THE DOORS, Michael Basinski

Titre : The doors / Auteur : Michael Basinski / Date de réalisation : 2000 / Support : Dessins et écris réalisé sur un carnet.

Michael Basinski est un poète visuel et sonore américain, né en 1950. De 1992 à 2008, il a réalisé de nombreuses productions poétiques. Les travaux de Michael Basinski s’inscrivent dans la ligné  du mouvement Dada, développé par des artiste durant la première guerre mondiale. Ce mouvement intellectuel, littéraire et artistique, se caractérise par une remise en cause de l’ensemble des conventions idéologiques et esthétiques, dans le but d’atteindre une plus grande liberté d’expression. Dans la continuité de ce mouvement, Basinski remet en question les codes de la poésie et de l’art graphique en déstructurant ses poèmes et en leur faisant faire corps avec une production graphique. Ses travaux rejoignent aussi ceux d’un mouvement d’art contemporain des années 1960 appelé Fluxus. Ce mouvement a produit des réalisations qu’ils ont eux même qualifiées d’anti-art. La volonté artistique étant de questionner la forme que devait prendre les œuvres à cette époque.

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Page du recueil « The Doors », 2000

 « The Doors » se présente sous forme d’un recueil  d’une dizaine de page.  Les différentes pages ne semblent pas avoir de cadre précis; la forme n’épouse pas le format de papier renforçant l’aspect déstructuré des réalisations. Tous les dessins sont en noir et blanc.

A la première approche, nous avons été intéressés par l’aspect graphique du travail de Basinski, tout en étant intrigués par la présence de mots et de formes entremêlés. On se prend au jeu en essayant de trouver des mots, des phrases qui pourraient donner un sens et éclairer sur le fond et le sujet du poème. A chaque nouveau regard on découvre de nouveaux aspects de l’œuvre,  on apprend à différencier les dessins du texte sans pour autant réussir à déchiffrer l’ensemble du « texte ».

L’œuvre garde à chaque fois une part de mystère, une idée impalpable qui se cache indéfiniment et qui stimule l’imagination du lecteur-spectateur. Chaque personne peut alors avoir sa propre interprétation personnelle et son propre ressentit vis-à-vis de la réalisation. Cette démarche visant à faire réfléchir le lecteur-spectateur tout en suscitant chez lui des émotions, parfois contraires, nous semble être un argument en faveur de la reconnaissance de cette réalisation en tant qu’œuvre d’art. De plus, par cette mise en forme (contraste noir et blanc, différentes tailles et épaisseurs d’écriture…) on peut penser que l’artiste cherche à faire passer  des émotions, davantage que de simples mots. Son choix dans la mise en forme transcrit une réelle volonté d’expressivité qui ajoute une dimension supplémentaire à ses réalisations.

La question majeure que nous nous sommes posés suite à la découverte de ces réalisations artistiques a été de savoir si un texte construit et ayant du sens se cache réellement  sous ces dessins. Nous nous sommes également interrogés sur la limite entre écriture à art graphique. Certaines parties graphiques font en effet penser à des lettres ou à des formes,  ce qui donne une impression de prolongement entre les deux moyens d’expression sans qu’il n’y ait plus de réelle distinction.

Basinski est familier de ce type production. Il réitérera l’expérience à travers plusieurs autres recueils comme « Welcome to the Alphabet » parut en 2008, où l’on retrouve le même style auquel se sont ajouté des dimensions de collage et de mise en couleur des éléments constituants les pages de sa production artistique.

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Recueil « Welcome to the Alphabet », 2008

Par ailleurs, ces travaux nous ont rappelé les poèmes de Francis Ponge ou de Guillaume Apollinaire. Notamment par rapport au lien entre la forme et le fond qu’ils ont insufflé dans leurs poèmes.

Featured imagePrésentation de l’œuvre : https://artzerotrois.wordpress.com/2014/10/10/presentation-doeuvre-la-colombe-poignardee-et-le-jet-deau-de-guillaume-apollinaire/

La différence reste tout de même marquante entre ces différentes réalisations. Premièrement car ils se limitent uniquement a un travail sur la plasticité de la forme donnée aux phrase tout en veillant a ce qu’elles n’en perdent pas leur lisibilité.  Il nous semble que Balinski donne moins d’importance au sens et se limite a la mise en valeur de certains mots clé. De plus, dans le cas des  calligrammes, il ressort de l’agencement des phrases un dessin assez clair (fontaine, un oiseau..) alors que dans la réalisation de Balonsky, l’agencement des mots et des phrases donne un caractère graphique et expressif à la réalisation sans représenter un objet ou un élément clairement identifiable.

Dans cet esprit du mélange de  l’art graphique et de l’écriture, on peut aussi évoquer le travail de Zakaria Ramhani. Dans ses réalisations il pousse encore plus loin le lien entre dessin et écriture. En effet, il utilise la graphie arabe ou latine comme un geste pictural pour réaliser ses peintures,  l’écriture devient alors le trait du peintre.  Cette technique, permet la création d’œuvres très expressives, grâce au foisonnement des traits, où l’écriture perd son sens premier au profit de l’image. Il réalise principalement de portraits dans lesquels il cherche à représenter  l’identité individuelle.

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Peinture de Zakaria Ramhani.

Maxime JACK / Manon PRYEN

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