Cao Fei – Shadow Life

http://www.ubu.com/film/fei_shadow.html

 

L’oeuvre étudiée s’intitule “Shadow Life”. L’auteur de l’oeuvre est Cao Fei (1978), un artiste chinois spécialisé dans les théâtre d’ombres.

Cette oeuvre a été réalisée en 2011.

L’oeuvre s’installe dans l’enfance de Cao Fei, en Chine.

 

Nous avons connu l’oeuvre à travers le site internet Ubuweb.

A la découverte de cette oeuvre, ce qui nous a frappé est la singularité de cette oeuvre qui traite d’un sujet assez original dans une période historique où la Chine connaît de grands changements. Le choix de l’auteur de faire part de son point de vue à travers un théâtre d’ombres est aussi particulier. L’auteur s’exprime beaucoup de manière symbolique, voire satirique, ce qui est peut-être dû au format même de l’oeuvre ou au message que l’autre veut faire passer.

Notre groupe a une forte composante multi-culturelle notamment avec un attrait pour la culture orientale/asiatique. Cette oeuvre traitant d’un sujet très intéressant  et mettant en lumière une partie riche en évolutions et évènements décisifs de l’histoire de la Chine, nous avons choisi de l’étudier.

Cette oeuvre peut être interprétée de différentes manières ce qui est source de richesse.

Chronologiquement, elle retrace l’histoire de la Chine contemporaine. Elle est en effet divisée en trois parties intitulées “Rock”, “Dictator”, “Transmigration”.

La première partie présente une période historique, avant l’industrialisation, pleine de légendes. On y suit l’histoire de trois animaux, un chasseur un homme aveugle et une divinité pourchassant une pépite d’or qui se révèle au final être une simple pierre.

La seconde période présente la révolution culturelle lancée par Mao Ze Dong. Elle met l’accent sur la rapide évolution de la Chine pendant cette période, tant au niveau industriel, culturel mais aussi politique. Cette période est présentée de manière plutôt sombre avec notamment le leader qui devient un chien sauvage et les suiveurs brandissant le livre rouge de Mao. On y voit aussi la déforestation, conséquence de l’industrialisation, qui sévit pendant cette période.

La troisième partie présente une période, source de nombreux changements. On peut observer des animaux fuir leur habitat, des villageois fuir leurs villages pour se retrouver au final dans des villes : c’est le symbole de l’urbanisation.

Cependant, cette oeuvre peut aussi être interprétée comme une auto-biographie de l’auteur.

La première période peut être interprétée comme le symbole des désillusions de l’auteur durant sa jeunesse, la seconde période symbolise le vécu de l’auteur concernant la révolution culturelle notamment l’endoctrination durant cette période, la troisième période peut être interprétée comme le réveil de l’auteur à la fin de la révolution culturelle, il découvre alors un monde, qui devient chaque jour plus différent de celui qu’il connaissait.

On peut se demander en quoi c’est une oeuvre, et quel est le sens, le message que l’auteur a voulu faire passer. Le point de vue adopté dans l’oeuvre est celui de l’auteur. Il est justifié de se demander si ce point de vue est représentatif de ce qui s’est passé et du point de vue de tous les Chinois.

Ce travail est une oeuvre sur de multiples aspects. La technique utilisée, les ombres chinoises, nous montrent le grand savoir-faire de l’auteur. Chacun aura vraisemblablement une interprétation différente de l’oeuvre. Ainsi la signification de l’oeuvre peut différer selon la culture, la personnalité, les expériences de chacun.

Cette oeuvre décrit la métamorphose de la Chine et amène à se poser de nombreuses question notamment sur l’objectivité du point de vue de l’auteur mais aussi sur l’histoire même de la Chine.

 

 

La musique utilisée pendant la seconde partie de l’oeuvre, caractéristique de la période maoïste. est appelée “musique rouge” ou “musique Mao” en Chine.  On peut ainsi faire un parallèle entre cette oeuvre et les différentes compositions musicales de cette période : par exemple, 东方红, 义勇军进行曲, 北方吹来十月的风 et 救国军歌.

Cao Fei a aussi réalisé d’autres oeuvres : East Wind (2011), Whose Utopia (2006), RMB City (2007), Qi of RMB City (2009). East Wind et Whose Utopia sont des courts-métrages, RMB City est une construction réalisée sur Second Life, un MMORPG en 3D. Qi of RMB City utilise RMB City comme cadre pour des contes. On voit donc que l’artiste a réalisé des oeuvres très différentes. On peut cependant rapprocher ces oeuvres de Shadow Life par le style particulier de l’artiste qui présente ses oeuvres avec de nombreuses références au passé, plus précisément à la période correspondant à son enfance. Les oeuvres de l’artiste sont donc imprégnées de la culture dans laquelle il a été baigné enfant.

Comme dit précédemment, l’oeuvre de Cao Fei rend compte des transformations qu’a subi la chine durant les dernières années. Premièrement la technique utilisée, les ombres chinoises, fait partie intégrante de la culture chinoise et installe ainsi le contexte, à savoir la Chine.
Ensuite, le contenu de l’oeuvre relate la vie de l’artiste à travers sa propre perception de la Chine. La vie de Cao Fei est ainsi retracée, à travers la technique des ombres chinoises, d’où le titre Shadow Life.

L’originalité de la représentation et l’absence de langage oral nous a beaucoup frappés. En effet, de façon surprenante, le message de l’oeuvre reste aisément compréhensible et en devient même plus profond car faisant appel à l’imagination et l’intelligence du spectateur. Cette oeuvre peut donc faire sens, de manière différente, pour chacun.

On peut se demander si la déforestation et l’industrialisation ne sont pas exagérés volontairement par l’auteur ? La troisième partie, dédiée à ce sujet, ne représente qu’une minute sur les dix minutes de la vidéo. La durée très courte dédiée à cette partie rend peut-être compte du ressenti des Chinois sur l’industrialisation en Chine.

D’un autre côté, le point essentiel n’est peut-être pas si le message correspond bien à la réalité. Donc dans notre cas, si l’ampleur de la déforestation et de l’industrialisation est aussi importante que l’auteur peut le laisser penser. On observe en effet, dans la scène finale, la renaissance de la nature autour des deux amoureux. L’auteur nous montre ainsi que la nature reste le milieu naturel de l’homme. Dans un monde de plus en plus urbanisé, où chaque jour l’homme prend un peu plus le dessus sur la nature, parfois dans une véritable logique d’affrontement, voire de conquête, il est important de se demander si l’homme et la nature sont vraiment deux entités séparées ou deux éléments d’un même ensemble, indissociables l’un de l’autre.

SOH Yoann, JU Di, QUACH Maurice

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :