« I’d rather be a Cyborg than a goddess »

Après avoir visionné la conférence animé par Bruno LATOUR avec Donna HARAWAY et Isabelle STENGERS portant principalement sur le manifeste du cyborg, puis assisté à l’exposition Robots à l’espace jean legendre, nous avons pu tirer beaucoup d’informations quand aux cyborgs et leur place dans notre monde aujourd’hui. Nous allons tenter d’expliciter à travers ce commentaire quelles ont été les connaissances apportées.

Les cyborgs sont des organismes vivants aux capacités modifiées par des dispositifs cybernétiques. Le terme cybernétique vient directement des réseaux informatiques. En effet on peut imaginer le scénario futuriste suivant : les hommes n’auront plus besoin de passer par des interfaces primitives comme des souris et des claviers grâce à des puces directement implantées dans leur cerveau. Peu à peu l’homme remplace son corps par des organes interchangeables et plus solides. L’homme évolué a modifié ses gènes en fusionnant avec la nature.

En d’autres termes, ce sont des êtres humains améliorés par la technique.  Après un accident grave, la perte d’un membre ou d’un sens, il peut arriver qu’on leur remplace cette perte par un membre ou un organe robotique. Bien évidemment, le film Robocop sorti en 1987 permet de mettre en exergue le fait de pouvoir obtenir un homme amélioré, un surhomme grâce à la technique.  En effet c’est l’histoire d’un policier qui après avoir subi un grave accident  reçoit des équipements qui font de lui un superflic.

A travers les cyborgs qu’elle qualifie d’ « organisme cybernétique, hybride de machine et de vivant » Donna HARAWAY veut donner la chance aux hommes mais surtout aux femmes de « sortir de la vieillerie humaine sexuée et enracinée dans le genre » à travers son manifeste cyborg (1991). En effet Mme HARRAWAY s’identifie à la pensée féministe post moderne en s’appuyant sur la métaphore du cyborg pour expliquer que les choses qui semblent naturelles comme le corps humain ne le sont pas forcément. Elles sont construites par notre réalité que l’on projette sur elles. Le lien avec le mouvement féministe est fait car le corps est au cœur de ce mouvement dans les années 70. Par exemple, en France le mouvement de libération des femmes (MLF) fait de la libre disposition des corps un de ses arguments premiers et s’engage dans la lutte pour une sexualité libérée de la procréation en militant pour l’accès aux moyens anticonceptionnels et la légalisation de l’avortement.

Mme HARRAWAY insiste sur le fait que le corps de la femme doit être dénaturalisé et oublié en tant qu’objet biologique. C’est pour cela que la figure du cyborg se situe au delà des corps mais aussi de la régulation hétérosexuelle de la reproduction.

Socialiste, le Manifeste permet de diagnostiquer le capitalisme de la fin du siècle. Elle parle de l’essor d’un nouveau capitalisme marqué par l’économie du travail à la maison,l’apparition d’un nouveau prolétariat , l’essor des nouvelles technologies qui vont de pair avec des nouvelles règles d’exploitation .

Enfin ce qu’on a pu tirer de la conférence de Mme Haraway est sa revendication de l’hybride dans la nature. Son œuvre consiste à manifester la multiplicité et la prolifération de ces êtres hybrides tels que oncomouse, souris de laboratoire, génétiquement modifiée. Tenter de décrire et de qualifier ces créatures c’est aussi caractériser les liens sociaux et les connexions politiques qu’elles entretiennent.

L’exposition ROBOTS à laquelle nous avons pu assister dans l’espace JEAN LEGENDRE permet de montrer comment ces machines parlantes, codées informatiquement interviennent dans les échanges et savoir humains.

 

Image

Cette image présente lors de l’exposition montre l’interaction entre un robot et un papillon. Le robot présenté possède un corps  et des traits féminins. Ils semblent interagir dans le même espace temps et comme le souligne le texte « des robots acteurs. Le théâtre au service de la robotique »tiré de Transhumanités  afin de pouvoir envisager la communication entre des humains (ici des êtres vivants dans le sens général) , il faut prendre en considération qu’ils interagissent dans un même espace. Le lien entre l’agent artificiel et le robot s’effectue sur la base de l’empathie. Ainsi on considère que les robots sont capables de ressentir des émotions, de faire l’expérience d’une réponse émotionnelle face à l’émotion d’autrui. Par conséquent le robot a deviné l’envie du papillon de ne pas rester captif en lui permettant son envol.

Il apparait alors de nouvelles formes de communications, non plus entre deux êtres vivants mais entre un etre vivant et un cyborg. En effet ces derniers sont codées C3I (commande-contrôle, communication-intelligence) et sont capables de communiquer. Pour refaire un lien avec la conférence de Donna harraway, elle insiste grandement sur les modes de communications et de langage entre deux êtres vivants, à savoir elle et sa chienne, avec qui elle entretient un rapport amoureux quasi fusionnel (elle parle même de colonisation de ces propres cellules par sa chienne, en d’autre termes, on peut dire qu’elle a sa chienne « dans la peau »)

 Image

La deuxième image représente un chien robot. Une sorte d’hybride entre machine et animal de compagnie car il possède bel et bien des organes. Cette image m’a interpellé car elle met en avant un phénomène : le remplacement des animaux de compagnie depuis quelques années par des créatures, faites de métal, de plastique et de puces électroniques.

On les appelle les « acoros » et leur diffusion annonce un changement des rapports de l’homme à l’animal naturel car dans une certaine mesure l’acoro pourrait finir par être interprété, accepté comme nouvelle espèce animale dans certaines représentations collectives, il y aurait donc glissement du naturel à l’artificiel.

Ce glissement ou cette transposition de représentation de l’animal naturel comme on l’a toujours connu, vient du fait que les expériences en laboratoires faites sur les animaux se multiplient depuis quelques décennies (exemples cités par Haraway des souris de laboratoires, ou du premier singe à aller dans l’espace).  Ainsi on a dépossédé l’animal biologique de son aspect naturel, pour venir lui greffer des capteurs, divers instruments technologiques. L’animal biologique, sans artifice aucun ne semble plus suffir à l’homme.

 En conclusion, la conférence nous a permis de nous plonger dans l’univers de Mme HARAWAY qui utilise l’image du cyborg pour faire une critique de la société et de la politique. L’exposition a elle permis, de comprendre les nouveaux rapports qu’entretient l’homme avec des « organismes codées informatiquement » et les nouveaux modes de communication qui en découlent. J’ai pu donc acquérir un certain nombre d’informations sur les cyborgs bien que certains aspects m’échappent encore. 

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