Street art ou l’appropriation de l’espace public par l’imagerie contestataire

Le Street Art est peut être la forme d’art aujourd’hui qui est la plus accessible au public, et surtout à la jeune génération puisqu’elle utilise comme support de diffusion la rue, l’espace urbain en général et comme vecteur de diffusion les médias. D’autre part, il s’agit d’une forme d’art très controversée, certains la considèrent même comme du vandalisme puisqu’elle se situe en dehors des institutions sociales du monde de l’Art (musées)

Le sujet choisie étant le « Street Art » étant très vaste , il nous a semblé important à ma binôme et moi de bien définir ses limites. Nous avons donc décidé de poser quelques questions aux quelles nous avons tenté de répondre : Est-ce que le Street Art a forcément une intention politique ?Est-ce que tout le monde peut se revendiquer Street artiste sous le simple prétexte qu’il expose dans la rue ?Est-ce que tout le monde peut se revendiquer Street artiste sous le simple prétexte qu’il expose dans la rue ? Sinon, ou se trouve la limite ?

Le plan de notre exposé était le suivant :

I- Street Art ou l’appropriation de l’espace public par l’imagerie contestataire ?

1)Définition et contexte historique 

: L’art urbain, ou « street art1 », est un mouvement artistique contemporain. Il regroupe toutes les formes d’art réalisées dans la rue, ou dans des endroits publics, et englobe diverses techniques telles que le graffiti, la réclame, le pochoir, la mosaïque, les stickers, l’affichage voire le yarn bombing ( graffiti qui utilise des tricots) ou les installations. C’est principalement un art éphémère vu par un très grand public.

Image1Image2 Image3

a) Aux états unis

  • Philadelphie en Pennsylvanie: writerscoolbread et cornbread;
  • New York:   Le graffiti se développe dans les quartiers pauvres.

(Démétrius – Taki 183) Image4

La concurrence s’installe entre des crew. Le graffiti new yorkais est un moyen de marquer son territoire. 

b) En France

  • Mai 1968: Slogans sur les murs des universités ainsi que les affiches collées dans Paris par les étudiants des beaux arts.
  • 1970: Mouvement Punk

2)    Les techniques et les supports du Street Art

a) Les techniques

– Le graffiti

Image5

-Le pochoir (technique utilisée par Banksy)

Image9

-Le sticker

Image10

– La peinture murale

Image7

-L’affiche

ObeyIconhighrescopy » obey » shepard fairey

-Mosaique

Image6« Space Invader »

 

b) Les supports

– Le métro

-Les wagons de trains (oeuvre qui traverse la ville et s’offre en permanence à de nouveaux regards)

-Lieux cachés car l’artiste aime être découvert ((friches industrielles, terrains vagues, maisons abandonnés)

3)  Street art, un moyen d’expression et de contestation 

a) Moyen de revendication de l’identité artistique

En ce qui concerne le mouvement graffiti, les graffeurs sont des exclus qui utilisent le graff comme d’un artifice pour se conférer l’identité que la société leur refuse. La relation entre l’artiste et son œuvre se fait par la signature. C’est ce pseudonyme (ou ce »blaze« ) qui confère à l’artiste une identité.

b) Street Art comme Acte politique

Le street art est dans son essence un mouvement contestataire ne serait ce que par le fait qu’il s’agisse d’un acte illégal. La démarche artistique est au moins aussi importante que le message et l’œuvre elle-même. C’est donc un art engagé par sa démarche avant tout.

On ne peut pas parler de critique sociale ou même politique sans faire référence à Banksy, surnommé le terroriste de l’art.

II)- Banksy ou le terroriste de l’Art

1)Son histoire, son anonymat, le mythe Banksy 

Il serait né à Bristol en 1974 et aurait commencé à exprimer son art via des graffitis dans les années 80.

2) Dates clés et quelques œuvres commentées

a) Dates

2005 – il a entré par effraction dans les plus grands musées au monde (MoMA, au Met, au musée américain d’histoire naturelle de New York ainsi qu’au British Museum pour y accrocher ses œuvres incognito). La même année, il s’est rendu à la frontière Israélo-palestinienne (West Bank), afin de peindre sur le mur de Gaza, séparant Israéliens et Palestiniens

2013 – Dans le cadre de l’exposition Better out than in, il conçoit la ville de New York comme un musée à ciel ouvert. Le 13 octobre, il organise un happening à Central Park ou il vend ses œuvres anonymement pour 60 dollar.

b) Œuvres commentées:

Balloon Girl :

Image12 Image11

 

Description : Une Petite fille qui tend le bras vers son ballon rouge en forme de cœur qui s’envole et l’inscription à droite « Il y a toujours de l’espoir » (There is always hope).

Cette oeuvre a été reprise par la campagne de sensibilisation « WithSyria » avec l’accord de Banksy. Il commémore ainsi les 3 ans du conflit syrien en choisissant de revisiter sa propre œuvre (en coiffant la petite fille d’un voile islamique).

Napalm : 

Image14 Image13

La technique utilisée est un montage de photographies. La petite fille, qui à l’origine a été victime des bombardements de Napalm est au milieu, est amaigrie, nue, le visage terrifié et est tenue par la main de force par les deux mascottes qui arborent un grand sourire presque terrifiant, les personnages de Mickey Mouse et Ronald Mc Donald.

Banksy dénonce ici l’impérialisme américain dans le monde en détournant deux symboles forts du capitalisme : Mickey incarne l’industrie du bonheur et du rêve, Ronald Mc Donald incarne l’industrie alimentaire américaine. Le montage de ces deux personnages avec la petite fillea fait peut être référence au travail des enfants en Asie sous la pression des grandes compagnies américaines qui cherchent à s’enrichir toujours plus au nom du capitalisme.

-Slave labour :

Image15

Cette œuvre a été réalisée dans le quartier défavorisé de Haringey  à londres connu jusque la pour avoir été le quartier le plus saccagé par les violentes émeutes de 2011.  L’artiste , à travers ce pochoir, faisait référence aux préparatifs du jubilé de la reine. L’enfant fabrique à la chaîne une banderole de Union Jacks. Ces drapeaux ne sont pas représentés au pochoir : il s’agit au contraire d’une véritable banderole, attachée au mur et donnant l’illusion de sortir de la machine à coudre. Au-delà du message véhiculé à savoir la dénonciation du travail des enfants, le message est d’autant plus fort que l’emplacement de cette œuvre , quartier défavorisé de londres n’est pas anodin.

On observe le même phénomène lorsqu’il a décidé de peindre sur le mur israelo-palestinien. Il y a donc une recherche non seulement dans la technique utilisée, le pochoir représenté mais aussi l’emplacement .

 

3)  Documentaire sur Bansky « Faites le Mur ! »

Faites le mur ! (Exit Through the Gift Shop) est un film réalisé par Banksy, sorti en salle le 15 décembre 2010.

Le film montre Banksy la voix trafiquée et le visage masqué, dans de brèves interventions où il ne parle que de sa relation à un inconnu du nom de Thierry Guetta. Passé en quelques années de l’état de marchand de fripes à celui de coqueluche du marché de l’art, ce dernier est le véritable héros du film. Ce contre-pied n’empêche pas l’affiche de tenir en partie sa promesse. Et il n’est pas le seul dans ce documentaire qui jongle entre vrai et faux. Entre enorme canular, et documentaire, on a du mal à faire la part des choses.

Ainsi ce documentaire soulève plusieurs questions à savoir par exemple la question de la récupération par les galeries, les musées, les marchands d’art.Dans son film, thierry guetta se lance dans l’art de rue sans éthique , jusqu’à ouvrir sa propre galerie pour mettre des œuvres vide de sens. Or la question que ca soulève est que tout oppose ces deux univers la rue est l’univers de la liberté, l’autonomie, le large public tandis que les galeries paraissent élitiste, restreinte à une certaine catégories de personne et pleine de contraintes. Jean Faucheur résume cette problématique en une phrase : « toute la problématique de l’art urbain s’articule autour du passage de la rue à la galerie ».

Une autre question que soulève ce film documentaire est de savoir si tout le monde peut faire du street art. Mr brainwash avait commencé par demandé un graphiste de dessiner son propre visage avec sa caméra, il l’a imprimé en grands formats en plusieurs exemplaires, en a fait un pochoir qu’il a placé un peu partout à los angeles. Il a imité directement Shepard fairey avec son affiche OBEY.

Il  a fallu alors nous demander quel était le champs d’action du street art. Cela nous a amené directement à notre dernière partie avec l’étude d’un article de Paul Ardennes.

III) La place du Street art dans l’art contextuel

1) Définition 

ART CONTEXTUEL : «C’est pouvoir contempler des objets artistiques loin des lieux repérées, enserrés de hautes barrières symboliques, tels que les galeries d’art ou musée. »

2) Parallèle avec l’article de Paul Ardennes 

Terme d’art contextuel a été inventé par Paul Ardennes lui même. Dans son article il reprend aussi le terme de « hinc et nunc » (ici et maintenant)  pour expliquer que l’oeuvre d’art doit être en relation constante avec le contexte.

Il cite Dennis Oppenheim « il me semble que l’une des fonctions principales de l’engagement artistique est de repousser les limites de ce qui peut être fait et de montrer aux autres que l’art ne consiste pas seulement en la fabrication d’objets à placer dans des galeries : qu’il peut exister, avec ce qui situé en dehors de la galerie, un rapport artistique qu’il est précieux d’explorer ».

Le Street Art donc peut se reconnaitre dans cette définition de l’art contextuel , puisque l’action de l’artiste va être autant affirmative (occupation du terrain) que prospective et expérimentale (investir le réel, c’est aussi devoir le découvrir , l’œuvre d’art s’y adapte en conséquence).

D’autre part sous le label d’art contextuel, on comprend l’ensemble des formes d’expressions artistiques qui diffèrent de l’œuvre d’art traditionnellement comprise : par exemple l’art d’intervention  et art engagé de caractère activistes (happenings en espace public, manœuvre) ; art investissant le paysage ou l’espace urbain.

3) Exemples d’art contextuel

a) Le couple Christo

Christo est le pseudonyme d’artiste d’un couple, Christo VladimiroffJavacheff et Jeanne-Claude Denat de Guillebon. Leur démarche artistique se caractérise par l’intervention sur des monuments,des paysages entiers de manière éphémère en les recouvrant. La réalisation d’un projet demande des années de démarches et d’investigations et demande aussi des notions d’ingénierie, de techniques et de travail collectif.

But de leur action : Leur travail a clairement un gout de liberté, car comme il le disait lui-même « l’urgence d’être vu est d’autant plus grande que demain tout aura disparu… Personne ne peut acheter ces œuvres, personne ne peut les posséder, personne ne peut les commercialiser, personne ne peut vendre des billets pour les voir…Notre travail parle de liberté. »

Image16 Image17 Image18

                                                                        Emballage du Pont Neuf (du 22 septembre au 7 octobre 1985) – Paris /                   SurroundedIslands (1980-1983) – Miami

 

b) Gordon Matta-Clark

Au lieu de restaurer, de construire ou d’ajouter de nouveaux éléments ou de nouvelles formes à l’architecture déjà existante, Matta Clark , architecte américain, déconstruit. Dans le processus d’architecture traditionnel tout est recouvert en fin de chantier. Les déconstructions de Clark laissent apparaitre le découpage, le déchiquetage des bâtiments. Selon lui cela sert à donner de la valeur au site ou a le protéger.

Splitting (1974): Le  bâtiment dans cette œuvre a été découpée sous toutes ses coutures. Il se trouve dans un quartier dans le new jersey le bâtiment devait être démoli pour laisser place à un projet de rénovation urbaine qui n’a jamais eu lieu.

Ils réalisent ensuite des photomontages pour mettre en valeur ses déconstructions.Les images s’articulent , s’ouvrent autour de la fissure qui traverse la maison pour proposer de nouvelles perceptions.

But de son action:  Matta-Clark souhaite bouleverser les repères des citadins en dévoilant ce qui n’est pas vu ou « plus » vu, non seulement parce que les architectes cachent la plupart du temps le système constructif sous la pierre ou le béton.

Enfin son travail demande enormément de technicité : Bien qu’il retire de la matière,  Matta-Clark fait également figure de « constructeur » parce qu’il façonne, par le vide[6], des figures géométriques (cercle, ligne, parallélépipède, cône…) en réalité très complexes. Effectivement, l’artiste ne se contente jamais de sculpter une seule surface du bâtiment, mais opère au contraire dans la profondeur, jusque dans les entrailles de l’édifice.

 

Image19 Image20 Image21

Splitting réalisée a New Jersey en 1974

 

En conclusion, bien que nous connaissions déjà quelques artistes du Street Art , cette exposé nous a vraiment permis d’approfondir nos connaissances en la matière et de découvrir la diversité de cet art.  D’autre part la notion d’art contextuel nous était inconnue auparavant. Nées au début du 20 ème siècle, ces nouvelles formes d’art ont parfois de quoi surprendre ( christo, matta-clark).

LAMRAMRI Radia et VASQUES Maria Eugênia

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :