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[1883-1907]

Ruben Goldberg a obtenu son diplôme d’ingénieur à San Francisco. Il a travaillé en tant qu’ingénieur au service des égouts de la ville seulement pour 6 mois. Son but étant de devenir dessinateur, il entre et rejoint le service des sports du San Fransisco Chronicle. Il est, en 1905, engagé au San Fransisco Bulletin. Il quitte ensuite san fransisco pour New York en 1907.

Il travaillera dans plusieurs journaux (New York Evening Journal et New York Evening Mail) en tant que dessinateur. Il dessine des strips : bande avec quelques images. Il connait plusieurs succès avec Foolish Questions, par exemple, qui est un dessin d’humour absurde. En 1914 il commence à dessiner des séries de dessins mettant en scène des machines complexes qui provoquent à la suite d’une réaction en chaîne des effets très simples. Il critique dans ces dessins “une civilisation mécanisée à outrance, prémonition burlesque de notre moderne automation” mais c’est avant tout leur côté humoristique qui plaît.

Il participe également à un film « Soup to Nuts » où figurent de nombreuses machines.

Il obtient le prix Pulitzer du dessin de presse en 1948.

On différencie 2 types dans ses dessins :

Dessins politiques  :

photopolitique1                    photopolitique2

On voit dans ces deux images qu’il aborde les thèmes de la politique et de l’économie par un humour souvent très noir.

Ces images montrent des scènes de la vie quotidienne. Il critique ici la société de consommation et la fainéantise qu’elle a engendrée. Il critique l’industrialisation à outrance de la société moderne.

weeklyinvention1

Weekly inventions2

Problématique : Comment a évolué l’œuvre de Ruben Goldberg jusqu’au aujourd’hui ?

Comment l’œuvre a-t-elle évoluée, quels ont étés les reprises et hommages ? Y a-t-il eu conservation du message d’origine ?

On va voir les moyens et les supports de représentation qui ont changés. Par exemple ici avec les temps modernes. Utilisation des machines goldberg dans ce film pour gagner du temps par exemple pour manger. C’est à l’époque une critique des usines Ford et le fait de tout automatiser.

temps modernes

Quelques artistes qui ont repris ces machines.

Le mouvement artistique «  kinétic art » parle d’œuvre en mouvement, par le vent, le soleil ou le spectateur ou aussi par système mécanique. On parle également de kinetic art lors d’illusion d’optique, cinétisme virtuel, on peut préciser de l’Op Art.

La 1ère manifestation de l’art cinétique est en 1910 par Marcel Ducamp et plus tard dans certaines œuvres de Alexander Calder (notamment le mobile).

Les 1ères reprises des machines Goldberg sont donc avec deux artistes : David Weiss et Peter Fischli.

I ls’agit d’une installation éphémère avec des principes physiques (statiques, poids…) et chimiques. Il y a modification de l’œuvre d’origine de Goldberg par le support car à l’origine c’était uniquement des dessins et non réalisables. Ici l’œuvre est bien réalisé et filmé dans une vidéo qui suit toutes les réactions.

Joseph Herscher est un artiste Neo-zelandais qui fait des vidéos sur le principe des machines Goldberg.

Son site :

http://www.josephherscher.com/

Le but des réactions en chaine chez cet artiste est très simple (ex : tourner un page). Ce but, inutile ou presque est similaire à celui de Goldberg.

Ces machines sont également reprises lors clip et de publicité.

Ici avec le groupe : OK GO, dans le clip de : This too shall pass.

Concernant les publicités, Red bull l’utilise lors d’une vidéo dont le but est simplement d’ouvrir une cannette de la marque. On voit alors ici que le message d’origine de Goldberg qui était de critiquer la société de consommation est complétement opposé puisqu’il s’agit ici de pousser le consommateur à acheter cette marque.

En conclusion on peut dire que les reprises et hommages sont variés dans leur message. Les supports de représentation ont évolués puisque c’est maintenant des vidéos et non des dessins. Le but finale de la réaction en chaine est des fois utile ( les temps modernes par exemple) et des fois non ( l’artiste Joseph Herscher), là aussi les reprises de l’œuvre original sont variés.

 

Sorti en 1995, Lumière et Compagnie est un long métrage documentaire de 88 minutes réalisé par un collectif de 41 réalisateurs.

 

 

L’idée de ce documentaire est simple, on propose à chacun de ces réalisateurs de classe internationale (David Lynch, Claude Lelouch, Spike Lee…) de produire un court métrage dans les mêmes conditions que Louis et Auguste Lumière à la fin du XIXème siècle. C’est-à-dire dans les conditions offertes par le cinématographe Lumière : Une image en noir et blanc, pas de son synchronisé, pas plus de 3 prises par séquence et une durée maximum de 52 secondes.

 

cinémato

Le cinématographe Lumière, permet à la fois de filmer et de projeter un film

En soit, des condition assez spartiates pour ces réalisateurs rodés à l’utilisation des moyens disponibles à la fin des années 1990 (prise de son synchronisée, post-production…).

 

La volonté principale de ce documentaire est de rendre hommage aux pères fondateurs du cinéma. Mais aussi de voir comment se débrouilleraient les maitres du cinéma contemporains s’ils étaient nés à l’époque des Frères Lumière. On obtient bien évidements des résultats très diverses, certains réalisateurs excellent dans cet exercice. On peut prendre l’exemple de Claude Lelouch qui nous propose de revisiter une scène de baiser :

 

 

Lelouch nous propose de retracer l’évolution des techniques cinématographiques par une élégante rotation autour des deux protagonistes. On voit passer, en arrière plan, une succession de réalisateurs, cameramen et techniciens de diverses époques. Le message de Lelouch dans cette vidéo est que malgré l’évolution technologique, le cinéma a toujours la même finalité : capturer et transmettre des émotions aux spectateurs. En effet, les protagonistes n’évoluent pas au cours de la vidéo contrairement à l’équipe technique.

 

Bien évidemment, on peut aisément rapprocher Lumière et compagnie de l’ensemble des œuvres de la fin du XIXème, début du XXème siècle, à cause du format des cours métrages. Certaines des vidéos se rapprochent vraiment du style de celle des frères Lumière, et peuvent nous rappeler par exemple la vidéo bien connue de l’arroseur arrosé :

 

L’arroseur arrosé :

 

Il y a aussi certaines vidéos hommages comme celle Pierre Lecompte :

 

 

C’est bien évidemment la version moderne de Arrival of a train at La Ciotat, où la locomotive à vapeur est remplacé par un TGV.

 

 

Ce qui m’a touché dans cette oeuvre, c’est l’hommage offert aux pionniers du cinéma qu’on peut y découvrir et plus particulièrement aux frères Lumières. Un quarantaine de réalisateurs ont réussi à créer ce documentaire touchant grâce à une multitudes de petites séquences de 52 secondes en noir et blanc. C’est un documentaire qui mérite vraiment le coup d’oeil.

 

 

 

 

 

 

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