18ème édition du festival les Composites : Icare

  • Carte d’identité

Le spectacle s’intitule « Icare ». Il retrace le mythe grec de manière plus moderne. Icare et son père se retrouve dans une forêt où leur passé va resurgir et montrer la complexité de la relation entre père et fils.

La création et la mise en scène ont été réalisées par Michel Lemieux et Victor Pillon. Le texte a été écrit par Olivier Kemeid et cette représentation a été produite par Marie-Christine Dufour. Ce spectacle s’est déroulé les mardi 17 et mercredi 18 mars 2015 à l’espace Jean Legendre. C’est une œuvre d’un genre assez hybride mélangeant le théâtre, le cinéma, la musique et le chant avec des techniques numériques telles que la 3D. Des dimensions supplémentaires sont donc mises en place. Par exemple, les décors sont en perspective grâce à des écrans situés au fond de la scène. Il y a aussi eu l’affichage d’hologrammes mélangés à des performances d’acteurs, des effets sonores et des jeux de lumières.

Ce spectacle s’inscrit donc, par sa technique, dans le cadre du thème de la 3D du festival. Il a été mis en place grâce à la compagnie Lemieux Pilon 4D Art qui est soutenu par des fonds du gouvernement canadien.

 

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  • Description du choix

Dans le cadre de ce festival, je trouvais intéressant de voir concrètement ce que peut apporter la 3D dans un spectacle plutôt orienté théâtral. De plus, cela m’a permis de lier l’utile à l’agréable.

Dès le départ, la salle de spectacle est complétement plongée dans le noir comme au cinéma et on voit apparaître un acteur enrobé d’une aura en 3D dessinée grâce aux écrans dans le fond de la scène. On est immédiatement plongé au cœur de l’histoire avec l’apparition du deuxième acteur dans une forêt dont les écrans permettent de mettre en évidence sa profondeur. Tout au long de l’histoire, les souvenirs sont représentés par des personnages fictifs au moyen de la technologie 3D, ce qui permet de bien distinguer les flashbacks et de mieux comprendre l’histoire ainsi que la relation complexe qui existe entre Icare et son père.

J’ai choisi plus particulièrement cette œuvre car l’histoire est basée sur une réinterprétation moderne de l’histoire mythique d’Icare. L’ancienneté de ce mythe est davantage contrastée par l’utilisation des arts numériques. Je trouvais donc intéressant d’explorer cette opposition entre le coté moderne et ancien.

Cette œuvre mélange à la fois le théâtre, la musique, le cinéma, le chant et le théâtre pour immerger le spectateur au plus près de l’histoire. Le mythe d’Icare tel qu’il a été représenté nous fait réfléchir sur les relations familiales complexes, les non-dits, notre société actuelle où tout doit être toujours plus grand et plus beau, la quête d’identité et l’opposition entre la quête artistique et le rationnel.

  • Lien vers d’autres œuvres

Cette œuvre mélange beaucoup de techniques et de formes d’art. Elle se rapproche du cinéma par les hologrammes qui représentent des personnages décédés ou à une époque antérieure. Puis, les décors sont en perspective et donnent de la profondeur à la scène. Ils offrent la sensation d’être proche des acteurs voire même dans la même pièce qu’eux. On peut alors mieux s’identifier aux personnages de la même manière qu’au cinéma.

La chanteuse lyrique ajoute le chant en interprétant des chansons géorgiennes. Puis, le dialogue entre le père et son fils, interprétés par les deux acteurs, se rapproche du théâtre.

  • Point de vue

Cette œuvre s’inscrit bien dans une démarche originale, orientée vers la 3D. De plus, au vu du titre et du synopsis, on n’est pas déçu par le contenu du spectacle. L’apparition des hologrammes et leurs jeux avec les acteurs sont stupéfiants. On croit vraiment être dans la tête du père d’Icare et apercevoir le contenu de ses souvenirs. Les hologrammes sont utilisés pour représentés des personnages comme la mère défunte d’Icare ou encore Icare, étant plus jeune. Ils sont aussi utilisés pour représenter des plans architecturaux. Cela apporte une dimension supplémentaire au propos des acteurs qui sont en désaccord sur la grandeur du bâtiment. En projetant les plans du projet trop ambitieux du père d’Icare, on comprend mieux leur dispute et les arguments des deux personnages.

 

En revanche, un spectacle en 3D demande d’être vu d’assez loin pour avoir une vue globale de tous les effets numériques. En effet, j’ai été placée au 3ème rang, soit tout près de la scène. De ce fait, certains détails techniques sont apparus et ont limité l’immersion dans le monde des personnages. On voyait très clairement que les personnages respectés la mise en place des accessoires de manière très stricte et ceci grâce à des marques sur le sol. De plus, lors de l’envol d’Icare vers le soleil, le contour de la scène était éclairé pour bien montrer l’immensité de l’univers mais, de ma place, cela se limitait à quelques points lumineux sur le côté. Pour donner l’impression qu’Icare vole, il est attaché avec un mousqueton à une échelle, ce qui est visible de près. On perd alors le caractère mythique et magique de son envolée vers le soleil.

En revanche, on observe un travail remarquable des acteurs qui doivent être parfaitement synchroniser avec les images affichées pour ne pas casser tout l’effet de la 3D. Par exemple, quand Icare s’envole, il fait exactement les mêmes mouvements que l’ombre qui est projetée derrière lui.

De plus, le mélange entre les acteurs fictifs des souvenirs et les acteurs réels est une idée très étonnante. Cela permet de voir que, même un hologramme très bien réalisé, ne remplacera jamais la performance d’un acteur et sa présence sur scène. Mais leur utilisation, dans les flashbacks du père d’Icare, est très bien pensée. Elle permet aux spectateurs de bien distinguer le passé du présent et de ne pas se perdre dans la chronologie de l’histoire.

La chanteuse lyrique qui apparait à de nombreuses reprises contraste aussi fortement avec les nombreux effets sonores. Ses qualités de chanteuse et sa voix profonde touche encore plus le spectateur. Elle apporte aussi une dimension mystique par l’utilisation du chant grégorien et l’affichage des sous titres dans cette langue.

Les nombreux effets sonores comme le chant des oiseaux ou le bruissement des feuilles d’arbres permettent de mieux se sentir avec les personnages dans la forêt. Lors de la représentation, les personnages font aussi un feu de camp. Les flammes sont alors projetées via des images synthétiques. Cependant, les buches qui formaient le feu de camp étaient décalées par rapport aux flammes, ce qui prouve aussi les limites de la technique et l’effet d’immersion du spectateur dans l’histoire des personnages.

Pour conclure, cette pièce m’a permis de percevoir les avantages et aussi les limites de l’utilisation de la 3D dans une représentation. L’utilisation de toutes les techniques permettent aux spectateurs d’être encore plus proches des personnages, de s’identifier à eux et de découvrir leur monde. Cependant, le mélange entre les acteurs physiquement présents sur la scène et toutes les techniques implémentées autour montrent qu’aucune technique ne peut remplacer le pouvoir du jeu des acteurs sur scène.

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