robot présentée sous forme d’avatar que le lien prend sens. En effet, ce qui est nouveau, dans cette vision, c’est la référence au cyborg, précisément. Il y a dissolution de l’opposition entre l’organique et le machinique.

 

Suite à ces précisions, c’est par un heureux hasard que suivant quotidiennement l’émission « Philosophie » présentée sur ARTE par Raphael Enthoven, le dimanche 4 mai dernier avait pour sujet le Cyborg avec pour inviter Jean-Michel Besnier.

http://www.arte.tv/fr/cyborg-jean-michel-besnier-est-l-invite-de-raphael-enthoven-dans-philosophie/2235124,CmC=7849734.html

Ce dernier présentait le cyborg dans un premier temps comme un dualisme, un esprit et un corps. L’idée étant de préserver ce qui est impliqué dans du périssable, dans du corps, et visant à se débarrasser de l’organique, de même le cyborg serait une captation de l’humanité par l’intelligence. Il fut aussi sujet de parler de l’intelligence comme le produit de la rencontre avec des stimuli ici et maintenant, à savoir le hinc et nunc que nous retrouvons et avions déjà abordé précédemment dans le cours. L’humain aurait une conscience de sa fragilité quand le cyborg serait le rêve d’une invulnérabilité, dont le dessein serait de s’arracher au déterminisme. Il constitue en effet le produit d’une fabrication en tant qu’être programmé. Raphaël Enthoven rajoutait justement que le cyborg serait une structure inaltérée par les contingences de la vie.

Jean-Michel Besnier continuait en disant que le cyborg est un être absolument, il n’a de compte à rendre à personne ni au monde, cette aspect est bien ce que l’on retrouve à travers Alyssa. Le cyborg serait une forme d’immortalité, une possibilité de penser sans être, et la possibilité de transvaser un corps dans un autre. Cette idée va elle-même à l’encontre de la pensée Cartésienne qui associe la pensée à l’identité, qui est donc remise en cause par les hautes technologies. A travers ces propos on retrouvait une représentation de la computation, cette théorie fonctionnaliste déjà abordée dans différentes UVs de sciences cognitives à l’UTC comme SC11 (définissant les thèses de la computation et celle de l’énaction) ou SC21 (Linguistique et philosophie du langage). La computation reposant en partie sur le fait d’enlever toute différence entre le cerveau et la conscience et à considérer cette dernière comme un câblage qui ferait émerger quelque chose d’inédit.

Le lien final établit finalement entre la conférence dans laquelle est intervenue Dona Haraway au sujet de son manifeste cyborg, l’exposition sur les robots vue à l’espace Jean Legendre avec la découverte d’Alyssa et finalement les diverses recherches jointes à l’émission d’Arte, m’ont permis de faire le lien avec des connaissances déjà abordées à l’UTC et d’aborder de manière globale ces théories ô combien intéressantes. En effet, les questions qui nous viennent dès lors à l’esprit sont bien évidemment si le cyborg est capable de penser ? De même, peut-on doter les robots androïdes d’émotions ainsi que pouvons-nous, éprouver des émotions envers ces derniers ?

Anaïs Lacampagne

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