Pourquoi pas des abris pour les bernard l’hermite ? (2014) – ANIMA (2002)

Suite à la visite de l’exposition intitulée « Les Composites » présente à l’espace Jean Legendre, j’ai choisi de mettre en perspective deux œuvres :

Pourquoi pas des abris pour les bernard l’hermite ? (2014) : cette œuvre réalisée par l’artiste japonaise Aki Inomata cherche à faire une comparaison, une analogie partielle entre le comportement humain et celui du bernard l’hermite. En effet, ce dernier est un crustacé qui vit dans une coquille dont l’utilité est de lui procurer protection face aux prédateurs. Seulement celle-ci, qu’il doit changer régulièrement du fait de sa croissance, est à l’origine soit un déchet, soit celle d’une autre espèce de crustacé, soit celle d’un de ses congénères prise de gré ou de force. En effet, celui-ci n’hésite pas à s’accaparer la coquille d’un de ses congénère pour survivre si l’occasion se présente. Nous ne pouvons nous empêcher de transposer ce comportement à notre espèce. La première sensation est de se dire que c’est un comportement extrêmement égoïste et cruel, mais on finit par admettre aisément que les faits montrent que l’homme est tout à fait capable de ce genre de comportement seul ou en groupe. C’est ce qu’a souhaité mettre en lumière l’artiste qui a fabriqué à l’aide d’une imprimante 3D des coquilles symbolisant des villes de différentes cultures, mais emblématiques du monde. C’est ainsi que l’on peut observer un bernard l’hermite prendre possession  indifféremment de celles-ci ou de celle-là dans le seul but de trouver protection.

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Pourquoi pas des abris pour les bernard l’hermite ? (2014) – Aki Inomata

Cette œuvre démontre l’origine anthropologique de l’instinct de survie, de l’égoïsme et de la cruauté. Mais au-delà de cela, elle met en lumière la fonction protectrice de la ville pour l’homme comme la coquille pour le bernard l’hermite. De plus, le fait d’observer l’animal s’installer dans telle ou telle coquille indépendamment de la ville, c’est-à-dire de la culture  représenter au-dessus met en lumière une différence entre l’homme et l’animal, entre la fonction et l’esthétisme.  Toujours en rapport avec mon cursus, cela démontre bien l’omniprésence et l’importance que l’humain va portée à l’aspect culturel, historique d’un lieu et c’est un des  facteurs qui nous différencie de l’animal.

Anima (2002) est une œuvre vivante faisant appel à beaucoup d’effets de lumière dont le scénario raconte la tournée d’un groupe d’artistes. Ceux-ci sont en proie à des malaises et à des tensions internes où le réel et le virtuel, le corps et l’âme, le biologique et le technologique, l’immédiat et le souvenir s’entrechoquent et amènent à une analyse et à des questionnements profonds concernant l’être humain, sa condition et son rapport aux autres. Le point de vue est très anthropologique, puisque cette œuvre illustre les analyses sociales émises par l’anthropologue Desmond Morris. L’ambition de cette œuvre est de mettre en lumière le sentiment d’aliénation issu de l‘appauvrissement de nos rapports sociaux et le violent retour sur soi que cela engendre.

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 ANIMA 2002 – Lemieux Pilon 4D art

En tant qu’étudiant en systèmes urbains, cette œuvre m’a interpellé puisqu’elle traite de la complexité des rapports sociaux, de la coopération et de l’isolement avec le malheur qu’il peut en résulter. En effet, il est mis en évidence que l’aménagement urbain ne peut se réduire à l’analyse du nombre de mètres carrés, mais doit prendre en compte, pour être le plus exhaustif possible, une multitude de paramètres et de questionnements anthropologiques, sociologiques, psychologiques, esthétiques, philosophiques…

J’ai choisi de mettre en perspective ces deux œuvres puisque pour moi celles-ci se complète et ont une ambition commune : éclaircir la position de l’homme dans son monde, sa condition, sa relation aux autres et son point de vue sur son environnement. L’homme est donc un être éminemment complexe tiraillé entre son origine animal et tout ce qui le différencie de ce dernier. La conscience, l’imagination, la coopération, la culture, l’art sont le propre de l’homme et lui permette de s’extirper de son origine tout en rentrant en conflit avec les composantes de celle-ci : instinct de survie et l’unique but de se reproduire. Ainsi, c’est deux œuvres viennent se complétées afin de rappeler notre condition d’être humain, à la fois une origine animal instinctive, relativement « primitive », « simpliste » et à la fois des capacités, des désirs, des relations d’une complexité infinie dont il faut avoir conscience, qu’il faut prendre en compte et qui entre en conflit avec notre cerveau reptilien.

Loïc DUBOC

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