archive

Archives d’Auteur: mauriceqch

L’intégration des nouvelles technologies dans les arts musicaux est une problématique essentielle de nos jours notamment dans la conception d’instruments de musique ainsi que dans la création musicale. Nous allons donc aborder différents thèmes pour fournir des notions solides permettant d’appréhender la relation entre art et technologie par l’intermédiaire de la musique.

– La musique

La compréhension des bases de la théorie de la musique est importante pour comprendre la relation entre art, dans notre cas la musique, et technologie.

Nous avons tout d’abord abordé le fonctionnement du système de notation musical. La notation se base sur un système de portée, un ensemble de cinq lignes horizontales. Des symboles sont ensuite placés sur ces lignes, la hauteur du symbole correspond à la hauteur de la note et la forme du symbole indique la durée relative de celle-ci par rapport aux autres notes. Le tempo, souvent indiqué en début de partition, fournit l’information sur la vitesse de jeu.

Après ces notions basiques, nous avons expliqué brièvement le concept de nuances ainsi que leur notation. Nous avons aussi mis en exergue les concepts d’ossature et de mélodie ainsi que leur importance en analyse musicale.

Nous avons ensuite appliqué ces notions à quelques unes des 12 variations de « Ah vous dirai-je maman » par Mozart.

– Science et musique

Nous avons ensuite abordé le thème de l’acoustique des salles de concerts ainsi que les principales caractéristiques de celles-ci et leur importance :

  • Temps de réverbération
  • Sensation d’espace sonore (forme,matériaux)
  • Puissance du son
  • Clarté du son

Puis, nous avons étudié les différentes pièces composant un piano numérique et leurs fonctions :

  • Système électrique: reproduction du son – timbre du piano, harmoniques
  • Clavier mécanique: toucher dynamique – touche lesté et double échappement
  • Amplificateur/ prises casques
  • Interface MIDI: enregistrement et traitement

Enfin, nous avons abordé les bases de la numérisation sonore et mis en relief les avantages et inconvénients que présentent les instruments numériques.

– La musique de nos jours

Dans cette dernière partie, les différences de perception entre les oeuvres diffusées par voie numérique et les oeuvres écoutées en salle de concert ont été évoquées. Parmi ces différences, l’acoustique des salles de concert, l’interaction artiste-public et les différences de représentation sont parmi les principales. La question de la perte de qualité par numérisation a aussi été soulevée.

Nous avons ainsi réalisé une analyse de la vidéo de Jarrod Radnich, un pianiste se produisant principalement sur Youtube, qui nous interprète « Pirates of the Caribbean » ce pour illustrer ces différentes notions. L’utilisation des technologies au service de la musique sublime ici une performance d’une qualité déjà impressionante.

Dans toutes les pratiques musicales, y compris celles qui se caractérisent par l’utilisation des nouvelles technologies telles l’électronique ou l’informatique, le geste reste une action sans laquelle le son ne pourrait exister.

On se pose aussi la question de la valeur de l’oeuvre musicale selon les différences dans les supports de diffusion et les moyens de productions utlisés. La technologie a ouvert la porte à de nouveaux moyens de production musicale. Cependant, on remarque que le geste de l’artiste reste essentiel à la production du son.

Orchestre d’une personne : cliquer sur l’image pour plus de détails

L’évolution de la technologie a des conséquences dans le domaine de l’art et la réciproque est tout aussi vraie. La science et l’art sont deux domaines qui s’alimentent mutuellement. Dans le contexte de la musique, Musique et Technologie sont deux domaines qui co-existent et se co-constituent.

QUACH Maurice, JU Di, SOH Yoann

http://www.ubu.com/film/fei_shadow.html

 

L’oeuvre étudiée s’intitule “Shadow Life”. L’auteur de l’oeuvre est Cao Fei (1978), un artiste chinois spécialisé dans les théâtre d’ombres.

Cette oeuvre a été réalisée en 2011.

L’oeuvre s’installe dans l’enfance de Cao Fei, en Chine.

 

Nous avons connu l’oeuvre à travers le site internet Ubuweb.

A la découverte de cette oeuvre, ce qui nous a frappé est la singularité de cette oeuvre qui traite d’un sujet assez original dans une période historique où la Chine connaît de grands changements. Le choix de l’auteur de faire part de son point de vue à travers un théâtre d’ombres est aussi particulier. L’auteur s’exprime beaucoup de manière symbolique, voire satirique, ce qui est peut-être dû au format même de l’oeuvre ou au message que l’autre veut faire passer.

Notre groupe a une forte composante multi-culturelle notamment avec un attrait pour la culture orientale/asiatique. Cette oeuvre traitant d’un sujet très intéressant  et mettant en lumière une partie riche en évolutions et évènements décisifs de l’histoire de la Chine, nous avons choisi de l’étudier.

Cette oeuvre peut être interprétée de différentes manières ce qui est source de richesse.

Chronologiquement, elle retrace l’histoire de la Chine contemporaine. Elle est en effet divisée en trois parties intitulées “Rock”, “Dictator”, “Transmigration”.

La première partie présente une période historique, avant l’industrialisation, pleine de légendes. On y suit l’histoire de trois animaux, un chasseur un homme aveugle et une divinité pourchassant une pépite d’or qui se révèle au final être une simple pierre.

La seconde période présente la révolution culturelle lancée par Mao Ze Dong. Elle met l’accent sur la rapide évolution de la Chine pendant cette période, tant au niveau industriel, culturel mais aussi politique. Cette période est présentée de manière plutôt sombre avec notamment le leader qui devient un chien sauvage et les suiveurs brandissant le livre rouge de Mao. On y voit aussi la déforestation, conséquence de l’industrialisation, qui sévit pendant cette période.

La troisième partie présente une période, source de nombreux changements. On peut observer des animaux fuir leur habitat, des villageois fuir leurs villages pour se retrouver au final dans des villes : c’est le symbole de l’urbanisation.

Cependant, cette oeuvre peut aussi être interprétée comme une auto-biographie de l’auteur.

La première période peut être interprétée comme le symbole des désillusions de l’auteur durant sa jeunesse, la seconde période symbolise le vécu de l’auteur concernant la révolution culturelle notamment l’endoctrination durant cette période, la troisième période peut être interprétée comme le réveil de l’auteur à la fin de la révolution culturelle, il découvre alors un monde, qui devient chaque jour plus différent de celui qu’il connaissait.

On peut se demander en quoi c’est une oeuvre, et quel est le sens, le message que l’auteur a voulu faire passer. Le point de vue adopté dans l’oeuvre est celui de l’auteur. Il est justifié de se demander si ce point de vue est représentatif de ce qui s’est passé et du point de vue de tous les Chinois.

Ce travail est une oeuvre sur de multiples aspects. La technique utilisée, les ombres chinoises, nous montrent le grand savoir-faire de l’auteur. Chacun aura vraisemblablement une interprétation différente de l’oeuvre. Ainsi la signification de l’oeuvre peut différer selon la culture, la personnalité, les expériences de chacun.

Cette oeuvre décrit la métamorphose de la Chine et amène à se poser de nombreuses question notamment sur l’objectivité du point de vue de l’auteur mais aussi sur l’histoire même de la Chine.

 

 

La musique utilisée pendant la seconde partie de l’oeuvre, caractéristique de la période maoïste. est appelée “musique rouge” ou “musique Mao” en Chine.  On peut ainsi faire un parallèle entre cette oeuvre et les différentes compositions musicales de cette période : par exemple, 东方红, 义勇军进行曲, 北方吹来十月的风 et 救国军歌.

Cao Fei a aussi réalisé d’autres oeuvres : East Wind (2011), Whose Utopia (2006), RMB City (2007), Qi of RMB City (2009). East Wind et Whose Utopia sont des courts-métrages, RMB City est une construction réalisée sur Second Life, un MMORPG en 3D. Qi of RMB City utilise RMB City comme cadre pour des contes. On voit donc que l’artiste a réalisé des oeuvres très différentes. On peut cependant rapprocher ces oeuvres de Shadow Life par le style particulier de l’artiste qui présente ses oeuvres avec de nombreuses références au passé, plus précisément à la période correspondant à son enfance. Les oeuvres de l’artiste sont donc imprégnées de la culture dans laquelle il a été baigné enfant.

Comme dit précédemment, l’oeuvre de Cao Fei rend compte des transformations qu’a subi la chine durant les dernières années. Premièrement la technique utilisée, les ombres chinoises, fait partie intégrante de la culture chinoise et installe ainsi le contexte, à savoir la Chine.
Ensuite, le contenu de l’oeuvre relate la vie de l’artiste à travers sa propre perception de la Chine. La vie de Cao Fei est ainsi retracée, à travers la technique des ombres chinoises, d’où le titre Shadow Life.

L’originalité de la représentation et l’absence de langage oral nous a beaucoup frappés. En effet, de façon surprenante, le message de l’oeuvre reste aisément compréhensible et en devient même plus profond car faisant appel à l’imagination et l’intelligence du spectateur. Cette oeuvre peut donc faire sens, de manière différente, pour chacun.

On peut se demander si la déforestation et l’industrialisation ne sont pas exagérés volontairement par l’auteur ? La troisième partie, dédiée à ce sujet, ne représente qu’une minute sur les dix minutes de la vidéo. La durée très courte dédiée à cette partie rend peut-être compte du ressenti des Chinois sur l’industrialisation en Chine.

D’un autre côté, le point essentiel n’est peut-être pas si le message correspond bien à la réalité. Donc dans notre cas, si l’ampleur de la déforestation et de l’industrialisation est aussi importante que l’auteur peut le laisser penser. On observe en effet, dans la scène finale, la renaissance de la nature autour des deux amoureux. L’auteur nous montre ainsi que la nature reste le milieu naturel de l’homme. Dans un monde de plus en plus urbanisé, où chaque jour l’homme prend un peu plus le dessus sur la nature, parfois dans une véritable logique d’affrontement, voire de conquête, il est important de se demander si l’homme et la nature sont vraiment deux entités séparées ou deux éléments d’un même ensemble, indissociables l’un de l’autre.

SOH Yoann, JU Di, QUACH Maurice

DESPATCH dans le cadre du projet ARTSAT

L’oeuvre présentée, réalisée en 2014, s’intitule DESPATCH. DESPATCH fait partie du projet ARTSAT : Satellite art project. ARTSAT est une initiative lancée par l’Université d’Art de Tama et de l’Université de Tokyo.

La modélisation puis l’impression 3D sont utilisés pour réaliser cette oeuvre qui sera ensuite envoyée dans l’espace.

Cette oeuvre a donc pour objectifs de s’insérer avec succès dans l’orbite terrestre et à partir de cette position d’émettre une poésie générée par un algorithme en fonction des températures et vitesses captées par l’engin spatial.

 

DESPATCH est présentée à l’espace Jean Legendre dans le cadre d’une exposition sur l’impression 3D.

C’est une oeuvre très étonnante car l’impression 3D est une technologie jeune. Le choix de cette technologie pour un engin spatial est particulier car les constructions aérospatiales sont soumises à des contraintes fortes et demandent une grande fiabilité ce qui peut manquer à une technologie de fabrication qui n’est pas encore arrivée à maturité.

Cette oeuvre est donc exceptionnelle tant au niveau technique qu’artistique. Elle nous donne un avant-goût des possibilités infinies de l’impression 3D. La présentation de cette oeuvre aux quatre coins du monde grâce à l’impression 3D est un mode d’exposition peu conventionnel. Il est très intéressant d’observer l’évolution des modes d’expressions de l’art. On dit souvent que la mondialisation a transformé le monde en un village, notamment par l’apparition de nouvelles manières de communiquer qui ignorent presque totalement la localisation géographique. On peut ainsi se demander si l’on n’est pas en train d’assister au même phénomène mais cette fois pour les objets physiques, plus seulement pour l’information. Il est aussi possible d’interpréter ça comme la réduction de l’objet, de la matière en une simple information, une série de 0 et de 1. Entrons-nous dans une ère où tout sera information ?

 

On peut rapprocher cette oeuvre des récentes avancées en réalité virtuelle.

En effet, là où le scan 3D et l’impression 3D nous permettent de faire transiter des objets du monde réel au monde numérique puis du monde numérique au monde réel. La réalité virtuelle permet elle de nous plonger dans le monde numérique. Dans le futur, cette distinction que nous faisons entre monde réel et virtuel n’aura peut-être plus de sens. La frontière entre les deux mondes s’estompe de plus en plus avec l’apparition de nouvelles technologies qui vont révolutionner notre façon de concevoir le monde.

 

Pour conclure, on peut dire que DESPATCH est une oeuvre de très haute qualité. Au niveau de la technique bien sûr, la réalisation d’un engin spatial à l’aide de l’impression 3D est un défi difficile qui a été abordé avec brio. Mais aussi au niveau artistique, c’est une oeuvre qui nous laisse voir de nombreuses perspectives et nous amène à soulever de nombreuses problématiques dans un monde où le numérique occupe aujourd’hui une grande place.

 

Maurice QUACH

%d blogueurs aiment cette page :