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Archives d’Auteur: madamouralexis

Contexte :

De nos jours de plus en plus de choses sont automatisées. La présence de robots (au sens large) dans nos cuisines, nos industries est une chose acquise. En sera-il de même plus tard avec les robots androïdes, ceux dont l’apparence est semblable à celle des humains ? Notre étude montrera de possibles immersions des robots dans notre vie quotidienne à travers le design et l’art. Nous étudierons principalement des travaux de l’ingénieur Hiroshi Ishiguro pour ensuite élargir au cercle du 7e art.

Présentation d’Hiroshi Ishiguro :

H.Ishiguro est un ingénieur Japonais complet. Diplomé d’informatique en 1986 à l’Université de Yamanashi, il poursuivra ses études à Osaka où il fera un doctorat en physique puis sera diplômé en 1992 des sciences de l’ingénieur et des systèmes mécaniques. Cette formation complexe, complète et variée va amener Hiroshi Ishiguro à être actuellement directeur du Laboratoire de Robotique Intelligente à l’université d’Osaka.

Le but premier des recherches sur l’homme d’Hiroshi Ishiguro, sera de montrer qu’il n’existe pas de nature humaine et qu’ainsi un être peut être remplacé par un robot que l’on aurait bien codé. L’auto-apprentissage de nouveaux caractères par un robot (un robot intelligent et apprenant) peut être considéré comme un but ultime, du moins c’est vers cette pensée que allons dans cet article. Voici un lien vers un extrait d’iRobot où Sony apprend par lui-même à cligner des yeux, un caractère humain inconnu pour lui jusqu’à ce moment.

Nous allons vous présenter quelques travaux de ce laboratoire et voir si l’on peut considérer que certains sont à la fois l’œuvre d’un corps ingénieural comme d’un corps artistique.

Etude de ces travaux :

Le télénoïde :

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Doté de 2 caméras, 2 microphones, d’une batterie et de moteur, ce robot est là pour permettre d’avoir une conversation à distance avec un humain. Le but du télénoïde est d’apporter une présence physique qui simule les gestes de l’interlocuteur, bouge les lèvres en fonction des propos à dire,… C’est un skype mais d’une autre façon, on a un robot qui « interagit » avec nous, devant nous.

Sa présence dans notre étude est liée à son design minimaliste. Il est censé représenté les traits essentiels de l’être humain, c’est à dire son visage et son tronc. Le télénoïde n’a pas de bras, pas de jambes, est asexué, n’a pas d’âge et mesure entre 50 et 80cm.

Le but de ce design particulier et de rendre l’objet « soft and pleasant ». Il doit pouvoir entrer facilement dans notre vie quotidienne, sa taille permet que l’on ne soit pas (ou moins) dérangé par sa présence en opposition à un grand robot du même aspect. Ses formes élémentaires nous permettent de l’identifier très facilement avec n’importe quelle personne à qui on serait en train de parler par son intermédiaire.

Voici une vidéo qui présente un cours donné à distance, cette vidéo sert aussi à promouvoir le produit :

Une version portable du produit, l’elfoïde, est disponible et a pour but d’améliorer nos échanges téléphoniques par cette présence donnée par l’elfoïde.

Les androïdes :

Ces robots aux apparences humaines, issu du monde scientifiques ont désormais un rôle croissant dans le monde artistique et « bouleverse » certaines relations.

Le 27 Novembre 2014, à l’Espace Jean-Legendre de Compiègne, s’est tenue une représentation de la métamorphose de Kafka : version androïde. La pièce en elle-même est centrée sur les robots. En effet Gregor Samsa, un enfant, se métamorphose en androïde ! Le caractère exceptionnel de la représentation proposée par Oriza Hirata est que le personnage principal (Gregor Samsa) est réellement joué par un androïde, une première en son genre.

Ici l’androïde est au cœur du problème et de la pièce. La construction de la représentation artistique s’est faite avec des interactions constantes entre le metteur en scène, l’ingénieur (H.Ishiguro), les acteurs et la pièce elle-même !

Ainsi Repliee S1, l’androïde sur scène, a pris la place d’un acteur principal sur scène se qui le rapproche du monde artistique !

Ce n’est pas la seule pièce où un robot est actif sur scène, joue un rôle, on peut aussi citer Sayonara version androïde.

Les androïdes : cas particuliers des géminoïdes

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Les géminoïdes sont des androïdes pourvus d’une apparence humaine. Ishiguro a décidé de donner son apparence au premier géminoïde.

Le fait de donner son apparence à son œuvre apparaît ainsi tel un autoportrait. On peut alors faire le parallèle avec De Vinci grâce à leurs profils assez semblables, d’ingénieur et d’artiste.

Il est intéressant de voir l’évolution de l’autoportrait : De Vinci s’est représenté à l’aide d’un simple crayon alors qu’Ishiguro a utilisé un panel de nouvelles technologies pour créer son œuvre. Mais au final, la fonction principale de l’autoportrait n’a pas bougé. Cependant, le géminoïde permet de laisser une trace plus précise grâce à des expressions, des traits de visage beaucoup plus clairs et avant tout, en relief.

Cette notion de relief on peut aussi la retrouver dans les sculptures. Mais comme les portaits, les sculptures ne permettent pas de garder une gestuelle propre au modèle. Ce que les géminoïdes parviennent à faire.

Les Robots au cinéma :

 

I-Robot :

Dans ce film de 2004 réalisé par Alex Proyas, les robots font partis du quotidien des humains. Cependant, ils ne sont pas encore leur égal. En effet, les robots doivent obéir aux humains selon 3 lois :

-Première loi : un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

-Deuxième loi : un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi.

-Troisième loi : un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’est en contradiction ni avec la première ni avec la deuxième loi.

Mais Sony, un nouveau robot, va se démarquer de ses lois et chercher à se comporter comme un humain. Il va notamment essayer d’apprivoiser des caractères propres aux humains (ex : clin d’œil)

Ce film au très grand succès a permis de familiariser le grand public avec les robots.

Wall-E :

 

WALL-E est un film d’animation américain, signé par les studios Pixar, réalisé par Andrew Stanton et sorti sur les écrans en 2008. Le film, qui se place dans le futur, suit l’histoire d’un robot nommé WALL-E, conçu pour nettoyer la Terre de ses déchets. Celui-ci va tomber amoureux d’un autre robot, nommée EVE, et la suivre dans l’espace pour une aventure qui va changer le destin de l’humanité.

Ce film permet de toucher le jeune publique déjà baigné dans un monde plus connecté. Cette « génération née avec l’informatique » sera certainement plus en mesure d’accepter l’idée de vivre avec des robots que les précedentes.

Guillaume Dendievel & Alexis Madamour

« The Artist » de David Shrigley (2012)

Cette vidéo « noir et blanc » est composée de dessins créés par Shrigley puis animés par James Newport, comme le reste de ses œuvres animées. D’une durée de 2’24’’, cette vidéo présente un artiste peintre en train de représenter une femme nue à partir d’un modèle.

Cette œuvre a su retenir notre attention grâce à sa simplicité et son accessibilité. En réalité, le titre nous a de suite inspiré car nous avons fait directement le lien avec le film qui a valu un oscar à Jean Dujardin. Cependant, le seul point commun entre ces deux œuvres est le « noir et blanc ». Le premier visionnage nous a incité à regarder la vidéo de nouveau pour mieux cerner le message véhiculé par l’artiste. En plus de cette vidéo, nous nous sommes tournés vers le site de l’artiste ainsi qu’un article du Guardian (en lien ci-dessous). Le titre de son manifeste « Weak messages create bad situations » illustre bien la philosophie de l’artiste.

(Article du Guardian, consulté le 13/03/15 : http://www.theguardian.com/artanddesign/2014/nov/13/david-shrigley-ngv-melbourne-interview )

(Site de Shrigley : http://www.davidshrigley.com/ )

Pour en revenir à la vidéo, les premiers traits de l’artiste représentent la poitrine de la jeune femme, mettant en exergue la caricature de l’artiste selon Shrigley. Le reste de la vidéo nous présente l’œuvre du peintre comme une simple copie du modèle jusqu’au moment où il modifie la réalité en faisant sourire le modèle alors que celle-ci laisse paraître une mou tout au long de la vidéo. D’un point de vue général, l’attitude du peintre est aussi comique. Il arrive, peint le modèle présent et s’en va. Aucune interaction entre les deux êtres humains ne ressort. De nouveau on retrouve l’idée de moquerie des travaux de Shrigley. En effet en consultant son site personnel, on se rend compte que l’ensemble de son œuvre est axée sur l’humour noir et la critique sans être non plus dans l’excès.

Le message de Shrigley est ainsi bien illustré par cette vidéo, il est vrai qu’il cherche à ce que ses œuvres soient sujettes à controverse mais aussi compréhensibles et accessibles par tous sans bagage culturel. C’est pourquoi sur UBUWEB la vidéo se suffit à elle-même et n’est accompagnée d’aucun commentaire. Selon Shrigley, ce qui fait de ses travaux des œuvres, sont les interprétations que chacun peut en faire. Même si à première vue, l’ambiance dégagée nous laissait envisager une vidéo plus comique, le fait que cette vidéo nous ait transmis un message permet de l’assimiler à une œuvre. Selon nous, c’est l’une des caractéristiques de l’Art que de faire passer des messages.

Guillaume Dendievel & Alexis Madamour

Aki Inomata est une artiste japonaise née en 1983 et diplômée de l’Université des arts de Tokyo. Les êtres vivants, tels que les bernard l’hermite ou les chenilles, font partie intégrante de ces œuvres. L’œuvre ainsi présentée au festival des Composites, dont le titre original est  « Why Not Hand Over a ‘Shelter’ to Hermit Crabs? » est faite de plusieurs coquilles de bernard l’hermite intégralement réalisées à l’aide d’une imprimante 3D. Mais ces coquilles ne sont pas que de pâles reproductions plastiques d’une coquille normale. L’artiste a voulu changer les codes et à décider d’orner les coquilles avec différents paysages. Allant des gratte-ciels new-yorkais aux moulins hollandais, ces abris pour crustacés sont ainsi tous différents les uns des autres. Mais en apparence seulement.

Zaanse Schans – Pays-Bas

Thaïlande

New York – États-Unis

C’est ce point qui a fait que j’ai choisi cette œuvre-ci. En effet, les coquilles possèdent une « architecture intérieure » bien spécifique. Pour que l’œuvre prenne sens, il fallait donc que les bernards puissent s’y installer. Et c’est là où la science entre en jeu. Grâce à une étude tomodensitométrique (la tomodensitométrie, appelée aussi scanographie, est une technique d’imagerie ; souvent utilisée dans le domaine médical ; qui consiste à mesurer l’absorption des rayons X par les tissus puis, par traitement informatique, à numériser et enfin reconstruire des images 2D ou 3D des structures anatomiques), Inomata a pu recréer à l’identique la forme intérieure des coquilles. Sans cette technique, l’artiste aurait eu plus de difficulté à mener à bien son œuvre.

Au delà de l’aspect technique, on peut aussi s’intéresser au message qu’Inomata a voulu faire passer avec ces œuvres. Le choix de représenter différents paysages n’était pas anodin. L’artiste a voulu mettre en avant la mobilité des bernard l’hermite, qui en changeant seulement de coquilles, transforment leur apparence. Elle a ainsi voulu faire le parallèle avec le destin de migrants et de réfugiés qui voient leur identité changer selon leur nouveau pays. Au travers de cette oeuvre, elle met ainsi en exergue l’adaptation dont font preuve ces crustacés. Adaptation que l’on peut largement identifier aussi chez l’Homme qui lui, en découvrant un nouveau pays va « s’adapter au moule » de celui-ci.

La seule critique que je puisse émettre vis-à-vis de cette œuvre ne concerne pas le message qu’elle véhicule, mais plutôt la manière. Selon moi, « la Nature fait bien les choses » et il y’a forcément une raison pour laquelle les coquilles de bernard l’hermite possèdent cette forme de spirale (même si je n’ai aucune idée de cette raison). Transformer alors cette forme me laisse perplexe.

Alexis Madamour

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