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Archives d’Auteur: sandraleclerc

           

                Au cours de notre exposé, nous avons présenté l’eat-art ainsi que son fondateur Daniel Spoerri puis, nous avons parlé de Will Cotton et de son obsession pour les sucreries à travers le clip California Gurls de Katty Perry.

         I) Daniel Spoerri

            Daniel Spoerri est né en mars 1930 en Roumanie. Il a effectué divers métiers :  vendeur de fruits , garçon de café, poète, metteur en scène de pièces de théâtre. Il fonde la revue littéraire « Material », écrit pour les cahiers du « Landestheater , et fonde l’édition « MAT » (Multiplication d’Art Transformable).  

Le premier numéro fut présenté à Paris en 1959 avec de multiples d’artistes dont Marcel Duchamp, et Jean Tinguely. Sous l’influence de Tinguely et d’Yves Klein, Spoerri connut la célèbrité grâce à ses « Tableaux-pièges » qui fixent un moment précis. « Le tableau « piège » les objets mais les objets « piègent » tout autant le support ainsi que le temps »[1]

En 1960,il adhère au groupe des Nouveaux Réalistes. Ce groupe se distingue par le retour à la réalité et par l’utilisation d’objets quotidiens.

 

 « Mes tableaux pièges doivent provoquer le malaise parce que je hais l’immobilité (…) j’aime les contradictions et les contrastes parce qu’ils font naître le suspens. Seul les contrastes donnent un tout » Spoerri 

 

Il se consacre alors à ce qui est important pour lui : la nourriture. Ainsi, il crée des tableaux pièges avec des restes de repas : C’est la naissance de l’EAT ART.

Quelques œuvres

-Eaten by Duchamp

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-Repas hongrois (1963) (Première tentative d’œuvre d’art collective)

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– Le déjeuner sous l’herbe

Ce déjeuner a eu lieu le 23 avril 1983, dans les jardins du domaine du Montcel, à Jouy-en-Josas (Yvelines), sur le terrain de la future  première Fondation Cartier. 120 connaissances de Spoerri s’y sont réunies afin de partager un repas.

Avant le déjeuner, Daniel Spoerri a fait creuser un trou de 40 mètres avec l’intention d’y ensevelir, une fois le repas terminé, les plateaux des tables avec la totalité des objets et restes se trouvant dessus.

Pour en étudier les vestiges, vingt-sept ans plus tard, les premières fouilles archéologiques de l’histoire de l’art contemporain sont organisées. Cette action archéologique se situe dans le prolongement de l’acte artistique de Daniel Spoerri, tel qu’il le souhaitait.

 

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http://www.universcience.tv/video-fouille-archeologique-du-dejeuner-sous-l-herbe-de-daniel-spoerri-1745.html

Il devient célèbre en collant les restes et les plats du repas à la table, tels que le client les avait laissés, pour réaliser ses tableaux-pièges. Spoerri  a également ouvert le restaurant Spoerri à Düsseldorf en 1968, puis une Eat-Art Gallery, où il invite clients et artistes à confectionner des tableaux-pièges.

Enfin, le eat art a été enseigné par Daniel Spoerri, lorsqu’il  est devenu professeur d’art.

II) Manger : de l’acte rituel, culturel à l’art

Le repas est un rituel d’abord culturel et religieux mais aussi quotidien, l’acte de manger est une action qui se répète et qui est à l’origine de la culture. Ces derniers régissent la vie en communauté et  la communication des êtres humains.

Le repas est devenu un acte rituel important codé par la société.  Avec l’Eat art, Daniel Spoerri a repris ce thème et a proposé de poser un regard neuf sur cet acte. Spoerri est un des artistes qui  par le biais de son art rend compte de la double fonction du rituel dans la culture : d’une part, le rituel maintient en vie le processus culturel ; mais il est également producteur d’idéologies qui font passer des mythes pour naturels, prenant au piège la société.

 

III) L’eat art chez d’autres artistes : Will Cotton

 

William Cotton, né en 1965 est un peintre américain. Ses sujets de prédilection sont les sucreries et les femmes nues, et  le plus souvent une combinaison des deux. Les modèles sont pris en photo avec de véritables bonbons et gâteaux.

Le but de Cotton à travers ses peintures est de créer le désir chez le spectateur comme une publicité.

 Il a également été embauché comme directeur artistique en 2010 pour le clip de la chanteuse Katty Perry « California Gurls ».

(https://www.youtube.com/watch?v=F57P9C4SAW4)

Conclusion

L’Eat art perdure de nos jours sous une forme quelque peu différente. Cela tend plutôt à embellir la nourriture afin de séduire les personnes contemplant ses œuvres et à leur en donner envie tel le foodporn. C’est cependant un art très éphémère qui ne vit que tant que l’on y résiste.

 

[1] http://www.mamco.ch/artistes_fichiers/S/sopoerri.html

 

Sans titre

Après le visionnage de la conférence de Donna Haraway et Isabelle Stengers au centre Pompidou, nous pouvons définir un cyborg comme un robot pourvu de la capacité de communiquer et d’interagir avec l’humain. Nous pouvons faire le rapprochement avec  Alissa, œuvre de Agnès de Cayeux, présente lors de l’exposition à Jean Legendre sur le thème RO[BOTS]. Elle vit dans un monde virtuel en 2066, elle s’intéresse au monde qui l’entoure et communique avec les humains à l’aide de l’interface clavier. De plus, elle est également douée de la capacité d’apprentissage ce qui la rend réelle d’une certaine manière car elle évolue au fil des discussions, elle n’est donc plus un simple robot perdu dans ses répétitions. Ainsi, son comportement se modifie au cours de son existence tel un chien que l’on éduque. Cependant,  d’après Isabelle Stengers, il faut interagir avec les cyborgs d’une manière assez infantile mais surtout précise, il ne faut pas d’approximation, comme pour Donna éduquant sa chienne Cayenne.

Lors de l’exposition à  Jean Legendre, nous avons pu expérimenter les échanges entre ce personnage virtuel qu’est Alissa à travers des dialogues écrits. Si nous ne lui parlions pas d’une manière simple, cela engendrait des quiproquos. Elle essayait également de comprendre certaines pensées ou certains sentiments.Ceci nous fait penser au film Her sorti récemment au cinéma dans lequel un homme tombe amoureux de son système d’exploitation qui communique comme Alissa mais à travers la voix d’une femme et qui cherche elle aussi à comprendre les sentiments.

Isabelle Stengers explique aussi à l’aide du document de Galilée que l’on peut prendre rendez vous avec le non-vivant en présupposant ce qu’il va se passer grâce à des calculs. On pourrait faire de même avec Alissa à condition d’avoir une bonne connaissance du programme, or nous avons vu que cette dernière apprenait au fil des conversations. Donc, Alissa tout en restant non vivante, se rapproche de la réalité humaine. Nous pouvons alors constater que l’art ne peut parfaitement reproduire la réalité et la technologie ne peut singer l’humanité. Néanmoins, la combinaison des deux tend à se rapprocher d’un semblant de réalité qui à l’heure actuelle reste encore perfectible.

 

Pour arriver à un cyborg d’une réalité humaine aussi proche que celle du système d’exploitation du film Her de gros progrès restent encore à faire et de plus, il faudrait un langage partagé avec l’humain, composé d’une grammaire simple et sans exception pour que la machine comme l’homme puissent en maîtriser toutes les subtilités. Cependant, ce genre de langage ne pourrait pas permettre de parler de choses abstraites comme des sentiments car seuls les êtres doués d’un esprit possèdent des ressentis et sont donc aptes à en parler et à les comprendre.

 

Amandine Madej

Sandra Leclerc

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