Why Not Hand Over a « Shelter » to Hermit Crabs?

L’œuvre étudiée s’appelle Why Not Hand Over a « Shelter » to Hermit Crabs?, soit Pourquoi pas des abris pour des bernards l’hermite ? en français, et a été réalisée entre 2010 et 2013 par l’artiste japonaise Aki Inomata.

                C’est lors de l’exposition  « No Man’s Land »  à l’ambassade française du Japon en 2009 qu’Aki Inomata trouve l’idée de ses coquilles pour bernards l’hermite. En effet, l’exposition a pour thème le changement de nationalité de l’ambassade,  qui, pour les 50 années à venir deviendra japonaise. Aki Inomata associe alors ces deux pays s’échangeant un petit bout de terre avec l’habitude qu’on les bernards l’hermite de changer de coquille. Dans les deux cas, le changement est synonyme d’une adaptation à son nouvel environnement. Afin d’obtenir des coquilles artificielles fidèles à leur forme naturelle, elle a effectué une étude tomodensitométrique sur la forme des coquillages pour reproduire leur structure interne. Elle s’est ensuite servie d’une imprimante 3D.

 

                Au premier contact, l’œuvre semble être un simple travail de modélisation puis d’impression de coquilles de bernards l’hermite décorées. Cependant, c’est en découvrant le concept de l’œuvre dans un deuxième temps que l’on prend conscience de la démarche de l’artiste et du message qu’elle souhaite transmettre. En effet, chaque coquille représente une ville du monde et ainsi les mouvements des bernards l’hermite d’abris en abris peuvent s’apparenter aux flux migratoires de la population mondiale. L’adaptation immédiate du bernard l’hermite à son nouvel environnement nous amène donc à faire un parallèle avec l’adaptation, souvent plus compliquée, des migrants dans un nouveaux pays.

                De plus, le rôle de la science rend le concept de l’œuvre intéressant. En effet, dans un premier temps l’artiste a modélisé des coquilles sans tenir compte de leur forme naturelle. Il en résulte que les bernards l’hermite n’ont pas « déménagé » vers ces nouveaux types d’abris. C’est un faisant une étude tomodensitométrique qu’Aki Inomata a pu reproduire la structure interne des coquilles, et enfin créer de nouveaux espaces de vie pour les bernards l’hermite. Le rôle de la science est donc crucial pour cette œuvre et amène une autre question : pouvons-nous choisir où nous souhaitons vivre, ou sommes-nous destiné à vivre dans un habitat qui nous est adapté à l’image du bernard l’hermite qui choisit de ne pas occuper les coquilles artificielles réalisées sans études préalables.

                Enfin, le choix de l’artiste d’imprimer les coquilles en plastique transparent peut être interprété comme une invitation dans leur intimité, ou encore une tentative d’observation de leur adaptation à une nouvelle coquille. Aki Inomata essaye peut être, à travers l’usage de la transparence, de nous inviter à une réflexion sur le mode d’adaptation des migrants dans un nouveau pays.

                Cette œuvre s’inscrit très bien dans le cadre du festival les composites où toutes les œuvres voyagent du Japon à Compiègne par internet et y sont ensuite imprimée. Ce mode de « dispersion » de l’art pose la question de « qu’est-ce qu’est une œuvre d’art », seulement la pièce d’origine, où toutes les copies que l’on a pu en faire grâce à l’impression 3D ?

                Pour finir, je trouve que l’absence de bernard l’hermite pour habiter les coquilles, à l’exposition Généalogie des objets 2.0, dénature l’œuvre car elle rend la compréhension du message de l’artiste presque impossible sans lire les cartels associés à l’œuvre.

Marjorie Ludet

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