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Introduction

Les capteurs de mouvements ou motion capture en anglais, permettent d’enregistrer des mouvements et de les restituer en temps réel sur un ordinateur. On les utilise essentiellement dans les jeux vidéo pour les jeux d’action et de guerre où l’on veut des mouvements rapides et fluides. Nous nous sommes intéressées à l’utilisation de ceux-ci dans le cinéma.

  1. Présentation

La première idée de retranscrire les mouvements par des images vient d’Etienne Jules Marey en 1882. Il invente le fusil photographique qui permet de prendre 12 images très rapidement et retranscrire le mouvement sur une image. Dans les années 80, c’est l’armée qui s’empare des capteurs pour l’aviation, puis le médical. Depuis les années 90, les capteurs sont arrivés dans les films de synthèse et les effets spéciaux au cinéma, mais aussi dans les performances artistes comme la danse ou le théâtre.

Il existe 4 types de capteurs :

  • Mécanique
  • Magnétique
  • Optique
  • Gyroscopique

Capteurs mécaniques :

capteur méca

1ère technique mise en place pour enregistrer les mouvements. Ces capteurs nécessitent l’utilisation d’exosquelette.

Avantages Inconvénients
Grande précision pour les rotations des articulations Mouvements limités à cause de l’exosquelette
Capture rapide Nécessite une connexion filaire
Insensible aux facteurs extérieurs – > pas de données perturbées Adaptation de l’exosquelette à chaque utilisation, objet, personne
  Pas d’intéractions possibles entre les personnes et/ou objets
  Déplacements peu précis

Capteurs magnétiques :

Cateur magne

Création d’un champ électromagnétique autour des personnages équipés de capteurs. Ces capteurs sont en réalité des bobines de fils qui interfèrent dans le champ ce qui permet de situé leur position dans le champ.

Avantages Inconvénients
Pas de fils à relier à l’ordinateur Beaucoup d’interférences dans le champ électromagnétique (bout de métal dans les bijoux, élastique à cheveux, plombage…)
Capteurs, donc s’adapte très facilement à tous les personnages La portée des capteurs est très courte donc la surface de mouvement est limitée
  Les mouvements doivent être lents pour être retranscrits
  Les cascades sont impossibles car les capteurs sont trop fragiles

Capteurs Optiques :

Optique

C’est le type de capteur le plus répandu. Il existe deux systèmes de capture :

  • Utilisation de caméra infrarouge et marqueurs : les caméras émettent des rayons infrarouges qui sont réfléchis par les marqueurs, ce qui permet de situer ceux-ci.
  • Utilisation de cellules photosensibles et capteurs : les capteurs émettent des rayons qui sont récupérés par les cellules photosensibles.

PHotosensible

Les deux systèmes de captures ont les mêmes avantages et inconvénients :

Avantages Inconvénients
Méthode très précise Technique la plus cher
Possibilité de faire des mouvements rapides Nécessite beaucoup de matériel (caméra, capteurs, marqueurs, cellules)
Capteurs qui fournissent le meilleur rendu au traitement des données
Possibilité de faire des cascades
Technique sans fils
Technique la moins contraignante pour les acteurs

Capteurs Gyroscopiques et Inertiels :

gyroscopique

Ce sont des capteurs qui récupèrent l’angle et la position, puis ces données sont transmissent à l’aide d’un émetteur à l’ordinateur.

Avantages Inconvénients
Pas d’interférences Moins précis que la technique avec les capteurs optiques
Pas besoin de caméra La portée des capteurs est très courte donc la surface de mouvement est limitée

Performance Capture :

perofrmance

On utilise plusieurs types de capteurs pour enregistrer simultanément les mouvements et les expressions du visage.

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  1. Avantages du film classique (+inconvénients capteurs)

On parle de films « classiques » lorsque les effets spéciaux ne sont pas réalisés par une technologie numérique qui passerait par des capteurs de mouvement.

 

Le premier avantage du film dit classique est son coût beaucoup moins élevé. Il ne nécessite pas, en effet, toute la technologie numérique qui comprend le matériel (caméras, capteurs, ordinateurs, logiciels de traitements des images et animation 3D, combinaisons spéciales…). Si on prend l’exemple d’une créature fantastique, il est possible de passer par une autre technique que les capteurs (et qui est moins cher) : le maquillage. La réalisation de masques, en silicone ou en mousse par exemple, et de costumes est possible et peut être aussi réaliste que l’animation, voire même plus réaliste puisque le personnage est directement filmé. L’émission américaine Face Off nous apprend plus sur ces techniques : à l’image de Top Chef, une quinzaine de candidats s’affrontent dans une compétition en créant des maquillages spéciaux qui pourraient être utilisés dans des films et sont jugés par des grands noms cinématographiques. On peut voir que la réalisation d’un personnage complet prend une vingtaine d’heure de travail et est ensuite prêt à l’emploi. Il offre l’avantage aux acteurs de mieux visualiser la scène qu’ils sont en train de jouer mais présente l’inconvénient de s’user. Cependant, ils sont très souvent utilisés, encore aujourd’hui et donnent de très bons résultats comme nous pouvons le voir dans « La Planète des Singes » ou encore « Hellboy ».

face off4
Ainsi l’utilisation de la motion capture n’est absolument pas indispensable pour la création de créatures fantastiques ou imaginaires. Il faut cependant noter que le maquillage est une technique qui s’use et qu’il est difficile de faire plusieurs fois un masque identique.

A contrario, la motion capture demande plus de préparation et de moyen. Elle nécessite de bien préparer la séance (optimisation du coût) : il faut préparer la liste des mouvements, la connaître et la maîtriser parfaitement (chaque mouvement préalablement défini permet de placer les caméras de sorte que les capteurs/marqueurs soient tous détectés : facilite l’animation). Cela nécessite aussi de préparer à l’avance les programmes et de répertorier les fichiers par mouvements.

Les acteurs doivent avoir de l’expérience, le jeu passe essentiellement par le langage corporel, ce qui est très difficile. Ils doivent aussi se représenter la scène en étant sur un plateau vide, les animations ne sont rajoutées que par la suite. On peut citer Andy Serkys qui joue Gollum dans « le Seigneur des Anneaux », dont la performance a longuement été saluée, ou encore sur le tournage de Pirates Des Caraïbes où Davy Jones étrangle un homme avec ses tentacules, les mouvements du visage sont récupérés par motion capture et les tentacules incrustées ensuite. L’action semble difficile pour eux à 1ère vue puisqu’ils doivent jouer une scène entièrement dans le « vide », mais le rendu est très bon.

Davy

De plus, le matériel n’est pas toujours agréable à porter, les marqueurs disposés sur le visage peuvent tomber (bien qu’aujourd’hui, les points sont directement peints sur l’acteur), il peut être lourd et entrave les mouvements des acteurs, ce qui donne un jeu moins authentique.

La recherche est axée pour améliorer les systèmes de tenues légères, maniables et dont le rendu est très bon.

  • Avantages film avec capteurs

L’un des premiers avantages des films utilisant la motion capture est sa rapidité. Cette technique est effectivement plus rapide que l’animation 3D totale, grâce aux ordinateurs et aux logiciels qui sont capables de modéliser l’animation en temps réel. Aussi, une journée de tournage correspond globalement à une journée pour l’animation jusqu’au rendu final. Comme tous les mouvements sont déjà enregistrés, il ne reste qu’aux animateurs à ajouter le squelette externe et toutes les textures (peau, vêtements, cheveux, et tous les détails).

Différentes étapes pour gogollum

La rapidité se retrouve aussi en post production puisque le montage et la mise en scène se font en même temps. Le réalisateur tourne les scènes avec les acteurs puis il peut faire tout ce qu’il veut des images. Comme les caméras sont placées tout autour du plateau, il dispose de tous les angles de vue qu’il souhaite.

Cette technique offre aussi une possibilité infinie de décors et de personnages. L’imagination du réalisateur n’est jamais contrainte, surtout s’il possède de très bons modeleurs/animateurs. Citons l’exemple d’Avatar, le monde a entièrement été créé de toute pièce en étant filmé sur des fonds verts et bleus. De la plus petite plante, aux appareils de vol en passant par les créatures vivantes, tout a été réalisé en animation, en utilisant la motion capture, et tout sort de l’imagination de son réalisateur James Cameron. On peut aussi citer Davy Jones, dans Pirates des Caraïbes ou encore Gollum, qui ont été modélisés et animés à 100%

Polar_Express

De plus, les décors s’adaptent entièrement autour des animations créées, et un acteur n’est pas cantonné à un unique rôle, ou le nombre d’acteur est réduit. Par exemple, dans le Pôle Express, Tom Hanks a joué 4 rôles différents dont celui d’un enfant de 10ans (ce qui paraît improbable étant donné qu’il n’a pas la carrure d’un enfant).

Conclusion :

Aujourd’hui, la plupart des films utilisant la technologie des capteurs de mouvements, sont des films « hybrides » qui combinent des effets spéciaux et des scènes tournées de façon classique. « Pirates des Caraïbes » en est un bon exemple : les créatures maritimes au service de Davy Jones sont obtenues par capture de mouvement alors que les autres personnages (humains) sont filmés normalement.

La recherche pour améliorer les techniques déjà existantes, continue et est en bonne voie. Cela dit, on peut craindre l’apparition de film totalement réalisé en motion capture et la disparition des métiers d’acteurs, de cadreurs, de scénaristes, maquilleurs, décorateurs et tous les métiers du cinéma qui ne sont pas concernés par cette technique.

Aurélie Carmona et Pauline Mandon

imageUne grande partie du festival Les Composites à l’espace Jean Legendre est consacré aux œuvres de Michel Lemieux et Victor Pilon. Leur projet artistique consiste au mélange de tous les arts scéniques tels que le théâtre, la poésie, la danse, le cinéma et la musique, tout en utilisant abondamment les nouvelles technologies. L’absence de frontière marquée entre ces différents arts et techniques permet une création de spectacles multimédias, revêtant l’aspect de territoires oniriques. Il est expliqué qu’ils cherchent à créer entre réel et virtuel grâce aux arts numériques (projections, hologrammes en interactions avec les acteurs) afin d’explorer toutes les possibilités de représentation scénique et de jouer sur les perceptions et le rapport à l’inexplicable. En effet, dans les extraits présentés, les projections représentaient souvent des morts et des fantômes, conférant à l’ensemble un côté effrayant et surnaturel. De plus, la plupart des œuvres présentées étaient des adaptations de tragédies antiques, comme « Orféo », « Icare », ou des pièces plus contemporaines, comme « Anima » ou « Grand Hôtel des Étrangers ».

Parmi les huit œuvres présentées, celles qui m’ont le plus marqué sont « Anima », dont un extrait était diffusée, et « Delirium » en collaboration avec le Cirque du Soleil.

La première pièce « Anima », produite en 2002, m’a interpellé pour son côté scientifique. Elle met en scène les analyses sociales de l’anthropologue et zoologue britannique Desmond Morris. La pièce illustre une troupe d’artistes en proie à leurs souvenirs. Le mélange des acteurs en chair et en os et des projections virtuelles (projetées en temps réel) permettent de mettre en tension les thèmes du corps et de l’âme, de la biologie et de la technologie, de l’immédiat et du souvenir ainsi que du réel et du rêve.

La deuxième pièce « Delirium » produite en 2006, m’a intéressé pour la collaboration des deux metteurs en scène avec la troupe du Cirque du Soleil. Cette troupe d’origine canadienne et spécialisé dans le spectacle de cirque contemporain (sans animaux et en insistant sur le jeu des comédien), emploie 1300 artistes dans le monde, ayant une vingtaine de spectacles à son actif. L’association de Michel Lemieux et Victor Pilon et du Cirque du Soleil donne naissance à un spectacle haut en couleur mélangeant théâtre, musique, danse, performances acrobatiques, cirque et projections multimédia. L’histoire de Bill, un citadin perdu dans son conformisme et confronté à des personnages qui cherchent à lui éveiller les sens, eue un succès mondial pendant près de 2 ans.

Ces deux œuvres, pour le moins opposées, représentent bien le panel des productions de M. Lemieux et V. Pilon. En cherchant à toujours exploiter les nouvelles technologies et les nouveaux arts numériques, les deux metteurs en scène ont créé un nouveau genre scénique qu’ils qualifient d’ « art 4D » qui leur permet d’explorer les relations entre le corps humain et son esprit.

Pauline Mandon

Octopus-For-Hire

Carte d’identité de l’œuvre

Titre : Octopus for hire
Support : On suppose un format papier A4
Auteur : inconnu, sur l’affiche, signature « SEBEZ », mais peu lisible….
Circonstance : affiche dans la rue
Technique : écriture à la main, au feutre noir
Autres versions : beaucoup de personnes ont repris cette affiche, en conservant le titre. On trouve de nombreuses copies sur internet. Ex : Nathan Pyle a détourné le dessin pour le mettre sur un Tshirt et en faire une marque.

Description du choix

Image trouvée sur le site web : Ubuweb.
A la première vue, l’image nous a fait sourire. En effet, elle fait tout de suite penser aux petites annonces sous forme d’affiche, pour faire du baby sitting ou du jardinage par exemple. Mais en regardant plus en détail, on se rend vite compte que ça à la forme d’une annonce, mais que le contenu nous fait penser à une blague. A la place habituelle où l’on peut trouver le numéro de téléphone de la personne, ici on a comme numéro 888 8888. On voit directement que c’est un faux numéro ! Mais en analysant l’image, on voit qu’en réalité, les numéros représentent les tentacules du poulpe. De plus, le numéro 8, représente le nombre de tentacules et les ventouses des tentacules du poulpe.
En analysant un peu l’image, on peut essayer d’imaginer le message que porte cette affiche. On a pour notre part vu deux messages à travers cette image. Le premier est pour nous une simple affiche humoristique pour faire sourire les gens dans la rue. Avec uniquement un sourire, des yeux et des numéros, cela ne passe pas inaperçu et on s’arrête regarder un peu. Dans un second temps, on peu réfléchir au message que l’auteur a voulu faire passer. Pourquoi un poulpe ? C’est un animal qui a pleins de « bras » et donc peut faire pleins de choses en même temps. On pourrait donc se dire que c’est une affiche qui nous dit « engagez moi, je fais tout », ce qui parait totalement improbable dans la rue.

Liens vers d’autres œuvres

Nous avons pu rapprocher cette œuvre à d’autres affiches trouvées dans le même style. Toutes portaient un message comique et des franges permettant de prendre un numéro. Par exemple nous avons retenu l’affiche « are you free tonight ? » : au lieu de prendre un numéro, il y a écrit sur le papier « yes » et des tirets pour que la personne écrive son propre numéro. On peut imaginer que la personne qui a posé l’affiche, ou même un passant, prenne le numéro. Ce système de rencontre prête à sourire, tout comme l’affiche qui est plutôt décalée si on l’imagine collée sur un panneau d’affichage en tout genre.

Point de vue critique

Ce style d’affichette est une forme originale d’art urbain. Sur un panneau d’affichage, elle semble passer inaperçue mais lorsqu’on l’a remarqué, elle donne le sourire grâce à sa simplicité et son côté déconcertant. Son côté non durable fait aussi partie de l’œuvre : c’est une affiche en papier qui peut s’envoler ou s’abimer par le temps, et donc disparaître. Cette temporalité et le fait qu’elle passe inaperçue en font de l’art car elle seulement quelques personnes vont la voir.
Aurélie Carmona
Pauline Mandon

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