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Mustafa Abu Ali, né en 1936 en Palestine, a principalement réalisé des films de résistance pour soutenir son pays d’origine dans le conflit israélo-palestinien. Celui-ci est sorti en 1974 et tient son nom,  « They Do Not Exist » (« Laysa lahum wujud » en arabe), d’une remarque de Golda Meir, politicienne israélienne, à propos des Palestiniens. Ce film de 25 minutes, divisé en neuf parties, a en fait été réalisé par un groupe d’hommes et de femmes Palestiniens qui ont filmé leur vie pendant l’occupation israélienne pour montrer leur condition au reste du monde.

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C’est premièrement la musique qui a attiré mon attention sur ce film en noir et blanc, muet la plupart du temps. Il commence avec une musique orientale joyeuse. La première partie se déroule dans le camp de réfugiés de Nabatia, où on voit des enfants jouer et des femmes faire les tâches ménagères ; la vie semble heureuse. J’ai choisi cette œuvre également car elle traite d’un sujet qui me tient à cœur et auquel je m’intéresse beaucoup.


 

On pourrait relier cette œuvre à un livre, « I shall not hate », qu’a écrit Izzeldin Abuelaish, un médecin de Gaza se battant sans violence pour la paix. Lui aussi décrit la vie dans les camps de réfugiés à Gaza. Mais contrairement à Mustafa Abu Ali, il a les points de vue Palestinien et Israélien car il travaille dans un hôpital en Israël. Il explique qu’il ne faut pas déshumaniser ce peuple qui, lui aussi, désire la paix. Il dénonce donc principalement le comportement des hommes politiques et des forces armées.

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Dans le film d’Abu Ali, j’ai l’impression que la musique a une importance prépondérante. Elle guide les émotions du spectateur à travers le documentaire. Celui-ci fonctionne de manière chronologique.

La première partie est joyeuse, tout comme la musique orientale, bien qu’elle se déroule dans un camp de réfugiés. La deuxième partie est elle aussi assez paisible, même si elle montre la vie des soldats dans un camp sur un fond musical de chant de guerre Palestinien. Dans ces deux premières parties, la musique s’accordant avec le thème imprègne donc le spectateur, en complément des images, de la situation initiale que les cinéastes cherchent à faire découvrir.

Puis il y a un changement. La troisième partie n’est pas en musique, c’est une simple énumération des génocides de l’histoire. Dans la partie suivante, les images deviennent plus violentes ; on voit les avions voler au-dessus de la Palestine en bombardant les camps. Ici, la musique est surprenante : une musique classique occidentale joyeuse, c’est comme s’il s’agissait d’un documentaire sur les oiseaux au printemps. Cependant, ce sont des avions bombardiers et la musique en devient presque ironique.

Dans les cinquième et sixième, la violence s’accroit et la musique s’arrête. C’est à ce moment que le registre devient pathétique. Les images montrent le camp de Nabatia complètement dévasté après le raid aérien, et on entend un discours assimilant ce génocide au génocide nazi. Les parties suivantes sont des témoignages d’habitants du camp racontant les bombardements et la perte de membres de leurs enfants et leurs maisons.

La musique permet donc de transmettre des sentiments que des images ne suffisent pas à exprimer, mais aussi de dédramatiser une situation (par exemple avec les avions). Mais l’absence de musique est tout aussi importante car elle permet de souligner la gravité d’une situation.


 

Je pense que c’est la musique qui fait de ce documentaire une œuvre d’art. En effet, les personnes ne sont pas des acteurs et ce sont simplement des séquences de la vie filmées. Mais le choix des musiques, et de l’absence de tout son, est important et permet de diriger les émotions du spectateur. L’art peut donc être directement issu d’un évènement vrai, introduisant de vraies personnes, si le tout est mis en forme pour faire sens aux yeux du spectateur.

 

Initialement peintre, Hans Richter (1888-1976) s’oriente progressivement vers la peinture abstraite et la décomposition du mouvement, c’est un artiste appartenant au mouvement Dada. Après avoir peint à partir de 1919 plusieurs rouleaux  (suite de dessins continus sur un même support), toujours dans cette même ambition, il va évoluer vers la réalisation de films. C’est dans ce contexte qu’il réalise en 1921 un des premiers films abstraits intitulé « Rhythmus 21 », qui se démarque des films de l’époque dont le but étaient de décrire le réel. Il s’agit là d’un film sans bande sonore de trois minutes en noir et blanc où l’artiste joue avec de simples formes rectangulaires sur les mouvements, les fréquences, les perspectives et les nuances de gris. Rhyhtmus 21 est la première expérience « cinématographique » de Hans Richter, mais pas la dernière puisque celui-ci continua la série avec Rhythmus 23(1923) et Rhythmus 25 (1925), puis évolua  dans ce domaine en réalisant bien d’autres films. Hans Richter est considéré comme une grande figure du cinéma d’avant-garde.

Featured imageCapture de l’œuvre <<Rhythmus 21>> Hans Richter

Cette œuvre, découverte par pur hasard sur le site ubuweb.tv, interpelle, trouble, captive, avec ses rectangles blancs et noirs qui entrent puis disparaissent du cadre à des vitesses variables tout en donnant l’impression d’une troisième dimension, le noir et le blanc devenant successivement premier-plan et arrière-plan. La première réaction pour des personnes de notre génération est la simplicité des formes et des couleurs, le procédé semble archaïque et les animations font penser à de simples transitions PowerPoint, c’est d’ailleurs cela qui à attirer notre attention : En quoi est-ce une œuvre d’art? Quel en est l’intérêt profond ? Après une étape d’apprivoisement de l’œuvre, nous essayons de prendre le point de vue de l’artiste ; ainsi de nombreux questionnements se dégagent : Que cherche-t-il? À mettre en lumière la décomposition du mouvement comme il semble le faire dans ces œuvres antérieures ou postérieures ? Cherche-t-il à prouver un quelconque potentiel de la cinématographie ? Au vue de l’aspect « archaïque » du procédé, cherche-t-il en a faire une œuvre intemporelle ou bien ancrée dans son époque ? Pourquoi utilise-t-il seulement de simples formes rectangulaires et pas des triangles ou des disques?  Pourquoi seulement des zooms et des translations, pas de rotations ou de transparence ? Pourquoi ne pas y coupler une bande sonore afin de marquer davantage l’aspect rythmique de l’œuvre qui semble si important ? Cherche-t-il à rendre vivantes les formes ? Mais pourquoi s’agirait-il d’une œuvre d’art ? Hans Richter, est-il un précurseur de l’animation visuelle, des effets spéciaux, des jeux vidéos … maintenant si présents dans notre monde? Nous avons tout de même la sensation d’assister à posteriori aux prémisses, aux balbutiements de ces disciplines, et c’est assez jouissif pour un adepte des loisirs vidéo ludiques. Cela explique en grande partie l’intérêt de cet œuvre, qui remit dans son contexte historique semble très avant-gardiste.

Á la suite de recherches, nous avons découvert que cette œuvre avait été suivie par deux autres films provenant du même univers réalisés par Hans Richter : Rythmus 23 et Rythmus 25. On observe l’idée et l’univers de l’artiste évoluer. En effet, dans « Rhythmus 23 » réalisé en 1923, les carrés et les rectangles sont toujours dominants, mais de nouvelles formes plus complexes se sont rajoutées ainsi des lignes sont apparues. Les compositions jouent maintenant sur la longueur, la largeur ou même les angles des formes, mais aussi leur transparence et les ombres. Le résultat est moins épuré, plus dynamique. « Rhythmus 25 » (1925), son dernier film abstrait, a introduit la couleur. Hans Richter avait peint à la main les formes de couleur directement sur la pellicule. Malheureusement, le seul exemplaire réalisé a été perdu. On suppose cependant que parmi les couleurs utilisées prédominaient le rouge et le vert, qui étaient selon lui les deux extrêmes et qu’il comparait au blanc et noir de la lumière.

On peut aussi lier « Rhythmus 21 » à une œuvre d’une toute autre période : « The Transfinite » de Ryoji Ikeda. Il s’agit d’une œuvre audiovisuelle qui fut installée à New-York pendant l’année 2012. Des images en noir et blanc sont projetées sur le mur et le sol, et une bande sonore parfaitement synchronisée par rapport aux images vient les accompagner. Les spectateurs peuvent se déplacer à l’intérieur de l’œuvre et deviennent ainsi acteurs, les effets visuels et les illusions d’optique font vivre une expérience très particulière, voir perturbante.

Featured image« The Transfinite » de Ryoji Ikeda, New-York, 2012

Mais on peut finalement relier l’œuvre à l’ensemble des domaines et des travaux qui font appel à la manipulation du mouvement, puisque qu’ils sont les descendants de cette recherche de l’animation des formes. D’ailleurs cette gestion du mouvement est très importante puisqu’il est prouvé que le mouvement et les variations de rythmes captivent de façon instinctive, ce qui est bien connu dans les domaines de l’animation au sens large et notamment des publicitaires…

L’œuvre répond à ces promesses dans le sens où elle décompose le mouvement et permet de revenir aux sources de celui-ci. Cependant, elle n’a certainement pas la même portée, en tout cas, elle ne produit pas les mêmes sensations pour un spectateur de l’époque de la création de l’œuvre et le point de vue de notre génération où l’animation et les effets visuels sont banalisés. Cette œuvre permet de se rendre compte de façon un peu plus concrète des différentes étapes par lesquelles il fallut passer, les expériences qui ont du être tentées afin de permettre à l’homme d’apprivoiser cette gestion du mouvement : translation, rotations, zooms, dé-zooms, vitesse, fréquence, couleurs, perspectives… Par analogie,  une parties des questions que s’est posé Hans Richter ; des personnes ont du se les poser à nouveau et notamment les développeurs de logiciel ou de jeux vidéos lorsque le passage de la 2D à la 3D a été à l’ordre du jour. En effet, comment devait se comporter l’image, par quelle subterfuge est-il possible de « transporter » l’utilisateur dans un monde similaire au sien, c’est-à-dire en 3 dimensions  sur un support en 2 dimensions qu’est un écran. N’importe quel informaticien vous le dira, faire du 2D ou de la 3D est très différents et les compétences doivent être bien supérieures, on peut aussi s’en rendre compte en analysant  les ressources en puissance de calcul nécessaire pour  de la 3D qui doivent être décuplées par rapport à la 2D.

 Featured imageMario 2D à gauche et Trial évolution à droite

Cependant, il est sûr que Hans Richter cherchait à mettre en lumière la décomposition du mouvement puisque cela a été une de ses principales quêtes en tant qu’artiste, mais cherche-t-il ici à prouver l’intérêt artistique de la cinématographie, avait-il déjà pris conscience avant tout le monde, au moins en partie, du potentiel de ce que l’on appelle maintenant le 7ème art ? Nous ne pouvons l’affirmer de façon certaine….

DUBOC Loïc / GUICHETEAU Clémentine

 

Sorti en 1995, Lumière et Compagnie est un long métrage documentaire de 88 minutes réalisé par un collectif de 41 réalisateurs.

 

 

L’idée de ce documentaire est simple, on propose à chacun de ces réalisateurs de classe internationale (David Lynch, Claude Lelouch, Spike Lee…) de produire un court métrage dans les mêmes conditions que Louis et Auguste Lumière à la fin du XIXème siècle. C’est-à-dire dans les conditions offertes par le cinématographe Lumière : Une image en noir et blanc, pas de son synchronisé, pas plus de 3 prises par séquence et une durée maximum de 52 secondes.

 

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Le cinématographe Lumière, permet à la fois de filmer et de projeter un film

En soit, des condition assez spartiates pour ces réalisateurs rodés à l’utilisation des moyens disponibles à la fin des années 1990 (prise de son synchronisée, post-production…).

 

La volonté principale de ce documentaire est de rendre hommage aux pères fondateurs du cinéma. Mais aussi de voir comment se débrouilleraient les maitres du cinéma contemporains s’ils étaient nés à l’époque des Frères Lumière. On obtient bien évidements des résultats très diverses, certains réalisateurs excellent dans cet exercice. On peut prendre l’exemple de Claude Lelouch qui nous propose de revisiter une scène de baiser :

 

 

Lelouch nous propose de retracer l’évolution des techniques cinématographiques par une élégante rotation autour des deux protagonistes. On voit passer, en arrière plan, une succession de réalisateurs, cameramen et techniciens de diverses époques. Le message de Lelouch dans cette vidéo est que malgré l’évolution technologique, le cinéma a toujours la même finalité : capturer et transmettre des émotions aux spectateurs. En effet, les protagonistes n’évoluent pas au cours de la vidéo contrairement à l’équipe technique.

 

Bien évidemment, on peut aisément rapprocher Lumière et compagnie de l’ensemble des œuvres de la fin du XIXème, début du XXème siècle, à cause du format des cours métrages. Certaines des vidéos se rapprochent vraiment du style de celle des frères Lumière, et peuvent nous rappeler par exemple la vidéo bien connue de l’arroseur arrosé :

 

L’arroseur arrosé :

 

Il y a aussi certaines vidéos hommages comme celle Pierre Lecompte :

 

 

C’est bien évidemment la version moderne de Arrival of a train at La Ciotat, où la locomotive à vapeur est remplacé par un TGV.

 

 

Ce qui m’a touché dans cette oeuvre, c’est l’hommage offert aux pionniers du cinéma qu’on peut y découvrir et plus particulièrement aux frères Lumières. Un quarantaine de réalisateurs ont réussi à créer ce documentaire touchant grâce à une multitudes de petites séquences de 52 secondes en noir et blanc. C’est un documentaire qui mérite vraiment le coup d’oeil.

 

 

 

 

 

 

Pulp Fiction est un film réalisé par Quentin Tarantino et sorti en 1994. Il est à la fois un succès critique et commercial. Il remporte la palme d’or à Cannes en 1994 et est récompensé par l’Oscar du meilleur scénario l’année suivante. Si j’ai choisi de présenter Pulp Fiction, c’est qu’il s’agit de l’un de mes films préférés que j’ai découvert par hasard et auquel je ne m’attendais pas. C’est justement la caractéristique principale de Pulp Fiction : il est la où on ne l’attend pas.

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Pulp Fiction se caractérise par une structure narrative originale. L’intrigue principale est ainsi découpé en trois histoires qui sont présentées de façon non-chronologique. Chaque histoire semble détachée des autres et pourtant on finit par retrouver un lien entre elles. Les personnages ont un rôle plus ou moins importants selon l’histoire.

Ordre dans le film

1 – Le petit déjeuner (première partie)

2 – The Bonnie Situation (première partie)

3 – Vincent Vega and Marsellus Wallace’s Wife

4 – The Gold Watch

5 – The Bonnie Situation (deuxième partie)

6 – Le petit déjeuner (deuxième partie)

Ordre de l’intrigue

1 – Prélude de The Gold Watch (monologue du capitaine Koons)

2 – The Bonnie Situation

3 – Le petit déjeuner

4 – Vincent Vega and Marsellus Wallace’s Wife

5 – The Gold Watch

Ainsi résumé Pulp Fiction n’a que peu de sens et devient vite compliqué. Aussi je préfère vous laissez voir le film par vous même afin de mieux comprendre la suite de l’analyse.

La première raison qui a poussé Tarantino à utiliser ce découpage pour son film est qu’il voulait faire référence aux Pulp Magazins. Il s’agit de roman noir très populaire aux Etats Unis dans la première moitié du XXe siècle. Ces romans populaires et bon marché étaient imprimés sur du papier de mauvaise qualité et souvent assemblés dans le mauvais ordre. Ici Tarantino a voulu leur rendre hommage à la fois par le titre de son film et par le « mauvais » assemblage de son film dans lequel la fin de l’intrigue arrive avant la fin du film.

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Au delà de ce premier élément, Pulp Fiction va être un film qui est là où on ne l’attend pas. En effet si l’on regarde sa fiche on s’attend à trouver un film de série B. Les films de série B sont ceux qui possèdent un petit budget, des acteurs peu connus, des effets spéciaux ou des décors limités etc … Ils sont l’opposés du film de série A ou le « blockbuster ». Pulp Fiction semble s’inscrire dans cette lignée avec un budget de 8 millions de dollars et des acteurs inconnus ou totalement ringard pour l’époque (John Travolta par exemple). Et pourtant Tarantino va s’amuser à déconstruire tout les codes du film de série B au travers de Pulp Fiction.

Le premier d’entre eux est celui de l’intrigue et de l’action. Normalement primordial dans le film de série B afin d’accrocher le spectateur, ici Tarantino va le reléguer au second plan derrière ses personnages habituellement délaissés. On peut voir cela avec une intrigue qui n’est même pas présentée dans le bon ordre ou encore des scènes dépourvues d’action mais remplies de dialogues entre nos personnages. Le fait que Pulp Fiction ne soit pas la où il est attendu est annoncé des la scène d’introduction avec un long dialogue et même un monologue d’un des personnages dans lequel il nous dit  « t’arrives et personne t’attend ». L’action finale de la scène est carrément interrompue par le générique et ne sera pas prolongée après puisque l’on change totalement de scène.

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L’autre code que va renverser Tarantino c’est celui de l’atmosphère visuelle et sonore. Plutôt que de s’inscrire dans la mode de l’époque tel que le ferait le film de série B classique, Pulp Fiction utilise de vieux tubes disco et rock’n’roll comme bande son. De même avec l’apparence et le look des personnages totalement décalés.

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Enfin Tanrantino finit en renversant la conception manichéenne habituelle de la série B qui veut que les méchants ne fassent que des actes mauvais et les gentils des actes bons. Ici les personnages ne font quasiment que des actes répréhensibles. Ils tuent, volent, se droguent etc … Pourtant ils apparaissent comme bons aux spectateurs qui va s’attacher à eux car ils finissent tous par accomplir un acte qui apparaît comme juste.

Au final si on a un renversement des codes de la série B cela va être pour mieux lui rendre hommage et rendre hommage à un domaine plus vaste dans lequel elle s’insère à savoir la culture populaire, c’est à dire la culture du « tous les jours ». Tarantino va ainsi vouloir faire passer au travers de ce film un message : celui que la culture populaire n’est pas une sous culture par rapport à la culture classique. Elle est en réalité au même niveau et participe elle aussi à sa manière de la culture générale des personnes.

Pour démontrer cela, il va comme on l’a vu mettre en avant ses personnages. Mais au final ce qui va nous intéresser ce sont les dialogues. Des dialogues qui apparaissent comme banals puisqu’ils traitent de sujets de la vie quotidienne et de culture de la vie quotidienne. Par exemple quel est le nom d’un hamburger en Europe ? Mais au final ce qu’il faut voir derrière ces dialogues c’est la manière dont ils sont construits. Ainsi on se rend compte qu’en réalité les personnages de Pulp Fiction échangent leurs points de vues et remettent en question des concepts établis. C’est ce que l’on appelle de la philosophie. Sauf qu’ici elle ne concerne pas les sujets habituels de la culture classique mais des sujets de culture populaire. De cette façon Tarantino montre qu’avec cette culture populaire on peut tout de même s’exercer à l’art ultime de la culture classique. Preuve en est qu’elle n’a pas à être sous estimée.

Au delà de cela, Tarantino veut expliquer que la culture dépend du référentiel culturel dans lequel on se place. C’est à dire qu’une personne dont le référentiel est classique jugera qu’une personne n’ayant qu’une culture populaire est inculte ce qui n’est pourtant pas le cas si l’on se place dans un référentiel populaire. De même les références culturels ne sont pas les mêmes. Ainsi lorsque deux de nos personnages vont dans un restaurant où les serveurs sont des sosies des stars de cinéma des années 1950, l’un d’eux dit que ce lieux est « un vrai musée en moins poussiéreux ». Preuve que pour lui dans son référentiel culturel voila ce qu’est la culture. C’est à dire les stars qu’il voyait au cinéma quand il était enfant.

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Pour finir cette démonstration de l’importance de la culture populaire, Tarantino se sert de l’un des personnages principaux. Celui ci utilise une citation de la Bible (seule référence classique du film) avant d’exécuter un ennemi.

« La marche des vertueux est semée d’obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin surgir l’œuvre du Malin. Béni soit-il l’homme de bonne volonté qui, au nom de la charité, se fait le berger des faibles qu’il guide dans la vallée d’ombre, de la mort et des larmes, car il est le gardien de son frère et la providence des enfants égarés. J’abattrai alors le bras d’une terrible colère, d’une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui pourchassent et réduisent à néant les brebis de Dieu. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l’éternel quand sur toi s’abattra la vengeance du Tout-Puissant ! » Ezechiel 25 verset 17.

Il la sort ainsi totalement de son contexte. Il explique d’ailleurs à la fin du film qu’il ne la comprenais pas. Preuve en est que si une référence culturel n’est pas comprise, elle ne sert à rien car elle peut être utilisée à tort. Ici cette référence classique était utilisée car cela « en jette » selon ce personnage. On montre ainsi qu’on valorise toujours la culture classique mais qu’au final sans maîtrise elle ne sert pas. Et pourtant notre personnage va réussi à comprendre cette référence classique à la fin du film grâce aux nombreux échanges qu’il a pu avoir avec les autres personnages et aux nombreux débats sur des sujets populaire. Il a ainsi pu franchir un palier, un cap grâce à la culture populaire. Démonstration final que cette culture n’a pas à être négligée devant la culture classique.

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Pour finir cet article de Pulp Fiction, nous pouvons signaler que Tarantino s’appuie sur de nombreuses références dans son film. Sa démarche est d’ailleurs qualifiée de Post-moderniste. C’est à dire qu’il utilise des œuvres déjà existantes qu’il réinterprète  avec sa vision. On peut notamment citer des références à Jean Luc Godart et son film Bande à part ou encore au film Psychose d’Hitchcock. Aujourd’hui c’est l’effet inverse qui se produit puisque Pulp Fiction est lui même devenu une vrai référence dépassant le monde du cinéma et étant réutilisé, parodié et revu dans de nombreuses œuvres.

Charles Spencer Chaplin, Jr., dit Charlie Chaplin, est un

acteur, réalisateur, producteur, scénariste, écrivain et compositeur britannique né à Londres le 16 avril 1889, et mort le 25 décembre 1977 à Corsier-sur-Vevey, en Suisse. Par son jeu de mime et de clownerie, il a su se faire remarquer, et devenir l’un des plus célèbres acteurs d’Hollywood.

Charlie Chaplin fut l’une des personnes les plus créatives de l’ère du cinéma muet. Réalisateur, scénariste, producteur, monteur, et même compositeur de la musique de ses films, sa carrière durera plus de soixante-cinq ans, du music-hall en Angleterre, jusqu’à sa mort, en Suisse.

Résumé du film :

Les temps modernes est un film réalisé par Charlie Chaplin, sorti en 1936 et il dure environ 1h30. C’est le dernier film muet réalisé par celui-ci et le dernier qui présente le personnage de Charlot, qui lutte pour survivre dans un monde industrialisé. Il a donc était créé pour dénoncer les conditions rudes de travail à la chaîne des ouvriers et une satire du chômage lors de la Grande Dépression, ce qui constitue le premier film de Chaplin où il y a un message politique.

Les Temps modernes montre la vie d’un ouvrier d’usine, employé sur une chaîne de production. Après avoir été soumis à divers mauvais traitements, gavé par une machine ou contraint à visser des écrous à un rythme effréné sur une chaîne de montage accélérée, Charlot est atteint d’une dépression nerveuse. Il est alors envoyé à l’hôpital.

Une fois rétabli, il sort de l’hôpital puis est arrêté par accident, en croyant qu’il voulait faire une manifestation communiste, alors qu’il ramassait simplement un drapeau rouge tombé d’un camion.

En prison, il ingère accidentellement de la drogue (montrer de la drogue dans un film à l’époque de sa sortie était très osé, étant donné que le code Hays, établi en 1930, interdisait toute forme de représentation et d’utilisation de drogues illégales dans les films), la prenant pour du sel. Dans l’état délirant qui s’ensuit, il est mêlé à une évasion à laquelle il met fin en assommant les autres condamnés. Il est alors acclamé en héros par les gardiens et libéré. Pourtant il se sent heureux en prison et voudrait y demeurer.

Après cela, il va tenter d’y retourner, préférant la vie dans celle-ci à la vie rude et difficile à l’extérieur. S’en suit alors de multiples tentatives de la part de Charlot pour essayer de se faire arrêter par les policiers.

Description de mon choix

J’ai connu ce film lors de mon année de terminale, lors d’un cours d’Histoire-Géo sur la théorie du fordisme et du taylorisme. Lors de son visionnage, j’ai été captivé par l’ambiance de ce film, et le fait qu’il était muet ne m’a pas dérangé outre-mesure, bien au contraire … .

Il mêle à la fois humour et dénonciation. Si je l’ai choisi, c’est en partie dû à cela, mais également parce que regarder un film muet à notre époque est atypique mais pas moins plaisant (la preuve avec The Artist).

Ce film est, à mon avis, une véritable œuvre d’art car tout a été superbement travaillé, que ce soit la gestuelle, les situations, la musique ou même les personnages. Chaque petit détail a un sens.

Malheureusement pour ce genre de film, l’avènement du film parlant (années 1910-1920) et des effets sonores et de fiction ont complètement rendu ce genre presque « obsolète ».

Cela n’a pas empêché Les temps modernes à avoir un grand succès.

Maintenant, plusieurs questions importantes et plus générales se posent.

Est-ce que l’avènement de nouvelles technologies et techniques peuvent mettre à mal certaines formes d’art ?

Est-ce que certains mouvements artistiques peuvent grandement nuire à d’autres ?

Lien vers d’autres œuvres

On peut voir que ce film peut être mis en lien avec plein d’autres œuvres, qu’elles soient considérées comme étant artistiques ou pas.

Tout d’abord, le lien peut être fait avec certains films humoristiques français des années 60-70.

En effet, le comique gestuelle de Chaplin en a inspiré plus d’un. On peut penser notamment à Louis de Funès, grand acteur comique français, et dont le comique est pour moi l’un des plus réussi.

Ensuite, on constate que la dénonciation politique existait déjà à l’époque de Chaplin, mais elle était beaucoup moins présente qu’aujourd’hui, où la satire politique est devenue quotidienne dans les journaux et la presse.

Mais elle est beaucoup moins mise en scène de manière humoristique. Cependant, certains s’efforcent d’allier humour et critique, comme l’imitateur Nicolas Canteloup par exemple, et dont j’aime beaucoup les sketchs.

Et enfin, comment ne pas faire le lien avec The Artist, film muet sorti il y a peu, et qui malgré le style atypique de ce genre, a réussi à attirer bon nombre de personnes encore aujourd’hui.


Mon point de vue critique

Je pense que cette œuvre répond parfaitement à ce pourquoi elle était initialement conçue : dénoncer et exporter cela à travers les frontières. En alliant humour et dénonciation, elle permet de faire passer un message sérieux tout en étant le plus drôle possible, ce qui fait que cette œuvre est accessible à tout le monde.

Ce film restera pour moi le meilleur film muet qu’il m’ait été donné de visionner, et cela a été une belle expérience qui m’a permis de m’ouvrir sur d’autres films et œuvres, sur lesquels je ne me serai pas intéressé.

Cependant, certaines questions restent en suspens.

Pourquoi le genre du film muet a-t-il disparu malgré son succès ?

Quel genre pourrait être son digne héritier aujourd’hui ?

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