They Do Not Exist (Laysa lahum wujud) – Mustafa Abu Ali

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Mustafa Abu Ali, né en 1936 en Palestine, a principalement réalisé des films de résistance pour soutenir son pays d’origine dans le conflit israélo-palestinien. Celui-ci est sorti en 1974 et tient son nom,  « They Do Not Exist » (« Laysa lahum wujud » en arabe), d’une remarque de Golda Meir, politicienne israélienne, à propos des Palestiniens. Ce film de 25 minutes, divisé en neuf parties, a en fait été réalisé par un groupe d’hommes et de femmes Palestiniens qui ont filmé leur vie pendant l’occupation israélienne pour montrer leur condition au reste du monde.

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C’est premièrement la musique qui a attiré mon attention sur ce film en noir et blanc, muet la plupart du temps. Il commence avec une musique orientale joyeuse. La première partie se déroule dans le camp de réfugiés de Nabatia, où on voit des enfants jouer et des femmes faire les tâches ménagères ; la vie semble heureuse. J’ai choisi cette œuvre également car elle traite d’un sujet qui me tient à cœur et auquel je m’intéresse beaucoup.


 

On pourrait relier cette œuvre à un livre, « I shall not hate », qu’a écrit Izzeldin Abuelaish, un médecin de Gaza se battant sans violence pour la paix. Lui aussi décrit la vie dans les camps de réfugiés à Gaza. Mais contrairement à Mustafa Abu Ali, il a les points de vue Palestinien et Israélien car il travaille dans un hôpital en Israël. Il explique qu’il ne faut pas déshumaniser ce peuple qui, lui aussi, désire la paix. Il dénonce donc principalement le comportement des hommes politiques et des forces armées.

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Dans le film d’Abu Ali, j’ai l’impression que la musique a une importance prépondérante. Elle guide les émotions du spectateur à travers le documentaire. Celui-ci fonctionne de manière chronologique.

La première partie est joyeuse, tout comme la musique orientale, bien qu’elle se déroule dans un camp de réfugiés. La deuxième partie est elle aussi assez paisible, même si elle montre la vie des soldats dans un camp sur un fond musical de chant de guerre Palestinien. Dans ces deux premières parties, la musique s’accordant avec le thème imprègne donc le spectateur, en complément des images, de la situation initiale que les cinéastes cherchent à faire découvrir.

Puis il y a un changement. La troisième partie n’est pas en musique, c’est une simple énumération des génocides de l’histoire. Dans la partie suivante, les images deviennent plus violentes ; on voit les avions voler au-dessus de la Palestine en bombardant les camps. Ici, la musique est surprenante : une musique classique occidentale joyeuse, c’est comme s’il s’agissait d’un documentaire sur les oiseaux au printemps. Cependant, ce sont des avions bombardiers et la musique en devient presque ironique.

Dans les cinquième et sixième, la violence s’accroit et la musique s’arrête. C’est à ce moment que le registre devient pathétique. Les images montrent le camp de Nabatia complètement dévasté après le raid aérien, et on entend un discours assimilant ce génocide au génocide nazi. Les parties suivantes sont des témoignages d’habitants du camp racontant les bombardements et la perte de membres de leurs enfants et leurs maisons.

La musique permet donc de transmettre des sentiments que des images ne suffisent pas à exprimer, mais aussi de dédramatiser une situation (par exemple avec les avions). Mais l’absence de musique est tout aussi importante car elle permet de souligner la gravité d’une situation.


 

Je pense que c’est la musique qui fait de ce documentaire une œuvre d’art. En effet, les personnes ne sont pas des acteurs et ce sont simplement des séquences de la vie filmées. Mais le choix des musiques, et de l’absence de tout son, est important et permet de diriger les émotions du spectateur. L’art peut donc être directement issu d’un évènement vrai, introduisant de vraies personnes, si le tout est mis en forme pour faire sens aux yeux du spectateur.

 

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