Caught – David Parson

Alive From Off Center, qui sera rebaptisée Alive TV, est une émission de télévision américaine diffusant des arts d’anthologie entre 1985 et 1996. C’est à cette période qu’apparaît Caught pour la première fois. En effet, il s’agit d’un extrait d’un des épisodes retransmis par l’émission pour la chaine de télévision PBS.

Réalisée par David Parsons, cette séquence d’environ cinq minutes au format 16:9 sera visionnée pour la première fois le 11 aout 1985. Cette date correspond aussi à la création de son entreprise, la Parsons Dance Company. Celle-ci a été crée en 1985 et existe toujours aujourd’hui. Fondée par le metteur en scène qui lui a donné son nom, neufs danseurs seront présents à temps complet pour mettre en œuvre spectacles, chorégraphies et projets en tout genre dans le monde entier.

Capture d'ecran de l'extrait

Capture d’ecran de Caught réalisée par David Parson

Découvert à l’aide d’UBUWEB, site web anglophone regroupant différentes œuvres artistiques, j’ai au départ été attiré par cette séquence mêlant danse et technique de tournage et de montage vidéo. En parcourant la biographie de son auteur, David Parsons, et en explorant les différents projets menés lors de sa carrière, il était intéressant de s’attarder sur ses débuts, au vu de sa grande carrière remplie de projets aussi excitants les uns que les autres.

Cette vidéo peut être considérée comme une œuvre car elle mêle plusieurs techniques qui aujourd’hui peuvent être perçues comme étant artistiques. D’une part il y a un travail sur la chorégraphie que le danseur doit adopter tout au long de la séquence. Celle ci doit bien entendu être observée en tenant compte des techniques de tournage, à savoir les plans séquences tels que les travelings, les plans coupés, l’utilisation des gros plans ou des plans larges. Ainsi une réalisation bien étudiée est nécessaire pour que l’oeuvre soit pleinement appréciée. A cela s’ajoute la question du son qui doit être diffusé.

Cette oeuvre aborde la question de la folie face à la prison. En effet, ce danseur, représentant le prisonnier, sombre petit à petit dans la folie, comme le suggèrent les multiples images subliminales qui apparaissent. Il se retrouve pris au piège, et n’a pas d’échappatoire. Ainsi comment pouvons-nous gérer nos émotions face à la captivité? C’est une des questions que semble soulever cette oeuvre.

Bien sûr, nous devons mettre ce court métrage en relation avec les chorégraphies réalisées par David Parsons dans le cadre de son entreprise Parsons Dance Compagny. Voici un lien menant vers les vidéos de ses oœuvres http://www.youtube.com/user/ParsonsDanceVideos. Dans chacune de ses danses, David Parsons laisse une idée planer. Dans Caught , c’est celle de la prison. La vidéo ci-dessous dévoile la première partie de la chorégraphie intitulée Remember Me. Celle ci fait appel à l’idée de l’amour perdu, déchu.

Caught me fait également penser aux différents films qui évoquent la folie dans l’environnement d’un captif. Deux grands films de Jack Nicholson abordent le même sujet: Vol au Dessus d’un nid de Coucou réalisé en 1975 par Milos Forman, et Shining de Stanley Kubrick en 1980.

Vol au dessus d'un nid de coucou

Vol au dessus d’un nid de coucou

Extrait du film

Extrait du film vol au dessus d’un nid de coucou

Dans ce film, Jack Nicholson joue le rôle de Randle Patrick McMurphy, un homme qui simule la folie afin de quitter son travail. Finalement, il se retrouve dans un hôtel psychiatrique au milieu de malades bien réels. Ainsi, on peut véritablement étudier la maladie mentale en milieu carcéral.

The Shining

The Shining

Extrait de Shining

Extrait de Shining

Dans Shining, Il jouera le rôle de Jack Torrance, un homme qui deviendra fou après s’être engagé à surveiller un hôtel qui est bloqué par la neige et dont personne ne peut y avoir accès. Ayant pour seule compagnie, celle de sa femme et de son fils, il sombrera progressivement dans la folie.

On peut également mettre en relation Caught  avec le film Requiem For a Dream, dont les personnages mis en scène se retrouvent pris au piège par la drogue, ou encore Bronson représentant Charles Bronson, homme le plus dangereux d’Angleterre ayant passé la majeure partie de sa vie en prison dans les quartiers psychiatriques.

Enfin, le titre évocateur reflète bel et bien la mise en scène de cette chorégraphie : « Caught », « pris au piège » en anglais, annonce la captivité du personnage au milieu de son terrain vague. Dans la chorégraphie, l’assimilation du danseur avec un prisonnier est particulièrement frappante lorsque celui-ci interprète une scène sous la douche : le tableau n’est pas sans rappeler celles des prisonniers.

On peut néanmoins déplorer le décalage rythmique entre la danse et la musique de fond, décalage qui apparaît aussi entre le montage vidéo et le son.De plus, on peut regretter que la représentation de la folie n’ait été traitée que par l’utilisation d’images subliminales représentant le danseur sur un fond noir.

On peut enfin s’interroger sur l’utilisation du noir et blanc alors que les caméras en couleurs étaient déjà utilisées depuis un certain temps. Quelle interprétation ce choix suggère-t-il ? Tant de questions qui ternissent le rendu global de l’oeuvre qui s’avère finalement plutôt décevante…

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