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Archives Mensuelles: avril 2015

L.I.R (Livre in Room) (2014-2015) est une installation réalisée par Joris Mathieu et la compagnie théâtrale Haut et Court, créée par Mathieu lui même. Elle est exposée dans le cadre du Festival des Composites à Compiègne, lors de l’exposition « Vous avez dit 3D ? ».

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L.I.R. (Livre In Room) – Joris Mathieu

Cette installation prend forme sous une petite cabine, insonorisée, dans laquelle se trouve une étagère remplie d’une trentaine de livre, d’un fauteuil ; le tout faisant face à une vitre donnant vue sur une illusion de bibliothèque en demi-cercle grande et bien remplie. En passant sous le lecteur adapté le code barre d’un des livres, nous assistons à une lecture accompagnée d’une mise en scène à base d’hologrammes et de musiques : se créer une expérience entre le livre et le spectateur, rappelant une expérience de spectacle.

Il s’agit plus concrètement d’un lecteur numérique qui a pour but de faire découvrir et donner envie de lire le livre. L’objectif déclaré par l’artiste est de donner vie au livre, d’en donner une lecture intime et intimiste.

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L.I.R. (Livre In Room) – Joris Mathieu

J’ai choisi cette œuvre car, au premier abord j’ai été séduite par le concept, puis j’ai finalement été déçue, trouvant l’œuvre un peu trop littérale et peut être maladroite.

Au premier abord, nous ne pouvons manquer le jeu de mot dans le titre : l’acronyme forme le mot « lire », mélangé au titre qui évoque le « living room » , faisant référence à la pièce à vivre (lieu où on lit entre autre ? effet du livre produit sur le lecteur ?). L’effet recherché et la (con)fusion des termes « livre » et « vivre ».

Nous pouvons percevoir l’œuvre comme la réalisation d’un fantasme, il y a un côté « on en a tous rêvé » : donner une dimension supplémentaire à la lecture , lui donner corps, vivre encore plus fort l’expérience de la lecture. On apprécie par ailleurs le fait que l’artiste n’ait pas choisi des œuvres trop connues. Mais le résultat est très littéral, trop : le principe utilisé dans cette œuvre est attendu, évident (bien que ne retirant en rien l’attrait visuel et la sympathie de l’expérience).

En effet, sur son site, l’artiste proclame son L.I.R comme étant une « nouvelle relation à la littérature », une « bibliothèque numérique », mais je ne suis pas convaincue de la justesse des termes : en effet, construire une relation aurait été intéressant mais aurait justement demandé une certaine interactivité par exemple, qui n’est pas cultivé particulièrement là. De plus, le support vidéo n’est pas particulièrement nouveau puisqu’il rappelle le cinéma qui a très largement adapté de manière plus ou moins libre et réussie des œuvres de la littérature.

L’œuvre exploite pourtant bien les différentes dimensions, par des stimulus visuels (projections holographiques), auditifs (musique, bruitages et voix de l’acteur qui nous fait la lecture) et émotionnels (mise en scène générale de la cabine en elle même et du rendu final du « spectacle » projeté) mais les enjeux de la lecture semblent avoir été négligés.

L.I.R perd en pertinence car on perd la particularité de la lecture : l’intimité du moment, la création d’images mentales, la propre interprétation (avec tous les écarts d’interprétations, positifs comme négatifs, qui font le texte), l’intériorisation, la réflexion personnelle, la possibilité de rêvasser et de faire des pauses dans la lecture … Mais surtout, l’œuvre produit un changement de rapport, faisant passer de lecteur acteur (personne lisant activement une histoire, faisant sa temporalité, créant son apparence..) à spectateur passif.

De ce fait, ce n’est plus notre interprétation du livre qui prime mais celle de l’artiste : on peut donc voir dans chaque «mise en 3D de livre » une œuvre à part entière. Par là même, Livre in Room serait donc un rassemblement d’œuvres, rappelant le genre pictural du cabinet d’amateur, comme par exemple Le Cabinet d’amateur de Cornélius van der Geest lors de la visite des Archiducs Albert et Isabelle de Willem van Haecht.

Le Cabinet d'amateur de Cornélius van der Geest lors de la visite des Archiducs Albert et Isabelle de Willem van Haecht.

Le Cabinet d’amateur de Cornélius van der Geest lors de la visite des Archiducs Albert et Isabelle – Willem van Haecht.

De plus, le passage d’une lecture active à une écoute/visualisation passive met en jeu une tension très actuelle : interaction VS reception. Cette tension se retrouve notamment avec tous les objets connectés face aux objets qui ne le sont pas, mais aussi dans le clivage qui se créer entre internet et télévision. L.I.R pourrait être vue comme une expérience passéiste de l’interprétation de ce que serait une lecture numérique.

D’ailleurs, la critique de cette œuvre est l’occasion de questionner le statut de la lecture : qu’est ce que lire ? Lire à titre informatif, lire pour voir les mots (comme les Calligrammes d’Apollinaire qui mettent en scène les mots, rien que par leur disposition, et par le rapport de la forme au sens), lire pour entendre les mots (comme pourrait le suggérer les poèmes dada de Hugo Ball), lire pour visualiser les mots, lire pour s’évader…

Suite à la visite de l’exposition intitulée « Les Composites » présente à l’espace Jean Legendre, j’ai choisi de mettre en perspective deux œuvres :

Pourquoi pas des abris pour les bernard l’hermite ? (2014) : cette œuvre réalisée par l’artiste japonaise Aki Inomata cherche à faire une comparaison, une analogie partielle entre le comportement humain et celui du bernard l’hermite. En effet, ce dernier est un crustacé qui vit dans une coquille dont l’utilité est de lui procurer protection face aux prédateurs. Seulement celle-ci, qu’il doit changer régulièrement du fait de sa croissance, est à l’origine soit un déchet, soit celle d’une autre espèce de crustacé, soit celle d’un de ses congénères prise de gré ou de force. En effet, celui-ci n’hésite pas à s’accaparer la coquille d’un de ses congénère pour survivre si l’occasion se présente. Nous ne pouvons nous empêcher de transposer ce comportement à notre espèce. La première sensation est de se dire que c’est un comportement extrêmement égoïste et cruel, mais on finit par admettre aisément que les faits montrent que l’homme est tout à fait capable de ce genre de comportement seul ou en groupe. C’est ce qu’a souhaité mettre en lumière l’artiste qui a fabriqué à l’aide d’une imprimante 3D des coquilles symbolisant des villes de différentes cultures, mais emblématiques du monde. C’est ainsi que l’on peut observer un bernard l’hermite prendre possession  indifféremment de celles-ci ou de celle-là dans le seul but de trouver protection.

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Pourquoi pas des abris pour les bernard l’hermite ? (2014) – Aki Inomata

Cette œuvre démontre l’origine anthropologique de l’instinct de survie, de l’égoïsme et de la cruauté. Mais au-delà de cela, elle met en lumière la fonction protectrice de la ville pour l’homme comme la coquille pour le bernard l’hermite. De plus, le fait d’observer l’animal s’installer dans telle ou telle coquille indépendamment de la ville, c’est-à-dire de la culture  représenter au-dessus met en lumière une différence entre l’homme et l’animal, entre la fonction et l’esthétisme.  Toujours en rapport avec mon cursus, cela démontre bien l’omniprésence et l’importance que l’humain va portée à l’aspect culturel, historique d’un lieu et c’est un des  facteurs qui nous différencie de l’animal.

Anima (2002) est une œuvre vivante faisant appel à beaucoup d’effets de lumière dont le scénario raconte la tournée d’un groupe d’artistes. Ceux-ci sont en proie à des malaises et à des tensions internes où le réel et le virtuel, le corps et l’âme, le biologique et le technologique, l’immédiat et le souvenir s’entrechoquent et amènent à une analyse et à des questionnements profonds concernant l’être humain, sa condition et son rapport aux autres. Le point de vue est très anthropologique, puisque cette œuvre illustre les analyses sociales émises par l’anthropologue Desmond Morris. L’ambition de cette œuvre est de mettre en lumière le sentiment d’aliénation issu de l‘appauvrissement de nos rapports sociaux et le violent retour sur soi que cela engendre.

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 ANIMA 2002 – Lemieux Pilon 4D art

En tant qu’étudiant en systèmes urbains, cette œuvre m’a interpellé puisqu’elle traite de la complexité des rapports sociaux, de la coopération et de l’isolement avec le malheur qu’il peut en résulter. En effet, il est mis en évidence que l’aménagement urbain ne peut se réduire à l’analyse du nombre de mètres carrés, mais doit prendre en compte, pour être le plus exhaustif possible, une multitude de paramètres et de questionnements anthropologiques, sociologiques, psychologiques, esthétiques, philosophiques…

J’ai choisi de mettre en perspective ces deux œuvres puisque pour moi celles-ci se complète et ont une ambition commune : éclaircir la position de l’homme dans son monde, sa condition, sa relation aux autres et son point de vue sur son environnement. L’homme est donc un être éminemment complexe tiraillé entre son origine animal et tout ce qui le différencie de ce dernier. La conscience, l’imagination, la coopération, la culture, l’art sont le propre de l’homme et lui permette de s’extirper de son origine tout en rentrant en conflit avec les composantes de celle-ci : instinct de survie et l’unique but de se reproduire. Ainsi, c’est deux œuvres viennent se complétées afin de rappeler notre condition d’être humain, à la fois une origine animal instinctive, relativement « primitive », « simpliste » et à la fois des capacités, des désirs, des relations d’une complexité infinie dont il faut avoir conscience, qu’il faut prendre en compte et qui entre en conflit avec notre cerveau reptilien.

Loïc DUBOC

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Carte d’identité :

Cette œuvre est une œuvre de Sean Snyder s’appelant Schema (Television). Cette œuvre a été réalisée durant les années 2006-2007, en collaboration avec Olga Bryukhovetska. C’est un projet vidéo dont la première version a été présentée en 2006 pour se terminer au Musée Stedelijk CS à Amsterdam au printemps 2007. Cette œuvre est en fait une vidéo d’environs 7 minutes touchant à l’interprétation que peuvent avoir les images vidéo à travers une déstructuration de leurs sens.

Sean Snyder né en 1972 en Virginie aux Etats-Unis est connu pour son travail avec la photographie, la vidéo où nous nous rendons compte que la production et la consommation d’images sont telles que notre analyse s’en voit déformée.

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Description du choix :

Nous avons connu cette œuvre à travers le site ubweb, Nous avons découvert donc la vidéo sur internet. On a été impressionné par cette œuvre qui soulève un vrai problème mais surtout un important problème qu’il est nécessaire de souligner. Le fait que lorsque l’on regarde la télé, on peut passer d’une chaine à une autre, d’un sujet à un autre sans y prêter plus d’attention que ça. Ces sujets peuvent concerner les informations mondiales ainsi que les guerres dans le monde qui se retrouvent au même niveau que des émissions de jeux télévisés ou encore des programmes culinaires. Nous ne faisons plus attention à l’importance des choses.

Nous pensons donc que cette vidéo veut faire passer un vrai message. Plus la technologie évolue avec l’utilisation de la télécommande et des nombreuses chaines satellites, plus nous sommes inondés de flux venant de toutes parts et sur des sujets totalement différents, plus nous sommes susceptibles de déformer la réalité et de ne pas la considérer telle qu’elle est réellement.

Nous pensons que ce travail constitue une œuvre puisqu’elle soulève des interrogations de par son originalité de mise en œuvre mais également prend en compte la véracité de ce que les images transmettent à la société actuelle.

On se pose la question de comment la télévision peut elle produire un sentiment de réalité si les catastrophes naturelles, les guerres dans le monde … se voient sans cesse interrompus par des images beaucoup moins spectaculaires telles que des produits de consommation, de la publicité, des jeux télévisés absurdes.

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Point de vue critique :

Ce travail permet de redéfinir ce que le téléspectateur crée à l’aide de la télécommande. Avec cette vidéo, Snyder nous montre comment le manque de contrôle sur les images par les producteurs et les spectateurs offre pour le contexte d’art un nouveau regard quant à l’interprétation des différentes images qui peuvent devenir dramatique.

En effet les médias visuels et principalement la télévision nous inondent de flux d’image qui sont susceptibles de déformer la réalité. Nous avons tous types d’images mélangés dû à un zapping permanant de l’utilisateur de telle sorte à ce que l’on mélange des images de guerre, des news, des reportages, des programmes culinaires, des jeux télévisées et autres qui nous amènent à négliger certaines informations importantes et primordiales sur ce qu’il se passe dans le monde actuel.

La vidéo utilise donc le potentiel de la télécommande comme un dispositif de montage imprévisible. La vidéo souligne l’impossibilité d’attribuer la véracité à l’image télévisuelle.

De même, le nombre inépuisable de chaine satellites joue un rôle important dans la non détection de ce qui est important et ce qui ne l’est pas. La réalité n’est donc pas retranscrite à son juste titre.

Snyder veut souligner l’impossibilité de propagande directe ou d’attribuer la véracité à l’image qui se déplace sans cesse.

Sarah Elasri & Racha Alj Hakim

 

Présentation de l’Oeuvre:

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DESPATCH fait partie du projet ARTSAT : Satellite art project. ARTSAT est une initiative lancée par l’Université d’Art de Tama et de l’Université de Tokyo le 3 Décembre 2014. L’un des artistes est Akihito Kubora.

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L’Auteur de l’Oeuvre

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Pour réaliser cette oeuvre, les créateurs ont utilisés l’impression 3D qui est une technologie encore jeune et pas très répandu.

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Structure en details

Cet oeuvre a donc été envoyé dans l’espace pour se mettre en orbite autour de la Terre, et pouvoir envoyer des sons perceptibles par les capteurs terrestres grâce à un algorithme en fonction des vitesses angulaires de l’engin et des variations de température.

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Logiciel utilisé

Cette oeuvre est une première: jamais auparavant une oeuvre artistique n’a regroupé à la fois le domaine spatiale, la poésie et la technologie. Cette création est là pour montrer qu’il y a de la beauté dans tous les domaines, surtout dans ceux qui mettent en oeuvre des endroits encore inconnus. En effet le domaine de l’espace, de  l’Univers, est encore un domaine trop vaste qui présente encore beaucoup de mystères encore non découverts.11093554_10206668388887017_1332311305_n Ce « mix » entre ces deux domaines montre vraiment l’évolution de l’Art influencée par la modernisation et aussi la mondialisation, en effet, cette oeuvre est exposée dans beaucoup de pays dans le monde. D’ailleurs ces avancées technologiques créent un rapprochement de plus en plus important entre ce qui est « réel » et ce qui relève du « numérique », ces nouvelles technologies concernent par exemple (comme ici) l’impression 3D, ou encore le Scan 3D, ou même les « Holograms »: elles constituent un pont entre le monde réel et le monde numérique. Et après tout, qu’est-ce qu’est vraiment « l’art », autre qu’exprimer les choses d’une manière non conventionnelle.  Cette création a non seulement poussé l’art à une autre dimension, ici une dimension spatiale, mais a aussi poussé les limites de ces nouvelles technologies: l’impression 3D n’a pas était développée (ce n’était pas le but initiale)  pour fabriquer des satellites qui doivent tenir les pressions, températures, etc très élevées du vide de l’espace.

Esprit Critique

Étant dans une école d’ingénieur, les sciences en général m’intéresse beaucoup, et tout ce qui relève des domaines où il reste beaucoup à découvrir m’intéressent encore plus. Les Arts pour moi représentent un domaine aussi important que les autres, un enfant doit tout autant sculpter son esprit grâce aux sciences étudiées que développer son côté créatif. Cette oeuvre mélange très bien ces deux domaines, et crée un nouveau type d’Art jamais vu auparavant, en tout cas pour ma part c’était bien la première qu’une oeuvre d’Art regroupe ces deux thèmes. Ceci est la raison pour laquelle cette oeuvre m’a particulièrement intéressée.

Lorsqu’on découvre des oeuvres comme celle-ci, la première reaction que beaucoup de personnes ont, est : « Pourquoi n’y ai-je pas pensé, c’est très ingénieux ! ». Beaucoup de personnes dénigrent les Arts dans l’éducation, et c’est un crime, car c’est11092573_10206668388687012_275811787_n un domaine tout autant important, mais aussi tout aussi crucial. Les Oeuvres comme celle-ci montrent bien que l’Art n’est pas que dessiner une jolie maison dans une prairie, mais c’est aussi penser à des idées « de génie » qui regroupe beaucoup de domaines différents. Ici, c’est un mélange du domaine scientifique de l’espace, du domaine littéraire avec la Poésie du poète dadaïste  allemand 11121140_10206668387966994_658938485_nHugo Ball nommée: « Gadji béri bimba », et le domaine artistique technologique avec l’utilisation de l’impression 3D.

Racha Alj Hakim

Ika Inomata est née à Tokyo en 1983, elle diplômée en Inter média de l’université des arts de Tokyo.

Elles crée des œuvres avec des être vivants. En japonais, les Bernard-l’ermite sont appelés « Yadokari », qui signifie littéralement quelqu’un vivant dans un logement provisoire. Ceci lui a donc donné des idées pour la création de ses œuvres.

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Cette œuvre est une représentation 3D de plusieurs types de coquilles ou coquillages nécessaires à la survie des bernard-l’ermite. L’imprimante 3D est l’outil utilisé pour explorer des techniques inscrites dans une réflexion contemporaine. Les créations de la japonaise IKA Inomata ont été envoyées à Compiègne et ont voyagées à travers le monde afin d’être exposés à l’Espace jean Legendre.

Ces créations représentent une nouvelle forme d’exposition innovante à l’avant garde de la création contemporaine.

Description du choix

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J’ai donc choisie cette œuvre de Ika Inomata que j’ai connu grâce à l’exposition sur les composites 3D à l’espace Jean Legendre où nous nous sommes rendus lors du cours d’AR03. J’ai tout de suite été séduite par cette œuvre car j’ai été surprise par ce contexte et cette originalité. Le travail de Ika est recherché, en effet créer un habitat pour des animaux tels que les bernard-l’ermite est très intéressant, de plus la métaphore que l’artiste veut en faire m’a interpellée.

La technologie et la science et l’art sont présentes tout au long du processus de création de l’œuvre puisqu’il est nécessaire de réaliser une étude tomodensitométrique de la forme des coquillages afin de reproduire leur structure interne avec l’impression 3D et de créer ainsi de nouveaux types de refuges pour ces crustacés. Ceci se mêlant à l’esthétisme de l’œuvre.

Je pense que ce travail reste une œuvre par son originalité, le fait que l’artiste soit connu, ait exposé seul dans de nombreux lieux prouve sa capacité à réaliser des choses qui plaisent au public et qui, je pense peuvent interpeller. Cette œuvre semble donc proche des disciplines technologiques et scientifiques afin de créer l’objet d’une part mais également connaître le mode de vie des êtres vivants et principalement des bernard-l’ermite tout en ayant un sens de l’artistique et de l’originalité.

En effet, les bernard-l’ermite changent de coquillage à mesure qu’ils grandissent. Parfois ce sont des bernard-l’ermite plus forts qui expulsent leurs congénères de leur habitat. Aki inomata leur propose de nouveaux abris qui représentent différentes villes du monde et qu’ils peuvent accepter ou non d’habiter.

L’apparence de ces crustacés change complétement lorsqu’ils changent d’abris. Métaphoriquement, pour Ika, ils semblent passer d’un pays à l’autre et rappellent le destin des migrants et des réfugiés dont l’identité peut parfois changer selon leur nouveau pays d’adoption.

Ika a fait l’analogie du changement de coquilles des bernard-l’ermite à l’auto adaptation des humains lorsqu’ils acquiert une nouvelle nationalité, lorsqu’ils immigrent dans un autre pays ou encore lorsqu’il y a délocalisation et donc nécessité d’adaptation dans les pays étranger. De la même façon, l’apparence des bernard-l’ermite change complètement comme ils changent d’abris. Ces bernard-l’ermite semblent donc traverser des frontières nationales.

Les coquilles sont primordiales dans la vie des Bernard l’ermite, puisqu’elles protègent leur abdomen mou, très vulnérable face aux prédateurs naturels. C’est pour cela qu’il faut créer plusieurs coquilles et à des tailles différentes pour chaque spécimen.

La création d’un micro habitat pour les bérnard l’ermite est donc nécessaire en cas de manque d’abris naturel. En effet, cet animal né naturellement dépourvu de carapace, par conséquent pour se protéger il va chercher son habitat vers des coquilles d’animaux morts contrairement à d’autres animaux tels que les escargots qui naisse naturellement avec une coquille et grandira avec au fur et à mesure de sa croissance.

On peut comparer cette œuvre à la prothèse d’un humain à qui il lui manque une partie de son corps pour vivre correctement et convenablement.

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Point de vue critique

Cette œuvre répond donc à sa promesse de base, vouloir donner un abri aux Bernard l’ermite tout en utilisant une technique innovante, rendre réel ce qui est virtuel. Les nouvelles technologies 3D bouleversent les champs de la création et interrogent les artistes comme les scientifiques. La virtualité prend de plus en plus de place au sein des pratiques artistiques, ludiques et professionnelles. Nos principes de perception sont mis à l’épreuve par les technologies 3D pour rendre réel ce qui est virtuel.

Ce travail, a défaut d’être uniquement une œuvre d’art est une expérimentation technique et scientifique. Elle joint l’esthétisme de la coquille du Bernard l’ermite avec sa transparence qui nous permet de voir réellement le crustacé dans sa coquille ainsi que l’innovation.

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