Pourquoi pas des abris pour bernard l’hermite ?

Aki Inomata est une artiste japonaise née en 1983 et diplômée de l’Université des arts de Tokyo. Les êtres vivants, tels que les bernard l’hermite ou les chenilles, font partie intégrante de ces œuvres. L’œuvre ainsi présentée au festival des Composites, dont le titre original est  « Why Not Hand Over a ‘Shelter’ to Hermit Crabs? » est faite de plusieurs coquilles de bernard l’hermite intégralement réalisées à l’aide d’une imprimante 3D. Mais ces coquilles ne sont pas que de pâles reproductions plastiques d’une coquille normale. L’artiste a voulu changer les codes et à décider d’orner les coquilles avec différents paysages. Allant des gratte-ciels new-yorkais aux moulins hollandais, ces abris pour crustacés sont ainsi tous différents les uns des autres. Mais en apparence seulement.

Zaanse Schans – Pays-Bas

Thaïlande

New York – États-Unis

C’est ce point qui a fait que j’ai choisi cette œuvre-ci. En effet, les coquilles possèdent une « architecture intérieure » bien spécifique. Pour que l’œuvre prenne sens, il fallait donc que les bernards puissent s’y installer. Et c’est là où la science entre en jeu. Grâce à une étude tomodensitométrique (la tomodensitométrie, appelée aussi scanographie, est une technique d’imagerie ; souvent utilisée dans le domaine médical ; qui consiste à mesurer l’absorption des rayons X par les tissus puis, par traitement informatique, à numériser et enfin reconstruire des images 2D ou 3D des structures anatomiques), Inomata a pu recréer à l’identique la forme intérieure des coquilles. Sans cette technique, l’artiste aurait eu plus de difficulté à mener à bien son œuvre.

Au delà de l’aspect technique, on peut aussi s’intéresser au message qu’Inomata a voulu faire passer avec ces œuvres. Le choix de représenter différents paysages n’était pas anodin. L’artiste a voulu mettre en avant la mobilité des bernard l’hermite, qui en changeant seulement de coquilles, transforment leur apparence. Elle a ainsi voulu faire le parallèle avec le destin de migrants et de réfugiés qui voient leur identité changer selon leur nouveau pays. Au travers de cette oeuvre, elle met ainsi en exergue l’adaptation dont font preuve ces crustacés. Adaptation que l’on peut largement identifier aussi chez l’Homme qui lui, en découvrant un nouveau pays va « s’adapter au moule » de celui-ci.

La seule critique que je puisse émettre vis-à-vis de cette œuvre ne concerne pas le message qu’elle véhicule, mais plutôt la manière. Selon moi, « la Nature fait bien les choses » et il y’a forcément une raison pour laquelle les coquilles de bernard l’hermite possèdent cette forme de spirale (même si je n’ai aucune idée de cette raison). Transformer alors cette forme me laisse perplexe.

Alexis Madamour

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