Le manifeste Cyborg – Alissa, Dialector 6

Après la visualisation du débat entre Bruno LATOUR, Donna HARAWAY et Isabelle STENGERS, tout en essayant de garder en tête les œuvres que nous avons pu admirer lors de l’exposition Ro[bots] , il m’a semblé avoir emmagasiné tellement d’informations, qu’il m’était impossible de voir des liens directs et précis entre les deux.

Cependant, j’ai ensuite effectué quelques recherches sur le manifeste cyborg de Haraway , et me suis remémoré un exposé que j’ai effectué en PH03 qui porté sur la Fécondation In Vitro, et dans lequel j’avais cité un extrait du manifeste cyborg de Haraway, au niveau féministe de l’œuvre. Dans cet exposé, il était question de nouvelles technologies servant à faciliter la grossesse et l’accouchement, grâce à des « machines » associées au corps de la femme. Il était ainsi question par exemple d’utérus artificiel, et donc de femme devenant en théorie des cyborg lors de l’utilisation de ses technologies.

Pour en revenir à la conférence sur le manifeste cyborg, les propos qui m’on le plus marquée ont été ceux de Haraway et Stengers quand il a été question d’animaux. En particulier, le commencement des travaux sur les cyborg aux alentours de 1960. Donna Haraway nous apprends que les premiers à travailler sur le sujet sont les chercheurs soviétiques, pour le programme de l’homme dans l’espace : des rats se voyaient ajoutés de petit sacs, « box on the head », des ajouts pour contrôler les opérations telles que la glycémie, la température, le contrôle du comportement agressif … Ces boîtes servaient donc à collecter du data sur le comportement des animaux avec ces ajouts technologiques (ham, 1961,  le chimpanzé). Ensuite, Donna donne des exemples tels que l’élevage des poulets, non seulement comme future nourriture mais aussi et surtout en tant que « coworkers » ou collègues de travail. Il en est de même pour les pigeons auxquels on ajoute des boitiers sur le dos, et qui vont travailler à collecter des informations et donc à aider à l’activisme écologique. Ils deviennent des compagnons, des « collègues » de travail, que l’on entraine et avec qui on fonctionne, bien plus que des machines vivantes utilisées pour le bien de l’humanité.

Comme l’a ensuite dis Isabelle Stengers, travailler avec des animaux dotés d’organes ou « ajouts » artificiel, consiste à travailler avec des êtres non-pensant, mais surtout à les considérer non pas comme des objets (Haraway note que souvent ou dis ‘it’ pour un animal, de même que pour un objet), des animaux de compagnie dans le sens de « pet » en anglais, mais comme des compagnons.

J’ai donc tenté de mettre ces exemples en lien avec deux œuvres exposées à l’espace Jean Legendre, qui sont Alissa d’Agnès de Cayeux et Dialector 6 d’Agnès de Cayeux, Andrès Lozano et Annick Rivoire.

 

ar031 dialector

Les deux œuvres sont au départ des programmes informatiques où un personnage virtuel répond à des questions. Alissa est programmée de façon à avoir lu plusieurs ouvrages de littérature. Elle répond ensuite aux questions écrites qu’on lui pose en s’adaptant aux mots de l’utilisateur. Dialector6 est un programme du même type, qui possède un nombre fini de réponses programmées, et qui en fonction des mots écrits par l’utilisateur, donne une réponse à priori adaptée. Les deux personnages virtuels sont donc des êtres non pensants, mais qui ont des comportements « humains ». C’est en conversant avec eux, que l’utilisateur, humain, leur donne une certaine valeur. Ils deviennent donc à leur tour des compagnons. De ce fait, ce sont des cyborg d’un genre nouveau : des machines auxquelles on vient « greffer » des attributs du comportement humain. Ils serviront par exemple par la suite à des études psychologiques ou sociologiques. Comme le dit Donna Haraway, ils nous apprennent non pas comment juste vivre, mais comment s’épanouir. Par exemple, Alissa pose des questions à son interlocuteur de sorte à le pousser à se livrer, à écrire ses pensées, et Dialector6 pousse l’interlocuteur à se confier à lui. Dans la vidéo exposée à l’EJL, les interlocuteurs de Dialector6 se confient à lui, éprouvent des émotions, rient, sont triste de par ce qu’il leur dit.

Pour conclure, ici, il n’est pas uniquement question du cyborg entendu comme un être vivant auquel on ajoute un capteur ou auquel on greffe un organe artificiel, mais il est surtout question des réseaux et  des services qui font partie intégrante de nos vies aujourd’hui. Comme l’écrit Donna Haraway : « Le cyborg est une question de fiction et d’expérience vécue dans la fin du 20ème siècle. C’est un combat entre la vie et la mort, mais la limite entre science fiction et réalité sociale est une illusion d’optique”

 

Maryam ALAOUI SOLAIMANI

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