Hermit crabs « shelters » – Aki Inomata

Introduction

L’œuvre qui m’a marqué dans l’exposition « Vous avez dit 3D ? » à l’Espace Jean Legendre à Compiègne, est celle de l’artiste japonaise Aki Inomata : les coquilles de bernard-l’hermite. Il faut savoir que ce crustacé au corps mou se loge dans des coquilles vides de gastéropodes, et change de coquille au fur et à mesure qu’il grandit. Aki Inomata leur a donc réalisé des coquilles elle-même, dans lesquels se sont logés les animaux.

Processus

Pour que les bernard-l’hermite adoptent les coquilles fabriquées par Aki Inomata comme de vraies coquilles, l’artiste a en fait scanné, étudié et reproduit l’intérieur de coquilles de gastéropodes. En effet, les premières réalisations étaient simplement sphériques à l’intérieur et les bernard-l’hermite les avaient ignorées. Ensuite, Aki Inomata a modélisé les coquilles sur ordinateur et les a imprimées à l’imprimante 3D. Les œuvres présentes à l’exposition ont directement été envoyées du Japon par Internet et ont été imprimées lors du vernissage.

Description

L’œuvre est donc à moitié vivante ; elle ne se compose pas seulement des coquilles vides qui sont exposées, mais également du fait que des animaux ont habité l’œuvre. Une vidéo était d’ailleurs projetée à l’exposition, où on peut voir les bernard-l’hermite sortir de leur coquille précédente et « déménager » vers la coquille artificielle.

La particularité de ces coquilles est qu’elles représentent des villes. Cela donne un côté et attractif comique à l’œuvre, c’est ainsi qu’elle a attiré mon attention : il est peu commun de voir des crustacés se déplacer avec des buildings sur le dos.

 

hermit-crab-glass-city-by-aki-inomata-new-york-city

NYC, USA

Analyse

En voyant cette œuvre, je me suis demandé : « Pourquoi avoir représenté des villes sur les coquilles ? Quel est l’intérêt que des bernard-l’hermite aient des villes sur le dos ? ». Aki Inomata veut faire passer par là un message, qu’elle explique sur son site (http://www.aki-inomata.com).

L’ambassade de France au Japon était un territoire français jusqu’à 2009. Puis, suite à un traité, il a été déclaré que le territoire reviendrait aux Japonais pour les 50 prochaines années. Ensuite, il appartiendra à nouveau à la France. Faisant référence à ces évènements, Aki Inomata a voulu exprimer dans son œuvre la facilité pour un territoire de changer de nationalité tout en restant absolument le même territoire.

Un bernard-l’hermite qui habitait préalablement une coquille de la forme de New York City par exemple, en entrant dans la coquille représentant la ville de Santorini, en Grèce, deviendra grec par définition. Pourtant, l’animal reste le même. Or il changera totalement d’apparence du fait qu’il ait changé de lieu. Aki Inomata fait donc aussi une référence aux émigrants et immigrants qui changent de pays entre eux.

Pour moi, ces coquilles semblent appeler à la lutte contre le racisme, en faisant passer le message qu’il ne faut pas s’arrêter à l’apparence des gens : on remarque tout de suite que deux individus ne viennent pas du même pays, mais on ignore parfois qu’ils restent des êtres humains et qu’au fond, ils sont les mêmes.

villes-coquilles-3d-bernard-lhermite-04

Santorini, Grèce

 

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