Icare (2014) – Lemieux Pilon 4D

Cette oeuvre, nommée Icare, a été créée et mise en scène par Michel LEMIEUX et Victor PILON en 2014. Elle nous a été présentée à l’Espace Jean Legendre (à Compiègne) dans le cadre du 18ème festival Les Composites, le 17 et 18 mars 2015. Cette création s’intègre très bien dans ce festival dédié aux arts vivants, visuels et numériques, puisque c’est un spectacle d’1h30 mêlant théâtre, musique et imagerie 3D, et inspiré du mythe d’Icare.
La compagnie Lemieux Pilon 4D a été fondée en 1983 à Montréal, mais leur premier projet utilisant des acteurs virtuels remonte à 1994, avec le spectacle Grand Hôtel des Étrangers.

Je suis allée voir la représentation du mercredi 18 mars à l’Espace Jean Legendre. J’ai été très agréablement surprise, car c’était la première fois que je voyais un spectacle de ce genre, et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je n’imaginais pas un tel jeu entre les comédiens réels et les personnages holographiques, ni à ce que les projections aient un rendu aussi réel. Dans ce spectacle, seuls deux comédiens et une mezzo-soprano sont sur scène. Les deux premiers jouent Icare et son père Dédale, architecte. Quant à la chanteuse, elle venait apporter des parenthèses enchantées, renforçant les textes des personnages.

J’ai choisi de présenter cette œuvre car l’ayant vue et expérimentée, j’avais envie d’en parler et de mener une réflexion à son propos. J’ai été impressionnée par l’usage qui est fait des nouvelles technologies, par la vitesse des changements de décors entre les scènes “réelles” et celles où l’on s’évade dans un autre monde, accompagnées d’effets spéciaux. Ces techniques donnent naissance à une nouvelle forme d’art, où les frontières entre théâtre et cinéma, et entre réel et virtuel s’effacent. J’ai également apprécié la beauté des mouvements des parties chorégraphiques d’Icare, parfaitement accordées avec les effets spéciaux qui les accompagnaient. L’imagerie 3D vient ne prend pas le dessus sur le jeu des comédiens, il sert à la fois de support et d’outil d’amplification, de renforcement du jeu et des mouvements.

Certaines questions naissent après visualisation du spectacle : pourquoi avoir modifié et réinterprété l’histoire du mythe d’Icare ? La morale originelle du mythe est-elle encore présente avec cette réadaptation ? D’où vient l’idée des parenthèses chantées par la mezzo-soprano ?

Ce travail peut être considéré comme une œuvre tout d’abord car c’est le fruit d’un grand savoir faire, et d’un mélange de plusieurs techniques : mise en scène, maîtrise des arts numériques, chorégraphie, théâtre… dans le but d’obtenir un rendu esthétique mais également profond, émouvant, qui nous transporte, nous surprend, et qui nous interroge et nous rend curieux.

Nous pouvons naturellement effectuer un rapprochement entre cette oeuvre et les autres travaux des mêmes créateurs. Nous pouvons notamment citer La Belle et la Bête (2011), La Tempête (2005), ou encore Orféo (1998), et bien d’autres encore. Ces productions ont plusieurs points communs : le jeu entre réalité et virtualité, ainsi que la reprise de mythes ou d’histoires très connues pour les réadapter à l’époque moderne et au format du spectacle utilisant des arts numériques (le conte de La Belle et la Bête, La Tempête de Shakespeare, Orféo inspiré du mythe d’Orphée, mais également du film de Jean Cocteau).

Les œuvres du duo Lemieux-Pilon peuvent également être reliés aux autres spectacles du festival, comme Pixel ou Asa Nisi Masa, tous deux spectacles mêlant danse et art numériques ou vidéo. Dans Pixel, l’art numérique devient, comme pour Icare, un partenaire de jeu et de scène. Quand à Asa Nisi Masa, il y a, encore une fois comme Icare, une véritable histoire derrière les chorégraphies.

Cette œuvre, à mon sens, répond à toutes ses promesses puisque c’était la première fois que je voyais un spectacle de ce genre, et n’avais donc pas d’élément de comparaison. J’ai été impressionnée et fascinée par ce que la compagnie a produit à l’aide des nouvelles technologies, et par la poésie qui s’en dégage. J’ai trouvé intéressant le choix de mettre les paroles des chants dans une langues étrangère et de les sous-titrer, car cela aidait à nous transporter dans un autre monde. J’ai aimé également la démarche de réadaptation d’un mythe connu et ancien (de la mythologie grecque), pour en faire une version contemporaine voire un peu futuriste, avec des effets spéciaux.

De cette œuvre, je retiens que l’art évolue continuellement, et que de nouvelles formes d’art apparaîtront sans cesse, grâce notamment à de nouvelles techniques. Le mélange de plusieurs techniques est surprenant et intéressant, il y a parfois le risque de dénaturer ou de détourner l’attention de l’essentiel, mais ici tout est bien dosé. Icare m’a ouvert les yeux sur le champs des possibles en ce qui concerne l’art et le théâtre aujourd’hui.

Amandine Hu

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