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Archives Mensuelles: mars 2015

http://www.ubu.com/film/fei_shadow.html

 

L’oeuvre étudiée s’intitule “Shadow Life”. L’auteur de l’oeuvre est Cao Fei (1978), un artiste chinois spécialisé dans les théâtre d’ombres.

Cette oeuvre a été réalisée en 2011.

L’oeuvre s’installe dans l’enfance de Cao Fei, en Chine.

 

Nous avons connu l’oeuvre à travers le site internet Ubuweb.

A la découverte de cette oeuvre, ce qui nous a frappé est la singularité de cette oeuvre qui traite d’un sujet assez original dans une période historique où la Chine connaît de grands changements. Le choix de l’auteur de faire part de son point de vue à travers un théâtre d’ombres est aussi particulier. L’auteur s’exprime beaucoup de manière symbolique, voire satirique, ce qui est peut-être dû au format même de l’oeuvre ou au message que l’autre veut faire passer.

Notre groupe a une forte composante multi-culturelle notamment avec un attrait pour la culture orientale/asiatique. Cette oeuvre traitant d’un sujet très intéressant  et mettant en lumière une partie riche en évolutions et évènements décisifs de l’histoire de la Chine, nous avons choisi de l’étudier.

Cette oeuvre peut être interprétée de différentes manières ce qui est source de richesse.

Chronologiquement, elle retrace l’histoire de la Chine contemporaine. Elle est en effet divisée en trois parties intitulées “Rock”, “Dictator”, “Transmigration”.

La première partie présente une période historique, avant l’industrialisation, pleine de légendes. On y suit l’histoire de trois animaux, un chasseur un homme aveugle et une divinité pourchassant une pépite d’or qui se révèle au final être une simple pierre.

La seconde période présente la révolution culturelle lancée par Mao Ze Dong. Elle met l’accent sur la rapide évolution de la Chine pendant cette période, tant au niveau industriel, culturel mais aussi politique. Cette période est présentée de manière plutôt sombre avec notamment le leader qui devient un chien sauvage et les suiveurs brandissant le livre rouge de Mao. On y voit aussi la déforestation, conséquence de l’industrialisation, qui sévit pendant cette période.

La troisième partie présente une période, source de nombreux changements. On peut observer des animaux fuir leur habitat, des villageois fuir leurs villages pour se retrouver au final dans des villes : c’est le symbole de l’urbanisation.

Cependant, cette oeuvre peut aussi être interprétée comme une auto-biographie de l’auteur.

La première période peut être interprétée comme le symbole des désillusions de l’auteur durant sa jeunesse, la seconde période symbolise le vécu de l’auteur concernant la révolution culturelle notamment l’endoctrination durant cette période, la troisième période peut être interprétée comme le réveil de l’auteur à la fin de la révolution culturelle, il découvre alors un monde, qui devient chaque jour plus différent de celui qu’il connaissait.

On peut se demander en quoi c’est une oeuvre, et quel est le sens, le message que l’auteur a voulu faire passer. Le point de vue adopté dans l’oeuvre est celui de l’auteur. Il est justifié de se demander si ce point de vue est représentatif de ce qui s’est passé et du point de vue de tous les Chinois.

Ce travail est une oeuvre sur de multiples aspects. La technique utilisée, les ombres chinoises, nous montrent le grand savoir-faire de l’auteur. Chacun aura vraisemblablement une interprétation différente de l’oeuvre. Ainsi la signification de l’oeuvre peut différer selon la culture, la personnalité, les expériences de chacun.

Cette oeuvre décrit la métamorphose de la Chine et amène à se poser de nombreuses question notamment sur l’objectivité du point de vue de l’auteur mais aussi sur l’histoire même de la Chine.

 

 

La musique utilisée pendant la seconde partie de l’oeuvre, caractéristique de la période maoïste. est appelée “musique rouge” ou “musique Mao” en Chine.  On peut ainsi faire un parallèle entre cette oeuvre et les différentes compositions musicales de cette période : par exemple, 东方红, 义勇军进行曲, 北方吹来十月的风 et 救国军歌.

Cao Fei a aussi réalisé d’autres oeuvres : East Wind (2011), Whose Utopia (2006), RMB City (2007), Qi of RMB City (2009). East Wind et Whose Utopia sont des courts-métrages, RMB City est une construction réalisée sur Second Life, un MMORPG en 3D. Qi of RMB City utilise RMB City comme cadre pour des contes. On voit donc que l’artiste a réalisé des oeuvres très différentes. On peut cependant rapprocher ces oeuvres de Shadow Life par le style particulier de l’artiste qui présente ses oeuvres avec de nombreuses références au passé, plus précisément à la période correspondant à son enfance. Les oeuvres de l’artiste sont donc imprégnées de la culture dans laquelle il a été baigné enfant.

Comme dit précédemment, l’oeuvre de Cao Fei rend compte des transformations qu’a subi la chine durant les dernières années. Premièrement la technique utilisée, les ombres chinoises, fait partie intégrante de la culture chinoise et installe ainsi le contexte, à savoir la Chine.
Ensuite, le contenu de l’oeuvre relate la vie de l’artiste à travers sa propre perception de la Chine. La vie de Cao Fei est ainsi retracée, à travers la technique des ombres chinoises, d’où le titre Shadow Life.

L’originalité de la représentation et l’absence de langage oral nous a beaucoup frappés. En effet, de façon surprenante, le message de l’oeuvre reste aisément compréhensible et en devient même plus profond car faisant appel à l’imagination et l’intelligence du spectateur. Cette oeuvre peut donc faire sens, de manière différente, pour chacun.

On peut se demander si la déforestation et l’industrialisation ne sont pas exagérés volontairement par l’auteur ? La troisième partie, dédiée à ce sujet, ne représente qu’une minute sur les dix minutes de la vidéo. La durée très courte dédiée à cette partie rend peut-être compte du ressenti des Chinois sur l’industrialisation en Chine.

D’un autre côté, le point essentiel n’est peut-être pas si le message correspond bien à la réalité. Donc dans notre cas, si l’ampleur de la déforestation et de l’industrialisation est aussi importante que l’auteur peut le laisser penser. On observe en effet, dans la scène finale, la renaissance de la nature autour des deux amoureux. L’auteur nous montre ainsi que la nature reste le milieu naturel de l’homme. Dans un monde de plus en plus urbanisé, où chaque jour l’homme prend un peu plus le dessus sur la nature, parfois dans une véritable logique d’affrontement, voire de conquête, il est important de se demander si l’homme et la nature sont vraiment deux entités séparées ou deux éléments d’un même ensemble, indissociables l’un de l’autre.

SOH Yoann, JU Di, QUACH Maurice

Ces oeuvrAki Inomataes ont été crées par la japonaise Aki Inomata depuis 2010. Habituée à créer des oeuvres avec des êtres vivants, l’artiste a décidé d’étudier la structure interne de la coquille des bernard l’hermite dans le but de créer de nouvelles coquilles plus originales. Cette idée lui est venue en observant le phénomène de migration des bernard l’hermite: au fur et à mesure de leur croissance ces crustacés changent de coquille pour en trouver une plus adaptée à leur taille. Aki Inomata a choisit de représenter différentes grandes villes ou paysages sur le dessus des coquilles. Pour réaliser son oeuvre elle a du utiliser l’impression 3D sur plastique afin que les nouvelles coquilles puissent être aussi légères que les originales et acceptées par les crustacés.

J’ai découvert cette oeuvre au festival des Composites de Compiègne, là où la plus part des oeuvres exposées ont été envoyées sous forme de fichier, puis imprimées en 3D pour pouvoir être visibles par les visiteurs. Les coquilles des bernard l’hermite d’Aki Inomata étaient exposées sous des globes de verre, à coté de véritables coquilles, elles aussi sous un globe. Cette oeuvre m’a intéressée surtout de par son originalité. En effet, modifier l’habitat naturel d’un être vivant sans le déranger, pour en faire une oeuvre mobile est une idée qui m’a surprise. Ce qui m’est aussi fascinant c’est le fait de  changer complètement l’apparence de ces crustacés connus de tous. La précision dans le paysage représenté sur la coquille est aussi impressionnante. Cette création peut illustrer les migrations des hommes sur la planète, qui tentent de s’adapter à un autre habitat et dont l’identité peut être modifié par ces changements. Selon moi, ces coquilles en verre sont des oeuvres car elles mêlent plusieurs techniques (le dessin de l’homme et la précision de la machine) mais aussi parce qu’elles font passer aux spectateurs un message et provoquent une réflexion. En effet on se demande pourquoi modifier l’habitat naturel de ces êtres vivants qui ne nécessite pas d’être transformé par l’Homme. Je pense que l’artiste tente, à travers son oeuvre, d’illustrer le vécu de certains humains par le biais des crustacés.

Cette oeuvre s’inscrit parfaitement dans la thématique art et technologie. Sans l’étude scientifique des coquillages, l’artiste n’aurait jamais pu reproduire l’intérieur de la coquille et les bernard l’hermite n’auraient pas accepté ces nouveaux abris: l’oeuvre aurait en quelque sorte échouée. Aki Inomata a ainsi mêlé technologie, dessin technique, architecture et sculpture. Cette oeuvre répond à ses promesses puisque certains crustacés ont décidé d’habiter les coquilles. Elles sont à la fois utiles aux crustacés car ils permettent de les protéger et elles sont aussi des oeuvres d’art. L’acceptation des bernard l’hermite permet de terminer l’oeuvre et de lui faire prendre son sens. Selon moi ce travail illustre les migrations volontaires ou non des Hommes. Certes leur identité est modifiée lorsqu’ils changent d’habitat mais le fait que les bernards l’hermite acceptent les nouvelles coquilles montre aussi que malgré tout les Hommes s’adaptent bien aux changements de vie. Cette oeuvre n’exprime pas les difficultés d’adaptations des migrants car dans une vidéo on voit que rapidement le crustacé prend possession facilement d’une des coquilles d’Aki Inomata.Je ne pense pas non plus que le rejet ou la discrimination que subissent les migrants soit mis en avant dans cette oeuvre car au final les bernard l’hermite ayant une coquille naturelle ne font pas de différences avec leurs congénères ayant des coquilles en plastique.

En étudiant cette oeuvre je me suis rendue compte de l’importance du monde scientifique et des avancées technologiques dans la mesure où elles aident l’artiste à développer ses idées et permettent de donner vie à ses créations.

Camille Dresse

Etude d’œuvre, exposition à l’espace Jean Legendre:

DELIRIUM

J’ai choisie de présenter Délirium, spectacle interprété par le Cirque du Soleil. C’est le premier spectacle en aréna produit par le Cirque du soleil, il a été conçu et mis en scène par Michel Lemieux et Victor Pilon pour la tournée Nord-Américaine de la compagnie en 2006. Ce spectacle est un mélange délirant de danse, chant, musique (remixe des musiques originales du Cirques du Soleil) et de projections visuelles impressionnantes. Délirium est un regroupement de folies où la danse, le théâtre et le chant se mêlent à des tableaux virtuels projetés sur les murs.

J’ai connu cette œuvre à l’espace Jean Legendre, au cours du festival « Les Composites » à Compiègne, où le thème principal était la 3D : « La 3D : rendre réel ce qui est virtuel ». J’ai choisi cette œuvre car je connais plusieurs spectacles du Cirque du Soleil et que je les apprécie, de plus les quelques scène du spectacle qui étaient projetées dans la salle d’exposition ont attiré mon attention. J’ai tout d’abord étais surprise par la mise en scène très particulière qui utilise énormément d’effets  virtuels comme pour nous montrer qu’il n’y a pas que dans la vie de tous les jours que le virtuel prend de plus en plus de place, dans l’art et les prestations telles que celles du Cirque du Soleil aussi.

Cette prestation me fait me demander si le titre et la mise en scène ont un lien avec la maladie neurodégénérative « Delirium tremens ». Cette maladie est un syndrome lié au sevrage d’alcool et entraine de graves hallucinations chez les malades, la plupart des scènes peuvent nous embarquer dans une sorte de délire, et certaines vont même jusqu’à reproduire certains des symptômes (certaines danses ressembles à des tremblements ou convulsions). On peut donc se demander si c’est un hasard ou si on cherche à créer un parallèle avec cette maladie, ou du moins ses symptômes, mais pour sevrer qui et de quoi ? Dans quel but ? Je pense qu’on dit de ce travail que c’est une œuvre car elle fait réfléchir, et à sa vue on se pose de nombreuses questions.

On peut rapprocher cette œuvre des autres spectacles du Cirque du Soleil qui mélangent toujours des disciplines différentes et ont souvent recours à des hologrammes ou des technologies avancée dans leur représentations. On peut aussi la rapprocher des autres œuvres présentées dans l’exposition puisqu’elles sont toutes liées par la même thématique.

Avec cette œuvre je me rends compte que l’art est en constante évolution au même titre que le monde qui l’entoure. Les avancées technologiques sont utilisées pour l’art et de ce fait art et technologies s’influencent en permanence, ce qui leur permet d’évoluer, et de changer notre conception du monde et donc de l’art.

DESPATCH dans le cadre du projet ARTSAT

L’oeuvre présentée, réalisée en 2014, s’intitule DESPATCH. DESPATCH fait partie du projet ARTSAT : Satellite art project. ARTSAT est une initiative lancée par l’Université d’Art de Tama et de l’Université de Tokyo.

La modélisation puis l’impression 3D sont utilisés pour réaliser cette oeuvre qui sera ensuite envoyée dans l’espace.

Cette oeuvre a donc pour objectifs de s’insérer avec succès dans l’orbite terrestre et à partir de cette position d’émettre une poésie générée par un algorithme en fonction des températures et vitesses captées par l’engin spatial.

 

DESPATCH est présentée à l’espace Jean Legendre dans le cadre d’une exposition sur l’impression 3D.

C’est une oeuvre très étonnante car l’impression 3D est une technologie jeune. Le choix de cette technologie pour un engin spatial est particulier car les constructions aérospatiales sont soumises à des contraintes fortes et demandent une grande fiabilité ce qui peut manquer à une technologie de fabrication qui n’est pas encore arrivée à maturité.

Cette oeuvre est donc exceptionnelle tant au niveau technique qu’artistique. Elle nous donne un avant-goût des possibilités infinies de l’impression 3D. La présentation de cette oeuvre aux quatre coins du monde grâce à l’impression 3D est un mode d’exposition peu conventionnel. Il est très intéressant d’observer l’évolution des modes d’expressions de l’art. On dit souvent que la mondialisation a transformé le monde en un village, notamment par l’apparition de nouvelles manières de communiquer qui ignorent presque totalement la localisation géographique. On peut ainsi se demander si l’on n’est pas en train d’assister au même phénomène mais cette fois pour les objets physiques, plus seulement pour l’information. Il est aussi possible d’interpréter ça comme la réduction de l’objet, de la matière en une simple information, une série de 0 et de 1. Entrons-nous dans une ère où tout sera information ?

 

On peut rapprocher cette oeuvre des récentes avancées en réalité virtuelle.

En effet, là où le scan 3D et l’impression 3D nous permettent de faire transiter des objets du monde réel au monde numérique puis du monde numérique au monde réel. La réalité virtuelle permet elle de nous plonger dans le monde numérique. Dans le futur, cette distinction que nous faisons entre monde réel et virtuel n’aura peut-être plus de sens. La frontière entre les deux mondes s’estompe de plus en plus avec l’apparition de nouvelles technologies qui vont révolutionner notre façon de concevoir le monde.

 

Pour conclure, on peut dire que DESPATCH est une oeuvre de très haute qualité. Au niveau de la technique bien sûr, la réalisation d’un engin spatial à l’aide de l’impression 3D est un défi difficile qui a été abordé avec brio. Mais aussi au niveau artistique, c’est une oeuvre qui nous laisse voir de nombreuses perspectives et nous amène à soulever de nombreuses problématiques dans un monde où le numérique occupe aujourd’hui une grande place.

 

Maurice QUACH

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Nabetan tente de réparer ça au mieux (2014)

Dans cette œuvre, Tomoya Watanabe a décidé de reproduire un ensemble boulon/vis/rondelle pour réparer un garde-corps. En utilisant un scanner et une imprimante 3D, Nabetan revisite les objets du quotidien.

En provenance du Japon et exposée à Compiègne grâce à internet, cette œuvre m’a d’abord laissé perplexe. Mon étonnement provenait du côté technique prononcé de l’œuvre.

En quoi une réalisation technique peut-elle être considérée comme une œuvre d’art ?

J’ai choisi cette œuvre parce que je n’arrivais pas à répondre à cette question. Son utilité apparait en premier et masque l’éventuel message qu’elle pourrait délivrer. Il faut s’interroger et se poser des questions. C’est sans doute là que commence le caractère artistique de cette œuvre. Son sens n’est pas évident ou explicite. Pourquoi est-ce de l’art alors que de nombreux techniciens réparent également des barrières tous les jours à travers le monde ? Selon moi, la différence vient de la personne qui accomplit la réparation. Ce n’est pas son « rôle » à priori. L’œuvre prend tout son sens : l’auteur sort de ce que la société attend de lui. Si lui peut le faire, chacun d’entre nous peut également réparer ou trouver une solution sans attendre qu’une tierce personne nous vienne en aide. Il suffit d’un peu d’imagination et de support technique. L’œuvre n’est pas le boulon en soi mais plutôt la démarche de réparation que l’artiste a entrepris.

Quentin CHICHERY

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