DAVID HOCKNEY, Peintre précurseur de la technologie ?

 

David Hockney, peintre et photographe de talent, est né en 1937 au Royaume-Uni. Il est aussi graveur et réalisateur de décors.

Issu d’une famille modeste, il sait depuis l’âge de 11 ans qu’il veut devenir artiste. Il fait donc ses études au Royal College of Art de Londres et se lance dans la peinture en s’inspirant fortement de Picasso pour le cubisme mais son style est aussi emprunté à Kitaj (qu’il rencontre) pour les disproportions et la manière d’assembler les objets.

En 1963, il expose à la Biennale de Paris, ses œuvres deviennent plus autonomes et plus autobiographiques. Il rencontre Andy Warhol à New-York la même année.

Depuis 1978 il travaille à Los Angeles en Californie.

Dans les années 80, Hockney s’intéresse particulièrement aux technologies modernes de la fabrication d’images et commence à faire des expériences avec la photographie.

En 1999, le musée du centre Georges-Pompidou à Paris présente une rétrospective de ses œuvres sur le paysage.

David Hockney aime le grand air et les paysages, surtout ceux de son enfance, qu’il a redécouverts et peints ces 20 dernières années. C’est sur ce travail récent que la Royal Academy of arts s’attarde et dévoile une exposition grandiose: « a bigger picture ».

« Être artiste c’est pour moi interpréter la vie, interpréter vos expériences »

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PEARBLOSSOM HIGHWAY (1986)

  1. Origine de l’œuvre :

A partir de 1978, David Hockney quitte l’Angleterre pour s’installer en Californie. Voulant visiter la région, il s’est alors décidé à passer son permis et louer une voiture. Ainsi 1 à 2 jours par semaine, il circulait sans but précis, dans chaque coin de la ville, un peu partout au bord de la mer, au nord au sud, juste par simple curiosité. Ces promenades l’ont amené à découvrir ces grands espaces désertiques de l’Ouest américain. Il se souvient avoir emprunté la « première route gratuite » jusqu’à Las Vegas en s’enfonçant dans le désert. Seulement en rentrant il s’est perdu sur cette route. Il a pu prendre le temps d’observer et je cite : « quoi que vous regardiez c’est intéressant, c’est le processus même de regarder, j’aime l’idée de Van Gogh qui pensait pouvoir peindre n’importe quoi. En peignant ce qu’il voyait par la fenêtre, il pouvait partir plus loin dans un espace plus grand, s’évader ».

C’est dans cet état d’esprit que David Hockney réalisa 2 œuvres majeures : d’abord le Grand Canyon en 1982 et Pearblossom Highway en 1986.

  1. Étude préparatoire : processus créatif chez Hockney.

Le tableau de Hockney est un photocollage de 119.2 x163.8 cm exposé au Jean Paul Getty Muséum de Los Angeles.

Dans une interview à Lawrence Weschler, David Hockney confie que « la photographie c’est très bien si cela ne vous ennuie pas de regarder le monde du point de vue d’un cyclope paralysé – pendant une fraction de secondes ». En travaillant les polaroids comme dans Pearblossom Highway, David Hockney envisage une notion de temps qui passe dans la photographie. L’artiste précise qu’il a « immédiatement réalisé qu’[il] avait résolu [son] problème lié au temps dans la photographie… Les collages avaient plus de présence que des photographies ordinaires. Avec 5 photos, par exemple, vous étiez forcé de regarder 5 fois ».

CaptureHockney(Les deux photos de gauche) Extrait de l’interview de Hockney par Huell Howser à l’occasion d’une rétrospective au musée d’art moderne de Los Angeles 1988. (La photo de droite) Extrait de l’interview de Hockney par le Getty Museum 2 Février 2012.

Ainsi, durant 8 jours, Hockney prend 650 photos de cette route à différents moments de la journée d’où le sous-titre de l’œuvre : 11-18th APRIL 1986. De ces 650 photos, il va extraire environ 3000 morceaux qui serviront à la création du tableau.

Pour les objets, il adoptera une technique précise de prise de vue où sa volonté est de faire un focus sur l’objet qui l’intéresse. Pour cela, il utilise un escabeau qui lui permet de prendre des photos des panneaux de signalisation de près et de face. Il se positionne alors de telle manière que l’on voit le ciel le moins possible. Ces prises de vue sont la base même de son travail et permettent de comprendre ce qu’il a cherché à nous faire ressentir lorsqu’on regarde le tableau : c’est tout le travail de composition et de perspective. Nous sommes en effet face à chaque détail hors perspective globale. Voici par exemple, un cadrage correspondant à la photo du panneau : on voit le « focus » sur l’essentiel c’est-à-dire la signalisation. Hockney se place tout à fait dans la définition de l’artiste que nous livrait Balzac : « la mission de l’art n’est pas de copier la nature mais de l’exprimer ». L’avantage de sa technique est que chaque objet a une mise au point parfaite ce qui ne serait pas le cas si il avait travaillé à partir d’une seule photo.

  1. Description et analyse :

Pearblossom Highway nous montre un paysage typique de l’ouest américain : en un coup d’œil le spectateur sait situer le lieu. Le paysage typiquement Californien, est désertique avec au centre une route interminable qui se dirige directement sur le point de fuite du tableau (point rose ci-dessous) à l’horizon. A droite de la route, nous pouvons observer des panneaux de signalisation indiquant un STOP et le numéro de la route. En arrière plan, à l’horizon, on distingue une chaîne montagneuse qui parait très loin juste comme une ombre sombre sur l’horizon. Quelques arbres viennent meubler le paysage : ils nous indiquent que nous sommes bien dans un désert aride et chaud puisqu’il s’agit de plantes grasses, sorte de cactus.

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La palette de couleurs est assez limitée : on note des couleurs neutres au sol qui viennent contraster fortement avec les couleurs vives des panneaux de signalisation (jaune, rouge) comme pour attirer l’œil et inciter fortement le spectateur à effectuer un STOP pour observer le paysage plutôt que de la traverser en suivant la route. Le turquoise du ciel bien qu’une couleur froide nous amène à penser qu’il fait chaud : pas un nuage et quasiment pas d’ombre portée aux objets, le soleil est à son zénith.

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3.1- une composition « classique » :

La composition générale de l’œuvre, très classique de prime abord, est en accord avec le parcours artistique de l’auteur. En effet, le ciel occupe environ le tiers supérieur. A l’horizon, un paysage vient structurer la ligne entre la terre et le ciel (massif de montagnes) et sur les 2/3 inférieurs la route qui fuit au centre du point de fuite (point rose) : la perspective est simple avec 1 seul point de fuite et une route est centrée dessus (traits jaunes).Malgré les lignes directrices de la perspective bien marquées, la perspective générale du tableau est faiblement respectée : les arbres et panneaux ne suivent pas la réduction de taille qu’ils devraient avoir dans la nature, engendrant un certain aplatissement de l’ensemble (et contribuant à l’effet « peinture » de l’œuvre)

Pour structurer l’espace terrestre, David Hockney a mis en place un réseau de verticales (traits blancs) à l’aide de la végétation et des panneaux de signalisation. L’ensemble devient alors un peu symétrique par rapport à la route, centrale, donnant un sentiment d’espace infini beaucoup plus important que s’il s’était contenté d’un seul cliché. Les montagnes très petites au fond accentuent ce sentiment d’immensité. On notera qu’il n’y a aucun véhicule et aucun personnage dans ce tableau : le spectateur est vraiment face à l’immensité d’un paysage silencieux et impressionnant,seul face à lui-même aussi, dans une certaine solitude.

Pour fluidifier la composition et alléger le coté symétrique de sa composition, David Hockney va faire appel à 2 astuces au niveau des arbres et du sol :

  • Au premier plan, il place des petits objets du quotidien (dans les ronds blancs) : il s’agit principalement de canettes et bouteilles de soda que l’on ne retrouve pas dans le reste du tableau.

  • Au niveau des arbres, on constate une certaine liberté des branches avec de petites aiguilles aériennes dans tous les sens.

3.2- une originalité dans le détail :

L’originalité de ce tableau vient donc de la technique utilisée à savoir le photocollage qui permet de réunir sur un seul tableau différentes prises de vue et de donner corps à l’espace-temps. C’est la première motivation de David Hockney pour utiliser cette technique particulière. Paradoxalement, Le photocollage par rapport à une simple photographie permet de créer du volume : l’assemblage des photos donne une image avec plusieurs point de vue et ayant chacun leur profondeur de champs. C’est comme si chaque photo était un monde à explorer à part entière, la réalité est interprétée pour emmener le spectateur dans le paysage. « Être artiste c’est pour moi interpréter la vie » prends ici tout son sens.

Pour arriver à ce résultat, Hockney prend chaque photo avec la même technique. Cela se mesure particulièrement au niveau des objets : ils sont tous photographiés indépendamment du paysage, seul, en gros plan et de face. Cela permet de placer le spectateur face à chaque objet hors perspective. Ainsi où qu’il regarde le spectateur se trouve de face : il plonge ainsi dans la photo. Cela forme des centaines de points de vue différents du même paysage selon l’endroit où l’on choisi de se placer et chacun est libre de regarder l’image de tel angle ou tel autre. Finalement, nous sommes proches de chaque détail.

A titre d’exemples, on peut observer en détail les différents panneaux :

  • Si l’on regarde le 1er panneau jaune, on peut voir un jaune plus claire dans la pointe inférieure du losange cela nous montre que David Hockney a réalisé plusieurs prises de vue de chaque objet sur plusieurs jours mais avec le même angle de vue : toujours de face et de près. Il a ensuite mélangé différents morceaux de différentes photos pour obtenir plus de relief et travailler la lumière et les volumes comme il l’aurait fait avec un pinceau.

  • Au niveau du panneau indiquant la route 138 de couleur turquoise, le panneau final du tableau est constitué non seulement de plusieurs photos mais également de différentes tailles. C’est particulièrement visible au niveau de la flèche en dessous. L’arbre à droite du STOP est lui aussi constitué de plusieurs prises de vue. Chaque détail vient d’une photo différente.

  • Si l’on s’intéresse au panneau STOP rouge au fond on constate que ce STOP n’est fait que d’un morceau sans distorsion ni montage. Le but de l’artiste ici est d’emmener le spectateur au centre du tableau, mais pas seulement son regard, c’est le placer physiquement au centre, dans le paysage pour qu’il observe l’espace. De plus, ce stop est aussi symbolique puisqu’il invite par là même le spectateur à s’arrêter et à regarder le paysage, se laisser entrer en immersion dans le paysage, comme Hockney l’a lui même fait quand il a eu l’idée de ce photocollage.

Cette technique a été largement reprise aujourd’hui pour former ce qu’on appelle la photo panoramique ou panorama. De nombreux logiciels et applications permettent à tout à chacun de créer le sien facilement, l’intérêt ici étant d’avoir la plus fidèle représentation du paysage « comme si on y était » et de pouvoir s’y immerger. On perd donc en subjectivité. Cette technique s’est beaucoup améliorer grâce aux progrès de la retouche photographique et la qualité des appareils photo : la fusion des différentes images est parfaite, et la profondeur de champ est meilleure, donnant ainsi l’impression de pouvoir se promener dans l’image.

Par exemple, paris-26-gigapixels.com est le plus grand panorama jamais réalisé au monde et permet d’avoir une vue imprenable de Paris sur une très grande distance. Ce principe de panorama est largement décliné : panorama 360°, panorama 360°*160° pour une navigation verticale dans la photo, panoramas sphériques qui, à l’aide de logiciel spécialisé, donnent vraiment l’impression d’être au centre de la pièce… Il est même désormais possible de prendre un panorama à 360° en une seule prise grâce à des appareils photos spécifiques.

Cette technologie, de manière générale, a largement intéressé le domaine touristique où de nombreux musés et autres lieux culturels proposent désormais leur visite virtuelle.

Enfin, ce photocollage donne corps à un espace-temps, également par le rapport au temps qu’il inclut : il induit une mesure du temps par le fait que chaque photo représente une prise de vue unique à un instant précis. L’instant d’après, ce n’est plus la même photo, le même paysage. Ainsi, le photocollage est la juxtaposition d’instants, une sédimentation du temps à l’instar d’un tableau, peint patiemment.

De manière générale, on peut dire que ce tableau c’est avant tout beaucoup de détails assemblés. Il n’y a pas qu’un point de vue central. La construction est complexe : il a fallu d’ailleurs 8 jours de prises de vue et un mois d’assemblage en atelier. Ce tableau est la seconde version. Dans l’interview du 20 mai 2010 où David Hockney explique son œuvre lors d’une exposition, il explique qu’il « construisait sans se poser la question de ce que serait le résultat final, mais juste pour que cela soit beau ».

  1. Pearblossom Highway : Photo ou peinture ?

De par la formation de peintre de l’artiste et de par l’arrangement de son photocollage, il serait possible d’associer Pearblossom Highway à une peinture. Après tout, la photographie en tant qu’ «  écriture de la lumière » peut se référer sans rougir à la peinture impressionniste. Alors, photo ou peinture ? Lorsque la question est posée à l’auteur, il répond : « mon ami photographe disait que c’était une peinture et moi, je disais une photo ».

Outre le travail de prise de vue photographique, on peut observer des techniques propres aux peintres, en particulier dans le travail d’assemblage. Dans un certain sens, il peint le ciel, car à l’aide des photos du ciel prises à différents moments de la journée pendant 8 jours, il obtient des couleurs différentes qu’il peut choisir comme le ferait un peintre en les assemblant et les mélangeant. Il a donc sélectionné des bleus plus foncés ou plus clairs. Finalement le ciel est formé d’environ 2000 pièces comme 2000 touches de peinture…

De même, en déplaçant les arbres, les panneaux, l’artiste prend des décisions pour composer son tableau à la façon d’un peintre. C’est d’ailleurs la démarche de beaucoup d’autres artistes : de manière très précoce, on le retrouve chez les pointillistes, tels que Seurat ou Signac, qui juxtaposent des points de couleurs qui finissent par se fondre avec la distance, formant ainsi une image. Ceci dit, ces artistes vont encore plus loin que Hockney car ils divisent les couleurs mêmes.

Après Hockney, d’autres artistes se sont également inspiré du principe pour créer la mosaïque photo, image rendue visible par assemblage de photos d’autres sujets en fonction de leur teinte. Les photos deviennent les pixels d’une image plus grande en quelque sorte. Joseph Francis serait ainsi le créateur de cette technique, une des première en CAO (Création Assistée par Ordinateur), avec son œuvre Live from Bell Labs (1993).

Au niveau des arbres, on voit bien la technique d’assemblage via de multiples morceaux de photos : ces arbres sont uniques et issus de composition,Ils n’existent pas en tant que tel dans le paysage réel de départ. Comme dans ses tableaux, Hockney choisi les couleurs, les intensités, la taille des touches… Il est avant tout un peintre et cela ce ressent dans sa démarche esthétique.

La véritable originalité et même innovation de Hockney, c’est qu’il utilise la photo d’une manière inédite : par son photocollage, il déconstruit la photographie et place au premier plan la subjectivité de l’auteur, comme en peinture. La déconstruction se fait en décomposant ce qu’il voit (le paysage) à la manière dont l’appareil photo numérique capte l’image : chaque capteur réceptionne la luminosité d’une partie infime du sujet et est restitué/interprété pour former une image complète. Seul, l’élément capté n’a pas de sens, mais mis en cohésion, il fait apparaître une image figurative/intelligible. Hockney ferait en quelque sorte une partie du travail d’un appareil photo, ou même d’un œil d’insecte.

Et c’est d’après le même principe que des chercheurs de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign sont en train de travailler sur de minuscules drones capables de prendre des photos avec un angle de vue de presque 180°.

Cette prouesse bio-inspirée est possible grâce à un assemblage de minuscules lentilles organisées de manière convexe afin d’agrandir le champs de vision. Chaque lentille va capter la lumière et un « morceau » de la scène prise, et va se comporter comme une photo traditionnelle, qui sera assemblée avec les autres prises de vues des lentilles afin de former une image avec une profondeur de champ quasi infinie : les éléments pris en photos seront nets peut importe la distance du drone.

Cependant, chaque lentille représente un pixel de la photo finale, faisant une photo d’une résolution de 180 pixels, ce qui n’est pas vraiment exploitable. Augmenter le nombre de capteur est donc le prochain défie de ces chercheurs.

Les applications d’une telle technologie seraient aussi bien militaires que médicales, et pourquoi pas même, artistiques.

  1. Les paysages de l’Ouest ou pourquoi les westerns nous donnent un autre regard sur l’œuvre de Hockney ?

Le paysage californien qu’Hockney nous décrit est proche de ceux que l’on voit dans les westerns : un paysage fortement associé à l’identité nationale des Etats Unis alors que curieusement, historiquement, il ne s’est pas passé grand-chose. Synonyme de liberté, associé au mythe des terres vierges et de la nature sauvage, ce paysage de l’Ouest fait écho en chacun de nous comme le font les paysages de western.

Ce contexte géographique, déjà largement exploité, a donné forcément une dimension supplémentaire à l’œuvre de Hockney qu’il n’aurait pu trouver dans aucun autre paysage. C’est sans aucun doute un des attraits supplémentaire du tableau : on est à l’intérieur comme chez nous avec un plaisir certain à observer chaque détail comme un voyage.

Il y a quelques points communs entre Pearblossom Highway et les paysages de Western, en particulier nous avons étudié les paysages dans The searchers de John Ford 1956 et Dead Man de Jim Jarmusch 1995. Dans ces westerns ressortent l’importance du ciel et de l’horizon :

  • Le ciel tient une place essentielle dans la composition : il est limpide comme l’homme qui aspire à la pureté.

  • L’horizon est la limite du regard entre le ciel et la terre : la limite entre le réel et le possible comme une promesse de conquête.

Chez Hockney aussi le ciel et l’horizon ont cette même présence comme un lien avec l’imaginaire des westerns. Les plans des films sur les grands espaces, comme le tableau Pearblossom Highway, sont coupés en 2 zones séparées par l’horizon : le ciel en bleu et le sol sable/ orangé .

Hockney nous témoignerait-il pas de la sérénité des grands espaces comme le western témoigne de la nostalgie d’un monde immuable ? Hockney n’est il pas comme les personnages principaux de The Searchers dans une quête et un goût de la découverte de l’aventure comme un voyage initiatique ? Dans le film, les personnages errent et se perdent dans de vastes paysages. Hockney a quitté l’Angleterre pour la Californie, il raconte circuler sans but et choisit la route 138 alors qu’il se perd en rentrant du grand canyon.

Dans Dead Man, Jim Jarmusch montre le train comme le moyen de transport emblématique de l’expansion du monde moderne. Chez Hockney, le train est simplement remplacé par la voiture : les panneaux de signalisation des témoins du monde moderne. Hockney nous interpelle sur ce monde notamment avec les bouteilles et canettes qui jonchent le sol en premier plan uniquement. Elles contrastent avec la beauté et l’immensité des grands espaces.

  1. Une œuvre qui s’inscrit dans le Pop Art :

Le Pop Art est un mouvement né à partir d’initiatives individuelles dans les années 50 en Grande Bretagne et en Amérique. Les artistes prennent appui sur la culture populaire propre à la société de consommation rejetant les approches modernistes actuelles à la culture ainsi que les points de vus traditionnels des beaux-arts. Ces artistes utilisent l’ironie et la parodie pour dénoncer la manipulation de la société.

David Hockney est généralement associé au Pop Art. Ce lien vient du fait qu’il représente des objets du quotidien (canettes, bouteilles, panneaux signalisation…) tel que le faisait Andy Warhol dans ses œuvres (Green Coca Cola Bottles, 1962).

Chez Hockney ces objets sont d’autant plus mis en avant qu’il utilise des couleurs vives, qu’il fait des cadrages précis et en gros plan. A la façon cubiste, les collages déforment la réalité.

  1. Conclusion :

Avec PearBlossom Highway, David Hockney a conservé une structure classique, proche des plans de Western. Et pourtant, ce tableau grâce à son approche cubiste et PopArt à la fois nous donne une démarche originale qui nous interpelle. L’originalité est dans la technique utilisée : le photocollage et dans le travail de prises de vue des objets notamment. Cette originalité est fortement renforcée par la notion d’espace/temps qu’il a su introduire dans ces photos : notion du temps qui nous renvoi directement au contraste entre la nature et le monde moderne (que la voiture symbolise).

Sans cesse dans le renouvellement de sa création et l’apprentissage de techniques, Hockney sait toujours combiner technologie et créativité : il a en effet commencer à peindre sur ipad, et même à envoyer ses création par mail, requestionnant ainsi le statut d’œuvre d’art.

Sources :

http://www.telerama.fr/scenes/de-la-toile-a-l-ipad-david-hockney-peintre-en-liberte,82245.php


Emeline Maugis, Ninon Durivault

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